Patrice Bosch derrière le banc de son équipe junior à Genève.

Patrice Bosch en Suisse: «C’est le bordel ici»

« Ce que vous vivez au Québec, nous le vivions ici il y a deux ou trois semaines. J’espère que vous allez réussir à échapper à ce que nous vivons présentement… »

L’ex-entraîneur et directeur général des Inouk, Patrice Bosch, fait maintenant du hockey en Suisse. Et il est un témoin privilégié de ce qui se passe dans ce coin du monde avec la pandémie de coronavirus.

« On va se le dire, c’est le bordel ici, dit-il. Nous sommes rendus avec 2400 cas et une quinzaine de morts. Il n’y a plus que les épiceries et les pharmacies qui sont ouvertes et il y a des parties du pays où l’armée est dans la rue. C’est pas drôle… »

En Suisse, la saison de hockey a été annulée il y a un bout. Bosch est entraîneur de la formation des moins de 20 ans de Genève et il est entraîneur adjoint du Genève-Servette Hockey Club, de la Ligue nationale A de Suisse.

« C’est pas compliqué, le sport n’est plus d’actualité ici. Je n’ai plus accès à mon bureau à l’aréna et plus personne ne parle de hockey. »

Bien sûr, Bosch suit de près ce qui se passe au Québec. Et ça l’enrage, pour reprendre ses mots, quand il lit des commentaires d’amateurs de sport frustrés par la suspension ou l’annulation de tel ou tel événement sportif.

« J’ai lu les commentaires de quelqu’un qui disait qu’on manquait de respect envers les jeunes en annulant le reste de la saison de hockey mineur. Sérieusement, est-ce qu’on manque de respect avec les jeunes en mettant la priorité sur leur santé? J’en reviens pas quand je lis des choses comme celles-là… »

Bosch est en Suisse avec ses deux garçons et sa conjointe. Et il se demande si la famille doit rentrer au Québec.

« À l’heure où on se parle, nous serions plus en sécurité au Québec qu’ici. Mais il faut voir si on peut quitter le pays et si on peut rentrer au Canada. C’est pas simple, même si nous sommes citoyens canadiens. »

Tout de même, il affirme que les Suisses ne paniquent pas.

« En fait, ils ne paniquent plus puisque ça fait déjà des semaines qu’on est là-dedans. J’ai dû aller au centre-ville de Genève en fin de semaine et j’ai été surpris de voir comment il y avait de gens dans les rues. »

La fin du monde à côté

La Suisse est située à côté de l’Italie et la France, deux pays durement touchés par le coronavirus.

« L’Italie, juste à côté, c’est un peu la fin du monde. Le pays est rendu à 2000 morts et à près de 28 000 cas. C’est énorme, c’est triste. Les hôpitaux sont débordés au point où ils ne soignent plus les 65 ans et plus. C’est terrible. »

Les équipes de Bosch ont connu une bonne saison. Son équipe junior a progressé pour la peine en finissant septième au classement sur 12 équipes et son équipe de la Ligue nationale A a connu sa meilleure saison depuis des années en se classant deuxième. Mais l’ancien des Inouk n’est pas d’humeur à jaser de hockey.

« C’est tellement secondaire présentement. Il y a des choses tellement plus importantes… »

Bosch a en poche un contrat de deux ans. Il a fait du bon travail et sera de retour la saison prochaine.

« En espérant qu’on puisse reparler de hockey bientôt… », termine-t-il.