Les municipalités et les MRC sont invitées par le président de la Chambre de commerce de la Haute-Yamaska, David F. Ménard, accompagné ici de la directrice générale Claude Surprenant, à faire leur part pour soutenir les entreprises locales.
Les municipalités et les MRC sont invitées par le président de la Chambre de commerce de la Haute-Yamaska, David F. Ménard, accompagné ici de la directrice générale Claude Surprenant, à faire leur part pour soutenir les entreprises locales.

Ressac économique: la CCHY prie les municipalités d’agir

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Devant les brusques répercussions des mesures préventives décrétées par le gouvernement face à la pandémie de COVID-19, la Chambre de commerce Haute-Yamaska (CCHY) implore les municipalités et les MRC de la région d’agir pour soutenir les entreprises. Or, préviennent le maire de Granby, Pascal Bonin, et le préfet de la MRC de La Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

Déjà, le gouvernement provincial, par la voix du ministre des Finances Éric Girard, a annoncé des mesures d’assouplissement fiscales, dont le report de la date de remise des rapports d’impôt et du paiement des acomptes provisionnels. Le fédéral a également dévoilé des mesures fiscales permettant aux citoyens et entreprises de souffler un peu.

Les municipalités et les MRC sont aussi invitées à faire leur part. « Nous demandons aux municipalités de notre territoire de prendre les devants, de prendre position et de nous faire savoir quelles mesures ils entendent mettre de l’avant afin d’aider et soutenir les gens d’affaires. En ce moment, nos entrepreneurs ont besoin d’être soutenus financièrement et moralement », souligne le président du conseil d’administration de la CCHY, David F. Ménard, dans un communiqué acheminé au journal mardi soir.

« Essentiellement, ajoute-t-il, il faut que tout le monde se serre les coudes en temps de crise. Le principal problème de nos entrepreneurs actuellement, c’est le manque de liquidités. Il y a des entreprises qui pourront passer à travers, mais pour certaines, les revenus perdus en ce moment ne reviendront pas. »

Le notaire mentionne d’autres mesures en place pour soulager les entrepreneurs, dont le report des cotisations à son propre ordre professionnel, ou une flexibilité accrue des institutions financières pour le versement des paiements.

Il soutient que le report du paiement des taxes foncières, par exemple, pourrait donner un peu d’oxygène aux compagnies. « Les municipalités pourraient reporter le paiement des taxes d’avril et de juin par exemple. Ça aiderait beaucoup de citoyens et de citoyens corporatifs. Je suis certain que la Ville a un fonds d’urgence qui pourrait financer ses opérations sans dépendre de nos taxes », dit-il.

Le maire de Granby, Pascal Bonin (à gauche), a été piqué au vif par cette sortie de la chambre de commerce, qu’il juge précipitée, tout comme le préfet de la MRC Haute-Yamaska, Paul Sarrazin.

Une sortie précipitée, disent les maires

Le maire de Granby, Pascal Bonin, n’a pas apprécié cette sortie de la chambre de commerce, qu’il juge précipitée, tout comme le préfet de la MRC de La Haute-Yamaska, Paul Sarrazin. Bien qu’ils comprennent tout à fait le désarroi des entreprises et des citoyens, il n’est pas permis par la loi de retarder le paiement des taxes municipales, rappellent-ils.

« Il n’y a que Québec qui pourrait décider d’une telle mesure et on n’est pas rendu là, a indiqué M. Bonin lors d’un entretien téléphonique. C’est dommage, parce qu’avec une sortie précipitée comme cela, ça peut créer des attentes irréalistes chez les gens. »

M. Sarrazin abonde en ce sens. « C’est dommage que la chambre de commerce n’ait pas pris contact avec nous avant de faire cette sortie. À la MRC, les taxes municipales ne sont pas de notre juridiction », précise celui qui est également maire de la municipalité de Sainte-Cécile-de-Milton.

M. Bonin appelle à la patience de la population, alors que les gouvernements provincial et fédéral continueront d’annoncer des mesures d’aide aux entreprises et aux travailleurs.

« Pour l’instant, la seule option qui est sur la table pour les municipalités, et on en a parlé avec l’UMQ (Union des municipalités du Québec), c’est d’annuler les intérêts sur le paiement des taxes. De mon point de vue, ce n’est que de reporter le problème. Ce n’est pas ce qui ferait une différence », croit l’élu.

Celui-ci, d’autres représentants de la municipalité de même que des représentants de Granby industriel doivent d’ailleurs tenir une conférence téléphonique, plus tard aujourd’hui, pour établir un plan de match pour venir en aide aux commerces et industries de la région. « Ce n’est pas de l’improvisation », promet-il.

« C’est le moment d’avoir une cohésion et de tous travailler ensemble. Ce n’est pas le moment de se mettre en valeur inutilement, poursuit M. Bonin. À la Ville, on essaie d’être le point de chute, là où toutes les informations convergent, pour que tout le monde puisse y avoir accès. »

Du côté de Sainte-Cécile-de-Milton, une rencontre extraordinaire entre les élus est prévue mercredi soir. « On se réunit justement pour parler de ce qu’on peut faire, indique M. Sarrazin. On regarde les choses aller, et on évalue les mesures qu’on pourrait prendre pour aider. On pense entre autres à nos ventes pour non-paiement de taxes, qui a lieu à ce temps-ci de l’année. Est-ce qu’on pourrait faire reconnaître notre dette par les propriétaires et reporter le processus de vente pour éviter que ces personnes perdent leur immeuble ? On va s’y pencher. On va faire preuve d’humanité. »

« On sera là pour notre population, il n’y a aucune inquiétude à avoir sur ce sujet », affirme Pascal Bonin.