Les paramédics ont de nouvelles mesures préventives à respecter.

Paramédics: plus de précautions et mois d'accompagnateurs

Amenés à transporter des clients qui font appel au 911 à l’hôpital, les paramédics sont sur la ligne de front. Pour se protéger et protéger les autres de la COVID-19, ils ont de nouvelles mesures à respecter.

« On n’a pas eu le choix de s’ajuster, effectivement, répond Guillaume D’Ostie, superviseur de CAMBI à Cowansville. Une des mesures qui est assez simple, c’est qu’il n’y a plus de visiteurs, comme la famille, à la caserne. On a l’obligation de se laver les mains en entrant et en sortant de la caserne et durant l’inspection de début de quart, on doit s’assurer d’avoir assez d’équipements de protection. »

Ces équipements sont le masque N95, qu’on trouve de plus en plus difficilement, une blouse anti-éclaboussure, des gants de protection à poignets longs, des lunettes de protection et une visière. 

Par ailleurs, Dessercom, qui dessert Granby, ne tolère pas la barbe chez ses paramédics afin que le masque soit étanche. Il ne s’agit cependant pas d’une nouvelle mesure, celle-ci étant établie depuis longtemps.

Accompagnateurs interdits

Les clients aussi doivent se soumettre à de nouvelles mesures. Lors de l’appel au 911, la personne à la centrale d’appel posera différentes questions pour déterminer s’il y a un risque, comme si le client a des symptômes d’allures grippales et si elle revient de voyage à l’étranger. 

Si c’est le cas, les paramédics vont entrer d’emblée chez la personne avec les équipements de protection.

« Ces patients-là vont avoir un masque à oxygène ou un masque chirurgical et des gants pour ne pas qu’ils touchent partout et contaminent tout. On va s’arranger pour le mettre dans un espace le plus restreint possible. »

Par ailleurs, « il n’y a plus d’accompagnateur qui rentre dans l’ambulance, à moins que le patient ait 14 ans ou moins, informe Guillaume D’Ostie, de CAMBI. Ça fait partie des nouvelles mesures ».

Les ambulances de la région qui circulent avec Dessercom interdisent elles aussi les accompagnateurs, à moins que le patient ait moins de 14 ans ou qu’il soit en fin de vie.

Nettoyage

Lorsqu’un cas de coronavirus est soupçonné, « dans l’ambulance, on ferme les portes et on ouvre notre ventilation à pression négative, explique Francis Brisebois, porte-parole chez Dessercom. Le véhicule est ensuite mis hors service pour la décontamination. Ça prend environ 60 minutes pour le traitement et c’est sous forme de fumée, donc ça va dans tous les recoins. »

À Cowansville, les paramédics nettoient avec encore plus de minutie l’intérieur de l’ambulance quotidiennement. 

« Ce sont des mesures exceptionnelles. On ne prend pas ça à la légère », assure M. D’Ostie.

Chaque entreprise ambulancière a ses propres mesures, mais toutes espèrent ne pas avoir à composer avec l’isolement préventif de leur personnel.

Par ailleurs, des paramédics de la caserne de Cowansville sont partis en voyage et, lorsqu’ils reviendront, ils devront s’isoler à la maison pendant 14 jours. La quarantaine est obligatoire pour le personnel du milieu de la santé après un voyage à l’extérieur du pays.

La fermeture des écoles et garderies risque aussi de poser problème dans la gestion des équipes si les deux parents sont dans l’impossibilité de s’absenter deux semaines.

Une autre problématique qui pourrait survenir est la pénurie de masques N95 et de masques chirurgicaux. 

Selon Francis Brisebois, la situation est sous contrôle, mais elle pourrait dégénérer si le nombre de cas augmente radicalement.