Le soutien aux proches aidants de la région est actuellement très limité.
Le soutien aux proches aidants de la région est actuellement très limité.

Soutenir les proches aidants à distance

Le soutien aux proches aidants de la région est actuellement très limité, la COVID ayant mis pour le moment un terme aux groupes de répit qui permettaient à ces personnes dévouées de garder la tête hors de l’eau.

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À La Maison soutien aux aidants, 240 personnes ont ainsi vu s’étioler l’accompagnement auquel elles étaient habituées. Pour la plupart âgées de 70 ans et plus, elles peuvent cependant compter sur de l’aide psychosociale donnée via téléphone.

Du côté de la Société Alzheimer de Granby et région (SAGR), les groupes de répit-stimulation ont été interrompus — 67 proches aidants y participaient. Le répit à domicile, service offert par des organismes partenaires de SAGR, a également été suspendu, alors que certains proches aidants de la Société Alzheimer en profitaient également.

Au total, les 300 personnes aidant leur proche souffrant d’un trouble neurocognitif — suivis par l'organisme — bénéficient toutefois de soutien psychosocial par téléphone.

«Un proche aidant ne peut plus aider s’il est épuisé», prévient Sophie Foisy, directrice générale de Société Alzheimer de Granby et région.

«On ne peut pas desservir notre clientèle tant que le gouvernement ne procède pas au déconfinement», résume quant à a elle Marie-Pierre Hébert, directrice générale de La Maison soutien aux aidants.


« On a très hâte de pouvoir donner un second souffle à nos proches aidants, car c’est ce dont ils ont besoin. »
Marie-Pierre Hébert, directrice générale de La Maison soutien aux aidants

Suivis téléphoniques et livraison à domicile

Dans cet organisme, les 25 «accompagnateurs répit» chargés de soutenir les proches aidants ont été temporairement mis à pied. Finis les répits à domicile ou en groupe dans les locaux de l’organisme. L’équipe administrative a également été réduite. Entre-temps, deux intervenantes psychosociales font des suivis téléphoniques.

«Nous répondons aux demandes de la clientèle, et nous allons aussi au-devant des demandes, explique Mme Hébert. Le proche aidant donne beaucoup, mais demande peu. On leur apprend notamment à se prioriser.»

À la SAGR, en plus des suivis téléphoniques, des cafés-rencontres virtuels ont été organisés avec les proches aidants de Granby et Cowansville pour garder contact. Les neuf intervenants ont pu conserver leur poste.

Cet organisme a également mis en place un service de livraison d’épicerie à domicile pour les proches aidants de 70 ans et plus, et des capsules vidéos sur Facebook outillant les proches aidants à mieux réagir et à intervenir pendant cette période délicate.

«Être proche aidant, c’est comme être parent, ça s’apprend», explique Mme Foisy.

Marie-Pierre Hébert, directrice générale de La Maison soutien aux aidants

Isolement difficile

À la SAGR, environ 60% des personnes suivies sont à domicile, et 40% en hébergement pour personnes âgées.

Pour ces personnes âgées devant composer avec leur proche diminué, le confinement lié au coronavirus est une période difficile. «On a chamboulé leurs habitudes et leurs repères», de dire Mme Foisy.

Selon elle, pour ceux qui étaient déjà sur la corde raide avant la pandémie, «début mai, ça a vraiment éclaté: on a reçu plusieurs demandes d’aide supplémentaire».

L’isolement est une période difficile. «Certains d’entre eux vivent plus d’anxiété, sont plus épuisés, plus inquiets. Cela représente aussi une coupure du lien social avec leur entourage qu’ils ne voient plus», énumère Mme Hébert.

Difficile également de savoir précisément comment se portent ces proches aidants, les accompagnateurs répits agissant en temps normal comme des sentinelles auprès de cette population vulnérable, pouvant alors jauger le niveau d’épuisement de chacun.

Selon Mme Hébert, ces personnes vivent actuellement toutes sortes d’émotions. «Certaines ont plus de colère, ou ont plus peur de s’exposer au danger et de contracter le virus.»

Du côté de SAGR, une dizaine de familles traversent des moments particulièrement perturbants, soit parce qu’elles ont vécu un deuil, ou qu’elles ont dû placer leur proche en hébergement.

L’après-COVID

Mme Hébert prévoit que les proches aidants seront dans un état beaucoup plus fragile qu’avant la crise. «Quand nos accompagnateurs vont pouvoir reprendre le terrain, ils ne seront plus face à la même personne: celle-ci sera plus fatiguée, irritable, découragée, et la maladie de leur proche se sera peut-être dégradée.»

Par conséquent, le personnel de La Maison soutien aux aidants s’attend à devoir faire preuve d’ingéniosité et de courage pour faire face à cette nouvelle réalité.

«La maladie ne s’est pas arrêtée avec la COVID, confirme Mme Foisy. Ça a chamboulé les habitudes et les repères des personnes ayant un trouble neurocognitif. Certains n’auront malheureusement pas la possibilité de revenir avec nous, car la maladie aura peut-être trop progressé.»

D’ici là, les effectifs se préparent au déconfinement. «On a très hâte de pouvoir donner un second souffle à nos proches aidants, car c’est ce dont ils ont besoin.»

Sophie Foisy, directrice générale de la Société Alzheimer de Granby et région

PRÈS DE 5800$ AMASSÉS À LA PREMIÈRE MARCHE VIRTUELLE DE LA SOCIÉTÉ ALZHEIMER DE GRANBY

La première marche virtuelle pour l’Alzheimer a tenu ses promesses, puisque près de 5800$ ont été récoltés à cette occasion pour financer la Société Alzheimer de Granby et région.

Dimanche dernier, plus de 200 personnes ont ainsi participé virtuellement à l’événement, qui se tenait en direct d’un bout à l’autre du Canada, à l’initiative de la Société Alzheimer du Canada.

La directrice générale de l’organisme basé à Granby s’est dite agréablement surprise des résultats de la marche virtuelle, étant donné le confinement et les difficultés financières qu’éprouvent plusieurs citoyens.

Rappelons que la Société Alzheimer de Granby et région vient en aide aux personnes souffrant de troubles neurocognitifs, telles la maladie d’Alzheimer — principalement —, la démence frontale ou encore la maladie de Parkinson avec atteinte cérébrale.

«Ces levées de fonds nous permettent de donner des services supplémentaires», explique Sophie Foisy, directrice générale de l’organisme qui rayonne sur les territoires de la Haute-Yamaska, de Brome-Missisquoi (réseau local de santé de La Pommeraie) et de la MRC d’Acton.

«J’ai marché dimanche avec ma sœur et mon père pour ma grand-mère qui est décédée il y a quelques années et qui était atteinte d’Alzheimer, témoigne Mme Foisy. On a marché aussi pour mes oncles et mes tantes qui ont pris soin d’elle.»

La directrice générale rappelle que la population est invitée à faire un don à la Société Alzheimer de Granby et région jusqu'au 30 juin, via le site Web de l'organisme ou par la poste (voir détails sur le site Internet).

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