La progression des revenus de la division Vidéotron s’est particulièrement distinguée : ceux-ci ont augmenté de 54,7 % dans le domaine des équipements vendus aux clients et de 13,3 % dans la téléphonie mobile.
La progression des revenus de la division Vidéotron s’est particulièrement distinguée : ceux-ci ont augmenté de 54,7 % dans le domaine des équipements vendus aux clients et de 13,3 % dans la téléphonie mobile.

Québecor a ressenti les effets de la pandémie

Québecor a commencé à ressentir les effets de la pandémie de COVID-19 au premier trimestre, mais le conglomérat de télécommunications estime que sa situation financière lui permettra de faire face aux défis qui pointent à l’horizon.

Sans fournir de prévisions financières, le président et chef de la direction de l’entreprise établie à Montréal, Pierre Karl Péladeau, a expliqué, jeudi, au cours de l’assemblée annuelle des actionnaires, que son équipe avait révisé son plan stratégique et « repriorisé l’ensemble » de ses projets.

 Les solides assises sur lesquelles repose notre entreprise nous permettent d’être bien positionnés pour faire face à ces défis», a-t-il lancé au cours de son allocution dans le cadre de l’évènement qui se déroulait en format virtuel.

En date du 31 mars, Québecor disposait de liquidités nettes d’environ 1,8 milliard, ce qui devrait être suffisant pour permettre à la compagnie de traverser la crise, a estimé l’analyste de Desjardins Marchés des capitaux Maher Yaghi, dans une note envoyée à ses clients.

Le conglomérat a estimé que son réseau avait été en mesure d’absorber sans difficulté l’augmentation substantielle du trafic internet, notamment en raison des mesures de confinement déployées pour freiner la propagation du coronavirus.

Malgré tout, l’entreprise a dû temporairement mettre à pied, pour une période d’au moins deux mois, 10 % de son effectif, soit environ 1000 salariés, le 27 mars dernier, alors que les mesures de confinement visant à freiner la propagation du nouveau coronavirus étaient déployées.

«L’arrêt des activités non essentielles a inévitablement entraîné un ralentissement pour plusieurs de nos partenaires d’affaires et, par conséquent, une diminution importante de nos activités dans certains secteurs», a expliqué l’actionnaire de contrôle du conglomérat.

Québecor tenait son assemblée annuelle après avoir dévoilé ses résultats du premier trimestre terminé le 31 mars, où son bénéfice net a fléchi de 30 %, à 131,6 millions, malgré une hausse de 2,7 % de ses revenus, qui se sont établis à 1,06 milliard.

À la même période l’an dernier, l’entreprise avait engrangé des profits nets de 189 millions, ou 74 cents par action, alors qu’elle avait profité d’un gain non récurrent de 97,2 millions comptabilisé à la suite de la vente des activités de sa filiale de centres de données 4Degrés Colocation.

Le secteur des télécommunications, qui regroupe Vidéotron, ainsi que celui des médias, ont affiché des revenus ainsi qu’un bénéfice d’exploitation en hausse. Toutefois, les recettes ont fléchi de 13,9 %, à 34,8 millions, du côté de la division sports et divertissement, qui a enregistré une perte d’exploitation ajustée de 3,8 millions.

Québecor a attribué ce recul à une baisse des recettes de distribution de livres et de musique ainsi qu’à une baisse des spectacles et des parties de la Ligue de hockey junior majeur du Québec au Centre Vidéotron en raison du début de la pandémie de COVID-19.

«Même s’il faut attendre une reprise complète des activités économiques pour entrevoir l’avenir, nous pourrons assurément compter sur la notoriété (de cette division) acquise au cours des dernières années », a souligné M. Péladeau dans ses remarques.

Selon M. Yaghi, l’impact de la COVID-19 sur les résultats financiers de Québecor pourrait être moins notable par rapport aux autres sociétés du secteur.

L’analyste a souligné que l’exposition de la compagnie à la clientèle d’affaires — un des segments qui sera le plus touché par les turbulences actuelles — était « relativement faible » par rapport à ses concurrentes.

«Cependant, (Québecor) est plus exposée au secteur médiatique que la moyenne», a fait remarquer M. Yaghi.

En excluant les éléments exceptionnels, le bénéfice ajusté est demeuré stable, à 111,5 millions, ou 44 cents par action. Cela a dépassé les attentes des analystes, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 43 cents, selon la firme de données financières Refinitiv.