Stedfast pourrait rapidement être en mesure de soumissionner pour fournir des blouses chirurgicales aux autorités gouvernementales.
Stedfast pourrait rapidement être en mesure de soumissionner pour fournir des blouses chirurgicales aux autorités gouvernementales.

Stedfast et Vêtements SP prêtes à lutter contre la COVID-19

Deux entreprises de Granby, actives dans le secteur du textile, sont prêtes à mettre l’épaule à la roue pour fournir aux gouvernements des produits pour lutter contre la COVID-19. Stedfast et Vêtements SP ont confirmé aux autorités gouvernementales leur volonté d’utiliser leurs installations et leur expertise pour répondre aux besoins, a appris La Voix de l’Est.

Spécialisée dans la fabrication de tissus technologiques, Stedfast serait en mesure de produire des blouses chirurgicales et des masques, confirme le vice-président exécutif et chef des opérations, Alex Artus.

Celui-ci relève que l’entreprise était auparavant très présente dans le marché des blouses chirurgicales, mais elle avait pris un pas de recul dans ce créneau depuis quatre ans, car les importations de la Chine avaient pris de l’ampleur.

«On pourrait relancer la production des blouses. (...) On avait un peu d’inventaires. On a lancé des essais lundi pour être sûr que ça répond aux normes», explique M. Artus.

Selon lui, Stedfast pourrait rapidement être en mesure de soumissionner pour fournir ce type de produits. Le chemin est cependant un peu plus long avant de pouvoir faire la même chose avec les masques.

L’entreprise développe actuellement un nouveau masque. «On est en contact avec le Groupe CTT à Saint-Hyacinthe pour savoir si, avec Santé Canada, on peut faire un genre de fast track et s’assurer que le masque répond aux normes et pourrait être utilisé», souligne le dirigeant en précisant qu’aux États-Unis, un délai de six mois est habituellement observé avant que le feu vert à la commercialisation soit donné.

«Nous sommes là pour aider»

Parmi les plus vieilles entreprises en opération à Granby, Stedfast produit des tissus techniques aux applications diverses, dont des barrières contre l’humidité, utilisées mondialement dans les vêtements de pompiers. L’entreprise a décidé de ne pas cesser ses opérations, notamment pour répondre aux besoins actuels dans les secteurs médicaux et de protection.

Environ 75 personnes oeuvrent à l’entreprise de la rue Saint-Charles Sud. M. Artus assure que les mesures d’hygiène et de protection des employés ont été resserrées, de sorte qu’elles sont très strictes.

L’entreprise qui compte un département de recherche et développement, ainsi que des chimistes parmi ses employés, a même produit sa propre version de désinfectant pour les mains. Chaque poste de travail en est équipé.

Alex Artus souhaite toutefois qu’une fois la crise passée, les gouvernements continuent d’appuyer les industries québécoises et canadiennes pour répondre à ce type de besoin.

«Les entreprises comme nous sommes là pour aider à trouver des masques, des gants, etc. Mais le problème, c’est qu’on a pas une base industrielle pour ces produits-là. On a perdu ça par le passé. On est prêts à aider, mais qu’est-ce qu’on fait après? (...) Les gouvernements devraient nous supporter pour garder ces industries au Canada. Si on a d’autres problèmes dans le futur, on aurait une base industrielle pour partir la production assez vite. Là, les gens veulent aider, mais ils ne connaissent pas les normes», expose-t-il.

«On profite du momentum pour revenir dans le marché [des blouses chirurgicales]. Les instructions qu’on a des premiers ministres, c’est qu’il faut encourager l’économie locale. On est local et si on peut vendre nos produits au Canada et au Québec, c’est excellent», renchérit Germain Guénette, vice-président finances de la PME.

«On a des tables de taillage, des couturières. On peut produire des masques, des chemises d’hôpital, des gants», affirme le copropriétaire de Vêtements SP, Steve Bérard.

Vêtements SP en attente

Vêtements SP est aussi prêt à faire sa part et à accepter des contrats. «On a offert notre aide. On a des tables de taillage, des couturières. On peut produire des masques, des chemises d’hôpital, des gants», affirme le copropriétaire de l’entreprise, située boulevard Industriel, Steve Bérard.

Ce dernier dit avoir fait plusieurs démarches au cours des derniers jours pour obtenir un mandat en ce sens. Pour l’heure, ses démarches sont demeurées vaines, mais il souhaite qu’elles portent leurs fruits au cours des prochains jours.

Dans les circonstances, l’entrepreneur a néanmoins dû se résoudre à cesser les opérations de ses deux usines pour se conformer à la directive qui prévoit, qu’à l’exception des services essentiels, les entreprises et commerces cessent leurs activités jusqu’au 13 avril. Outre l’usine de Granby qui emploie quelque 120 personnes, Steve Bérard et son associée, Manon Bourget, sont aussi propriétaires de 3B Hockey, à Saint-Hyacinthe, où travaillent 150 personnes.

Les activités de l’usine de Granby sont liées à la production d’uniformes sportifs. Ses clients se trouvent en Amérique du Nord. Et le téléphone a arrêté de sonner depuis le début de la crise sanitaire, affirme Steve Bérard. Des mises à pied temporaires y étaient inévitables, ajoute-t-il.

À Saint-Hyacinthe, où sont produits des chandails et des bas de hockey, entre autres pour la LNH, les employés étaient encore «occupés de façon acceptable». N’eût été la «pause» obligatoire, la production aurait pu se poursuivre, fait valoir le dirigeant d’entreprise.