Les Granbyens William Fafard et Raphaël Prud’Homme (au premier plan) font partie des cinq Canadiens relocalisés dans un hôtel de Cuzco.
Les Granbyens William Fafard et Raphaël Prud’Homme (au premier plan) font partie des cinq Canadiens relocalisés dans un hôtel de Cuzco.

Rapatriement reporté pour les Québécois coincés au Pérou

Les neuf Canadiens confinés dans une auberge de jeunesse à Cuzco, au Pérou, ne sont pas au bout de leur peine. Après avoir appris la semaine dernière qu’ils y seraient coincés pour une période variant d’un à trois mois parce que d’autres résidents avaient été testés positifs à la COVID-19, les voilà qui ont été séparés et transportés dans un autre hôtel. On leur a ensuite fait miroiter un rapatriement rapide, qui n’aura finalement pas eu lieu.

Les Granbyens William Fafard et Raphaël Prud’Homme, ainsi que la Sheffordoise Raphaëlle Daigle, font partie des neuf Canadiens ayant été confinés au Pariwana Hostel depuis la mi-mars. Ceux-ci se trouvaient au pays bien avant la mise en place des restrictions imposées aux voyageurs et se trouvent pris depuis dans un tourbillon qui semble sans fin.

Le 25 mars dernier, les quelque 150 clients de l’endroit ont appris qu’ils pourraient être contraints d’y rester un à trois mois de plus, étant donné qu’au moins deux personnes y ont été testées positives à la COVID-19. Des mesures très strictes ont accompagné leur confinement prolongé, dont l’obligation de demeurer dans les dortoirs 23 heures sur 24 et de porter un masque.

La déception a été grande pour Mlle Daigle, qui avait pourtant réussi à obtenir une place à bord d’un avion pour rentrer au Canada deux jours plus tard.

Quatre jours plus tard, cinq des neuf Canadiens, dont les trois jeunes de la région, avec d’autres pensionnaires non infectés, ont pu être transférés dans un hôtel situé un kilomètre plus loin.

Relocalisation

Quatre jours plus tard, cinq des neuf Canadiens, dont les trois jeunes de la région, avec d’autres pensionnaires non infectés, ont pu être transférés dans un hôtel situé un kilomètre plus loin.

Au moment de sortir de l’auberge de jeunesse, les touristes ont été accueillis par des employés de la Santé publique vêtus de combinaisons, qui les ont aspergés de la tête au pied d’une solution désinfectante avant de les laisser prendre l’autobus.

Au moment de sortir de l’auberge de jeunesse, les touristes ont été accueillis par des employés de la santé publique vêtus de combinaisons, qui les ont aspergés de la tête au pied d’une solution désinfectante avant de les laisser prendre l’autobus.

Celui-ci s’est ensuite rendu, sous escorte policière, jusqu’à l’Hôtel Jose Antonia, où les jeunes ont été placés dans des chambres doubles, plus spacieuses et confortables, mais dont ils ne peuvent sortir sous aucun prétexte. «On n’a pas le droit de sortir de la chambre, mais au moins on a à manger», explique William Fafard via Messenger.

«Je m’y sens beaucoup plus en sécurité, confie la jeune femme. C’est moins stressant, mais on en est quand même prisonniers.»

Les jeunes ont été placés dans des chambres doubles, plus spacieuses et confortables, mais dont ils ne peuvent sortir sous aucun prétexte.

«Faux espoirs»

Mercredi, les cinq Canadiens relocalisés ont appris de l’ambassade canadienne que la Santé publique de Cuzco avait donné son feu vert pour qu’ils puissent être rapatriés. Ils ont également reçu la marche à suivre pour réserver leur place à bord d’un vol d’Air Canada qui aurait dû décoller ce jeudi.

Soulagée, Mlle Daigle a partagé l’information avec ses proches sur la page Facebook qu’elle a créée pour les informer de sa situation.

Les réjouissances ont toutefois été de courte durée puisque les autorités péruviennes ont plutôt choisi de resserrer les règles sanitaires en raison de la hausse des cas positifs.

Les ambassades ont reçu l’information qu’aucun touriste ayant séjourné ou se trouvant toujours au Pariwana Hostel ne pouvait quitter le pays avant le 12 avril, afin que tous observent une quarantaine de 14 jours, le dernier cas positif à l’auberge de jeunesse ayant été signalé le 29 mars.

«Je suis dépassée, confie la Sheffordoise. C’est inhumain de faux espoirs comme ça!»

William est aussi déçu. «Je me sens correct», dit-il, tentant toujours de se faire rembourser les 2900$ investis pour acheter sa place à bord du vol de retour.

Raphael Prud’Homme demeure serein devant l’adversité. «Pour être honnête, il faut savoir lâcher prise! C’est décevant pour les prises de décision à la dernière minute, mais on y peut vraiment rien», philosophe-t-il.

Celui qui deviendra papa au cours de l’été a tout de même hâte de rentrer chez lui et de retrouver sa conjointe. «Je tente de rester bien dans ma tête et mon esprit, car [c’est inutile] de me frustrer et/ou d’être triste, ajoute-t-il. On doit rester calme dans ces situations imprévisibles !»