Le retour en classe se fera de façon graduelle, et à temps partiel, afin de réduire la taille des groupes.
Le retour en classe se fera de façon graduelle, et à temps partiel, afin de réduire la taille des groupes.

Retour en classe: « Ça va demander beaucoup d’adaptation » 

Qu’on le veuille ou non, les écoles du Québec devront rouvrir avant la fin de la pandémie et les commissions scolaires s’y préparent. Comment respecter la distanciation ? Y aura-t-il de nouvelles mesures d’hygiène ? Et comment le congé inopiné du confinement affectera-t-il les élèves ?

Il va de soi que le retour en classe se fera de façon graduelle — et à temps partiel — afin de réduire la taille des groupes, indique la directrice générale de la commission scolaire des Hautes-Rivières (Montérégie-Centre), Dominique Lachapelle.

L’utilisation d’horaires adaptés est donc envisagée, tout comme de partager des élèves avec des établissements moins fréquentés.

« Une chose est sûre, on ne mettra pas la sécurité de nos élèves ou de notre personnel en jeu », dit Mme Lachapelle.

La directrice générale de la commission scolaire des Hautes-Rivières, Dominique Lachapelle

Du côté de Val-des-Cerfs, on examine également comment diviser les groupes afin qu’ils se limitent à une quinzaine d’enfants par classe du primaire, un peu plus au secondaire.

« Tout est faisable, dit le directeur général Eric Racine. Mais ça va demander beaucoup d’adaptation. »

Les horaires adaptés pourront aussi être appliqués au moment des repas et des sports. Pour les casiers, les élèves les délaisseraient pour laisser leurs effets ailleurs dans l’école afin d’éviter la proximité. Le temps doux viendra aussi réduire la nécessité de ces espaces de rangement.

Hygiène

L’hygiène devra-t-elle être revue ? Dominique Lachapelle estime que les enfants en ont déjà appris beaucoup à ce chapitre durant les semaines de confinement.

L’idée d’instaurer des routines de lavage de main, des rappels de directives et installer des distributeurs de désinfectant dans les écoles fait aussi son chemin.

« Ça sera difficile [de faire respecter toutes les mesures d’hygiène, NDLR], reconnaît la DG des Hautes-Rivières. Ça va demander une surveillance différente et de la sensibilisation auprès des élèves. Mais je fais confiance à ce qu’ils ont vécu. »

Préoccupation de plusieurs parents, la pause des apprentissages réguliers aura-t-elle des effets négatifs sur les enfants ?

Là-dessus, les directeurs généraux consultés par La Voix de l’Est ne sont pas inquiets — sauf pour les élèves plus « vulnérables », qui devront faire l’objet d’une plus grande attention à leur retour en classe.

Pour les autres, Dominique Lachapelle souligne que les enseignants font des suivis avec eux et qu’ils ne restent pas inactifs.

« Il y en a qui vont nous étonner », prédit-elle en rappelant que durant la crise du verglas, qui a duré plusieurs semaines en 1998, les écoliers « n’avaient pas pris tant de retard que ça ».

Elle se fie au jugement des enseignants pour poursuivre les apprentissages « et non les comprimer ».

Réajustement

« On va regarder les contenus des cours pour s’assurer que les notions essentielles seront vues, dit Eric Racine, de Val-des-Cerfs. Il y a moyen de se réajuster. »

Au besoin, la révision sera plus longue à la prochaine année scolaire, ajoute-t-il.

Les services éducatifs des commissions scolaires, comme les conseillers pédagogiques, pourront aussi accompagner les profs dans la redéfinition de leurs plans de cours.

M. Racine ne croit pas que les enseignants auront besoin de davantage de ressources, telles qu’orthopédagogues ou techniciennes en éducation spécialisée, au retour des classes.

Il juge plus important de « bien soutenir les équipes-écoles au niveau des contenus et des stratégies d’apprentissage ».

La pandémie a ceci de bon : elle a permis aux enseignants québécois d’apprivoiser de nouveaux outils technologiques comme les conférences virtuelles et les activités offertes via Internet.

« Ça va continuer et ça va se perfectionner, dit Dominique Lachapelle. C’est un levier que nous apportent les épreuves. »

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À QUAND LE RETOUR EN CLASSE?

La question fait polémique : avec un retour à l’école envisagé d’ici le 4 mai, n’allons-nous pas sacrifier les enfants à l’autel de l’immunisation collective ? Est-ce trop hâtif ?

Sur ce débat, le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs refuse de se prononcer et s’en remet à la Direction de la santé publique.

« C’est une question d’experts de la santé, ça, et je n’en suis pas un, dit Eric Racine. Je ne dis pas à mon chirurgien comment opérer. »

« S’ils statuent que c’est la meilleure façon de procéder, je vais y aller avec ça, mais en prenant toutes les précautions nécessaires », ajoute-t-il.

Plusieurs voix se sont aussi élevées pour dire qu’il est illusoire de penser qu’il faudra attendre encore plusieurs mois avant de rouvrir les écoles.

L’ex-ministre libéral de la santé et des services sociaux, Gaétan Barrette, a soutenu que sans vaccin ni immunité collective, les enfants attraperont le virus un jour ou l’autre, ajoutant que la maladie est très légère chez l’enfant et que les écoles ne sont pas fermées lorsque la saison de la grippe bat son plein.