La directrice des opérations chez Sani-Éco, Julie Gagné.
La directrice des opérations chez Sani-Éco, Julie Gagné.

Sani-Éco reçoit plus de matières recyclables avec l'isolement à la maison

En étant plus présent à la maison, chacun génère un peu plus de déchets. Chez Sani-Éco, on constate effectivement une augmentation de 10% à 15% de la quantité de matières recyclables reçues à leur usine de traitement, depuis la mise en place des mesures d’isolement à domicile.

«Il est encore un peu trop tôt pour vous donner des chiffres précis, tempère d’abord Julie Gagné, directrice des opérations chez Sani-Éco, mais il y a définitivement une augmentation du volume à l’entrée de notre usine.»

Celle-ci ne s’explique pas seulement par l’arrivée du printemps, aussi propice à voir grossir le contenu des bacs bleus de la région. Selon Mme Gagné, la crise sanitaire actuelle fait en sorte que les gens sont davantage à la maison, qu’ils cuisinent plus et qu’ils remplissent par conséquent plus rapidement leur bac bleu.

«Ça a été une grosse semaine de réception de matières», assure-t-elle, en faisant référence à celle qui vient de se terminer.

Les 80 employés de l’entreprise ne manquent donc pas d’ouvrage et l’usine tourne à plein régime, celle-ci traitant les matières recyclables d’une trentaine de municipalités de la région.

Le carton en demande?

Sur le marché du prix des matières, quelques variations se dessinent. Selon la directrice des opérations de Sani-Éco, les papeteries recevraient plus de demandes pour produire du papier carton «parce qu’on consomme plus à la maison».

Des clients de Sani-Éco fabriquant du carton se font plus pressants. «On sent qu’il y a un marché qui veut reprendre pour le papier carton», dit-elle.

Si le marché «sembler bouger», le mouvement n’est pas encore confirmé. «On vend déjà notre fibre [le papier et le carton triés, NDLR], mais à un prix très bas. J’ai hâte de vous dire que les prix montent, mais ce n’est pas encore le cas.»

Le plastique vierge, quant à lui, affiche encore des prix à la baisse, rendant ainsi son équivalent recyclable peu concurrentiel. Le prix très bas du baril de pétrole ne fait rien pour aider.

Profitons-en pour rappeler que la fibre (regroupant papier et carton) représente 65% du volume contenu dans le bac bleu, selon Mme Gagné. Le plastique occupant 15% de l’espace et le verre 10%, les autres matières se partagent les 10% restant.

Enfouissement

Concernant les matières organiques prenant le chemin de l’enfouissement ou du compostage, aucune donnée n’est encore disponible du côté de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi.

C’est là que convergent notamment les matières résiduelles non recyclables des municipalités de la MRC situées au sud de l’autoroute. «La seule évolution que je vois, c’est une diminution de la quantité de matériaux de construction depuis la fermeture des chantiers», analyse David Rumsby, directeur général de l’OBNL.

Pour le reste, il est encore trop tôt pour savoir quelles seront les conséquences de la période actuelle sur l’activité à la Régie.

Enfin, selon l’entreprise de traitement des matières résiduelles Sani-Éco, 37 % des matières se retrouvant dans nos bacs de recyclage s’en vont à l’enfouissement. Raison principale: le tri approximatif des matières effectué à la base par la population.

«C’est le moment de mieux trier»

La directrice des opérations de Sani-Éco profite d’ailleurs de son entrevue avec La Voix de l’Est pour faire passer un message. «Comme les gens ont plus de temps à la maison, c’est le moment de nous aider et de mieux trier», insiste Julie Gagné.

Elle donne en exemple le multimatière, un type d’emballage entourant notamment les caisses de canettes de liqueur: dans ce cas-ci, il faut absolument séparer la pellicule du plastique entourant les canettes du dessous en carton.

«Notre chaîne de tri est automatisée et nos machines ne sont pas capables de séparer la pellicule plastique du carton. C’est la même chose pour une assiette à tarte. Il faut l’enlever de la boîte en carton, sinon notre robot ne pourra pas recycler ces matières.» Résultat, elles prendront le chemin de l’enfouissement.

En résumé, séparez toujours les matières recyclables. Vous le pouvez, mais pas le robot de Sani-Éco.