«On évolue avec la crise. On a appris à s’ajuster rapidement», affirme le fondateur et directeur général de SOS Dépannage Moisson Granby, Norman Dunn.
«On évolue avec la crise. On a appris à s’ajuster rapidement», affirme le fondateur et directeur général de SOS Dépannage Moisson Granby, Norman Dunn.

SOS Dépannage forcé de faire plus avec moins

Privé des services de 42 employés mis à pied et de près d’une centaine de bénévoles, SOS Dépannage Moisson Granby a dû se réinventer pour être en mesure de répondre à une demande d’aide alimentaire accrue, dans le cadre de la crise de la COVID-19.

«On a défait SOS Dépannage pour mettre en place une nouvelle structure efficace. On évolue avec la crise. On a appris à s’ajuster rapidement», a lancé jeudi le fondateur et directeur général de l’organisme, Norman Dunn.

Selon lui, la banque alimentaire offrait auparavant une aide alimentaire à 16 familles par jour en moyenne. Ce nombre a grimpé à 27 familles ces jours-ci. «On a un potentiel de 60», précise M. Dunn.

Selon lui, une nouvelle clientèle, notamment celle en attente de l’assurance-emploi, a dû se résoudre à frapper à la porte de SOS Dépannage.

De nouvelles règles ont par ailleurs été mises en place, dans les circonstances. Les interventions se font toutes par téléphone. Lorsque la remise d’un panier d’aide est confirmée, une heure précise est fixée pour la récupération des denrées.

Personne n’entre dans les locaux de l’organisme de la rue Matton. Les sacs de victuailles sont déposés à l’extérieur à l’heure prévue. «Si les gens sont en retard, on doit leur donner un autre rendez-vous», précise Norman Dunn. Celui-ci avait réduit ses semaines de travail à trois jours avant la pandémie, mais il a recommencé à travailler à temps plein.

Crise sanitaire oblige, l’équipe de l’organisme est d’ailleurs réduite au minimum pour répondre aux demandes. Elle est composée de 14 employés et de quatre bénévoles.

Ces derniers agissent comme camionneurs et ont pour mission d’aller chercher les denrées achetées ou reçues et d’effectuer la livraison dans les neuf comptoirs alimentaires soutenus par SOS Dépannage à Granby, Waterloo, Saint-Césaire, Acton Vale, Cowansville, Farnham, Sutton et Bedford, la plupart par l’entremise de centres d’action bénévole.

Coussin 

Pour le moment, le DG de SOS Dépannage affirme être en mesure de répondre à la demande. Il restait encore des provisions de la guignolée de décembre dernier. La situation sera toutefois à réévaluer dans quelques semaines, si la pandémie devait s’étirer dans le temps et les demandes affluer.

Comme la banque alimentaire ne peut pas, pour le moment, recevoir des dons de nourriture de la population, elle a revu à la hausse son budget d’achats de denrées, effectués dans les commerces locaux aussi affectés par la crise, précise M. Dunn.

Privé des revenus générés par le magasin général et le Café des trois pommiers, deux entreprises d’économie sociale situées sous son toit et fermées dans la foulée de la crise, l’organisme s’est d’ailleurs résolu à piger dans le «coussin» qu’il avait constitué pour un projet d’agrandissement.

SOS Dépannage devra-t-il mettre une croix sur ce projet, caressé depuis quelques années par Norman Dunn? Ce dernier préfère «y aller 24 heures à la fois». «On va voir ce que l’avenir nous réserve», dit-il.

Norman Dunn souligne néanmoins avoir un bon soutien du réseau des Banques alimentaires du Québec, organisme auquel le gouvernement du Québec a aussi débloqué une aide d’urgence de 2 millions $.

Situation de crise

Chose certaine, ce n’est pas la première fois que l’organisme se retrouve en situation de crise. SOS Dépannage a joué un rôle central durant la crise du verglas, alors qu’un centre de dépannage alimentaire avait été installé au centre sportif Léonard-Grondin, rappelle M. Dunn.

«Mais la crise actuelle est complètement différente», laisse-t-il tomber. Ce dernier croit que la «société ne sera plus comme avant». «La mondialisation va changer et je pense que les pays vont chercher à être plus autonomes», ajoute-t-il.

Les citoyens qui aimeraient donner un coup de main à la banque alimentaire en cette période trouble peuvent le faire par le biais d’un don monétaire en ligne ou par la poste, en visitant le site web de l’organisme. «On vous remercie de nous soutenir, car sans vous, généreux donateurs et collaborateurs, comme les épiceries, les entreprises et tout, on ne serait pas du tout capable d’accomplir notre mission», affirme le coordonnateur de l’organisme, Éric Vachon, dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux.