Le directeur général de Val-des-Cerfs, Eric Racine
Le directeur général de Val-des-Cerfs, Eric Racine

Retour en classe: «c’est humain d’avoir des craintes»

La commission scolaire du Val-des-Cerfs, en Montérégie, estime que les craintes sanitaires exprimées par les enseignants sont légitimes, mais rappelle qu’un masque sert avant tout à «protéger les autres et non soi-même».

Depuis l’annonce, lundi, de la réouverture des écoles primaires le 11 mai, les syndicats d’enseignants dénoncent que leurs membres aient à retourner en classe sans que de l’équipement de protection face à la COVID-19 leur soit fourni, comme des masques.

À ce sujet, le directeur général de Val-des-Cerfs indique qu’«on n’empêchera pas les gens d’en porter», mais que «la science derrière tout ça, c’est qu’un masque protège les autres et non soi-même». 

À moins d’une situation d’urgence, la commission scolaire n’en fournira pas à ses élèves ou à son personnel. «Je me base depuis le début sur les recommandations de la santé publique, dit Eric Racine. C’est humain d’avoir des craintes, mais on se base sur la science. Qui suis-je pour en douter?»

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Il réitère que «la santé et la sécurité de nos élèves et de notre personnel sont prioritaires pour nous», tout en faisant valoir que depuis la mise sur pied des services de garde d’urgence dans les établissements de Val-des-Cerfs, aucun cas de coronavirus n’a été déclaré.

Cela dit, M. Racine ne se berce pas d’illusions et reconnaît qu’une distance de deux mètres ne pourra être respectée en tout temps dans les écoles, notamment dans les couloirs. Mais pour les salles de classes, à 15 élèves maximum par groupe, ce sera possible «dans la grande majorité des cas», dit-il.

Retour harmonieux...

Plusieurs scénarios sont présentement «creusés» à la commission scolaire afin de permettre un retour à l’école le plus harmonieux et hygiénique possible. Il est déjà établi que les autobus feront plusieurs trajets et que les chauffeurs seront protégés par une paroi transparente. Le dîner pourra se prendre dans les classes et les élèves resteront séparés par groupe à la récréation.

Aura-t-on besoin de plus de profs? De davantage de salles de classe? «Tout est sur la table», dit Eric Racine, qui a «certaines craintes» de manquer d’enseignants. Quant à l’éventuel besoin d’espace supplémentaire «on regarde en premier lieu pour être autosuffisants».

Si besoin est, les locaux multifonctionnels des écoles pourront être mis à contribution, tout comme ceux des écoles secondaires, des centres dédiés à la formation des adultes ou encore ceux du centre administratif de la commission scolaire, situé rue Court à Granby.

«On a une organisation scolaire à faire, dit le DG. Je dois restructurer mes groupes.»

Il rappelle que les établissements de Val-des-Cerfs seront nettoyés davantage et que les rappels de consignes sanitaires telles que le lavage des mains et la distanciation seront faits régulièrement. Pour les endroit où les lavabos se font plus rares, Eric Racine mentionne que la commission scolaire a fait provision de gel désinfectant.

...et nécessaire

Pour le reste, on espère qu’une majorité de parents opteront pour retourner leurs enfants à l’école; pour ceux qui les garderont à la maison, un suivi continuera d’être fait par l’équipe-école.

Il s’agit d’un retour «nécessaire», dit M. Racine, et ne pas le faire aurait été «préjudiciable» pour les élèves, dont ceux vivant des difficultés scolaires.

«On devra redoubler d’efforts d’ici la fin de l’année pour s’assurer que les élèves soient actifs pédagogiquement et reviennent sur les bancs d’école en septembre. On va tout faire pour scolariser tous nos élèves.»

Il compte sur l’appui des parents pour contrer le décrochage, notamment au secondaire où les écoles ne rouvriront qu’en septembre.

«C’est clair qu’on aura besoin des parents pour dire aux enfants que l’école n’est pas qu’une embûche, mais une nécessité.»

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