La pénurie de main-d’œuvre se fait sentir dans les écoles de conduite depuis quelques années déjà. Le manque de moniteurs empêche souvent les élèves de suivre leurs cours de façon régulière.
La pénurie de main-d’œuvre se fait sentir dans les écoles de conduite depuis quelques années déjà. Le manque de moniteurs empêche souvent les élèves de suivre leurs cours de façon régulière.

Retour graduel des examens de conduite

En plus d’être privés de bal des finissants, beaucoup d’adolescents de cinquième secondaire doivent aussi retarder l’obtention de leur permis de conduire... Déjà débordées, les écoles de conduite seront inondées d’appels lorsqu’elles pourront rouvrir leurs portes.

Plusieurs comptaient sur le bout de papier pour les déplacements au cégep, entre autres. C’est le cas de Mireille, elle devait obtenir son permis au mois d’avril et assurer ainsi ses déplacements à l’école dès le mois de septembre, les horaires d’autobus n’étant pas adéquats. Elle habite la municipalité de Saint-Antoine-de-Tilly, dans la régions de Chaudière-Appalaches.

La jeune femme de 17 ans devra s’arranger autrement le temps de reprendre ses quelques derniers cours annulés, et surtout l’examen.

«Même avant la crise du coronavirus, il y avait énormément de retard dans les cours de conduite, il y a beaucoup de monde et peu de moniteurs. On ne sait pas comment ils vont réussir à reprendre le temps perdu», exprime-t-elle.

Pénurie de main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre se fait sentir dans les écoles de conduite depuis quelques années déjà. Le manque de moniteurs empêche souvent les élèves de suivre leurs cours de façon régulière.

Mireille Provencher avait d’ailleurs laissé tomber l’école de conduite Tecnic (plus de 100 succursales partout dans la province) pour se diriger vers une autre école de la MRC de Lotbinière, espérant terminer son parcours plus tôt.

«Déjà pour les emplois d’été c’était difficile, mes parents ne peuvent pas toujours aller me porter. La seule façon de me rendre au cégep cet automne c’était avec l’auto... On va trouver une solution, mais ça va être tout un casse-tête», explique-t-elle.


« Même avant la crise du coronavirus, il y avait énormément de retard dans les cours de conduite, il y a beaucoup de monde et peu de moniteurs. On ne sait pas comment ils vont réussir à reprendre le temps perdu »
Mireille, étudiante de cinquième secondaire

Beaucoup d’autres jeunes adultes se retrouvent dans la même situation que Mireille, ils conduisent depuis plus d’un an avec leur permis d’apprenti, il ne restait que le dernier sprint. D’autres élèves qui vivent plus près de leur lieu de travail ou d’étude pourront se tourner vers les transports en commun.

En quête de solutions à la SAAQ

Un premier scénario sera mis en place dès lundi pour les examens théoriques, celui qui permet d’obtenir le permis d’apprenti conducteur (possibilité de conduire avec un adulte dans le véhicule), informe la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). La SAAQ est responsable des examens pratique ou théorique, mais les cours relèvent des écoles de conduite.

«Des rendez-vous seront pris pour les examens théoriques pour ceux et celles qui en avaient de prévus en mars et avril et qui avaient été annulés. Les personnes concernées seront contactées. Cette mesure touche aussi les personnes qui avaient des rendez-vous à l’horaire en mai», indique dans un courriel Sophie Roy, de la direction des communications et des relations publiques de la SAAQ.

Pour le moment, uniquement les examens annulés en raison de la pandémie, le service n’étant pas essentiel, pourront donc être graduellement repris.

En ce qui concerne les examens pratiques, la SAAQ travaille toujours sur un scénario qui permettra leur reprise. Le défi est d’être en mesure d’assurer la distanciation sociale exigée. 

«Notre but étant de s’assurer que tout ce que nous mettons en place, tant pour les examens pratiques que théoriques, respectera les consignes de la santé publique», ajoute Mme Roy.