Le projet NutriQuébec étudiera les impacts de la COVID-19 sur l’alimentation des Québécois.

Quel impact sur l’alimentation ?

Le Centre de recherche Nutrition, santé et société (NUTRISS), de l’Université Laval s’intéressera à l’impact qu’aura la COVID-19 sur les habitudes alimentaires des Québécois.

Le projet NutriQuébec, qui fait partie d’une grande politique de prévention supportée par le ministère de la Santé et des Services sociaux, a été lancé il y a environ un an afin d’analyser les habitudes alimentaires des Québécois participants et pour étudier l’impact des interventions gouvernementales sur le comportement alimentaire.

Par exemple, si une taxe sur le sucre est adoptée, les analyses se pencheront sur les impacts de consommation de boissons gazeuses ou d’autres aliments.

L’objectif est de suivre des dizaines de milliers de personnes durant les années à venir. Vendredi, 2500 personnes étaient inscrites au projet.

La pandémie de COVID-19 permettra à l’étude de prendre une tournure particulière.

« L’idée, c’est qu’il y a une opportunité de mesurer les impacts de ce qui se passe au niveau de la distanciation sociale et de l’isolement sur l’habitude alimentaire des Québécois, explique Benoit Lamarche, directeur scientifique au Centre NUTRISS. On est en train de transformer complètement nos habitudes de vie. Ça peut être pour le meilleur, ça peut être pour le pire. »

M. Lamarche ajoute que NutriQuébec est le seul projet possédant la structure pour réaliser une telle étude au Canada.

Alimentation améliorée

L’hypothèse est que les Québécois auront une meilleure alimentation durant la crise puisqu’ils mangeront moins à l’extérieur de la maison.

« Les gens qui cuisinent ont généralement une meilleure qualité alimentaire que ceux qui cuisinent moins. Plus on mange à l’extérieur, plus la qualité globale de notre alimentation se détériore. On pourrait émettre l’hypothèse qu’avec tous les effets néfastes que ça peut avoir, le fait d’être isolé ou moins sorteux, ça va peut-être avoir des effets bénéfiques sur la qualité de l’alimentation des gens. C’est peut-être de la pensée magique parce que les aptitudes culinaires, surtout dans les plus jeunes générations, ne sont pas ce qu’elles étaient avant. »

Données distinctes

M. Lamarche invite les Québécois à s’inscrire sur le site de NutriQuébec pour participer à l’étude. Trois fois en trois semaines, de façon aléatoire, les participants reçoivent une invitation à remplir un formulaire détaillé sur ce qu’ils ont mangé la veille. On leur envoie ensuite un bilan alimentaire.

Des données ont déjà été recueillies dans la dernière année, ce qui permettra de faire une comparaison avec la situation actuelle.

« On a la possibilité de participer à quelque chose de grand et de sociétal pour essayer d’améliorer la santé collective et le bien-être collectif, conclut le directeur scientifique. C’est un message très fort qui est ressorti de la table de discussion avant le début du projet. »