Dans le magasin Latulippe situé sur la rue Saint-Vallier, le personnel est déjà à pied d’oeuvre pour se préparer à l’arrivée des clients tout en continuant d’expédier les commandes faites en ligne qui ont tenu l’équipe occupée jusque là.
Dans le magasin Latulippe situé sur la rue Saint-Vallier, le personnel est déjà à pied d’oeuvre pour se préparer à l’arrivée des clients tout en continuant d’expédier les commandes faites en ligne qui ont tenu l’équipe occupée jusque là.

Réouverture des commerces: ce qui aura changé… ou pas [VIDÉO]

La manière de tenir boutique et d’accueillir la clientèle aura changé dans la plupart des commerces qui s’apprêtent à rouvrir leur porte lundi prochain. Le guide de la CNESST fournit les bases aux employeurs qui ont ensuite la possibilité d’ajouter des précautions et d’adapter les mesures à leur réalité. «Je veux que venir magasiner reste agréable», souligne François Latulippe, président et copropriétaire du magasin Latulippe à Québec.

Dans cette boutique d’articles de plein air située sur la rue Saint-Vallier, le personnel est déjà à pied d’oeuvre pour se préparer à l’arrivée des clients tout en continuant d’expédier les commandes faites en ligne qui ont tenu l’équipe occupée jusque là.

Bientôt, un distributeur de désinfectant à main sera installé à l’entrée où une personne accueillera les clients et dirigera la circulation. Ce type de station devient un incontournable pour la réouverture.

Au magasin Latulippe, le nombre de personnes venant magasiner ensemble ne sera pas limité comme à l’épicerie. Des familles, des couples, des personnes qui partagent déjà le même environnement pourront se présenter tout en gardant deux mètres de distance par rapport aux autres clients. Les étagères ont été espacées pour faciliter le respect de cette norme. Une caisse sans contact et une caisse acceptant l’argent comptant seront en place.

Les employés doivent porter un masque ou une visière que lui fournit l’employeur. Sans être obligatoires, des masques seront également mis à la disposition des clients. «Je pense que ça va venir agrémenter l’expérience de magasinage et que ça va être moins stressant. Au début, ça va faire drôle si tout le monde est protégé, mais les gens vont pouvoir prendre le temps de magasiner à leur aise», explique François Latulippe.

Pour l’instant, l’essayage de vêtement ne sera pas permis. Comme plusieurs, ce commerçant reste prudent et est prêt à s’ajuster en cours de route.

Un vendeur par client

Chez Denis Musique dans le quartier Saint-Roch, les clients entreront un à un et seront attitrés à un vendeur qui les escortera dans le magasin. Une fois l’incontournable station d’accueil et de lavage de main franchie, le vendeur se chargera de manipuler les items et de les nettoyer.

Les employés porteront des masques et des gants pour se protéger autant que possible quand les deux mètres de distanciation ne seront pas respectés. Quant aux clients, ils sont «fortement» encouragés à porter un masque, mais il ne sera pas obligatoire. Ce magasin n’acceptera pas l’argent comptant. «Même si on rouvre le magasin, on encourage encore beaucoup la vente en ligne», souligne le directeur général de Denis Musique, Frédérick Goulet. 

Dans le climat actuel, certains employés ne voulaient pas nécessairement revenir sur le plancher. Par chance, d’autres étaient plutôt heureux de sortir de leur confinement, partage M. Goulet.

Pas si différent

«À part le plexiglas aux caisses, honnêtement, on ne voit pas des tonnes de différences», affirme Martin Boucher, président et directeur général de Groupe Boucher Sports qui détient plus de 20 magasins, dont le Sports Experts de Fleur de Lys qui rouvrira lundi.

Les changements les plus importants se font en coulisse, soutien Martin Boucher. Durant la fermeture, ses employés ont été formés en vue d’une réouverture comme celle-ci, notamment par une série de vidéos.

Comme ses magasins sont assez spacieux, le président de Groupe Boucher Sports croit être en mesure de faire respecter les règles de distanciation sociale. Il ne limitera pas l’accès aux clients et une fois que ceux-ci se seront lavé les mains à l’entrée, libre à eux de manipuler la marchandise. «Présentement, les gens vont chez Costco, prennent un livre dans leurs mains et finalement décident de ne pas le prendre et le replacent», souligne-t-il. «C’est là où toute la formation des employés entre en compte.» 

Ni les clients ni les employés ne seront obligés de porter un masque dans le magasin. «Si j’ai un employé qui tient absolument à travailler avec un masque, il va pouvoir le faire», précise Martin Boucher. «Quand on va avoir fait une journée ou deux d’ouverture, on va voir ce qui est important pour le client», ajoute-t-il.

Ne pas rouvrir

Les enfants du primaire retourneront peut-être à l’école en mai, mais pas au Benjo dans le quartier Saint-Roch à Québec. «J’ai décidé de rester fermé», déclare Valérie Hamel, directrice du magasin de jouets. «Je ne suis pas certaine de la décision de la réouverture des commerces», avoue-t-elle.

Comme sa clientèle est composée essentiellement d’enfants, Valérie Hamel craint de ne pas être en mesure de faire respecter les consignes de distanciation sociale. Pour l’instant, elle préfère s’en tenir aux ventes en ligne.

Benjo n’est pas le seul magasin à prendre cette décision. La chaîne Simons a également annoncé qu’elle n’ouvrirait pas ses boutiques lundi. Leur ouverture est repoussée au 19 mai pour le moment.