François Goyette et Sylvain Beauregard forment l’une des équipes de paramédics de Granby intervenant spécialement auprès des personnes susceptibles d’être infectées par la COVID-19 sur le territoire. 
François Goyette et Sylvain Beauregard forment l’une des équipes de paramédics de Granby intervenant spécialement auprès des personnes susceptibles d’être infectées par la COVID-19 sur le territoire. 

Paramédics: les équipes COVID-19 grandement sollicitées

Partout au Québec, des milliers de paramédics sont prêts à intervenir auprès de patients victimes d’une urgence médicale. À l’occasion de la Semaine des paramédics et soins préhospitaliers d’urgence, nous sommes allés à la rencontre de quelques-uns de ces travailleurs. Alors que la COVID-19 mobilise la province en entier, leur travail est une fois de plus essentiel.

Les équipes COVID-19 ont été utilisées à leur plein potentiel depuis le 30 mars. Les paramédics Sylvain Beauregard et François Goyette, qui ont côtoyé quotidiennement des patients potentiellement infectés, sont devenus plus que familiers avec les nouvelles procédures mises en place pour faire face au virus.

« On ne pensait jamais vivre ça », reconnaît d’entrée de jeu François Goyette, qui s’est porté volontaire, avec son coéquipier Sylvain Beauregard, pour faire partie de l’une des équipes COVID-19.

En acceptant ce mandat, le duo cherchait à acquérir de nouvelles compétences, mais surtout à servir la population.

« Ça fait partie de notre métier, le défi et la nouveauté », indique M. Goyette.

Ayant tous deux plus de 30 ans d’expérience, les deux ambulanciers répondent donc depuis deux mois presque exclusivement à des appels de patients infectés au coronavirus ou soupçonnés de l’être. Après deux semaines à fonctionner avec une seule équipe à Granby, une deuxième a été ajoutée afin de répondre au nombre d’appels qui ne cessait d’augmenter.

Les procédures d’intervention ont dû être adaptées afin que les ambulanciers courent le moins de risques possible.

« La principale différence est qu’on ne fonce plus sur le patient en arrivant sur les lieux », explique M. Goyette.

Les paramédics formant les équipes COVID-19 doivent d’abord poser une série de questions et prendre la température du patient avant de pouvoir entreprendre quelque manœuvre que ce soit.

L’équipement de protection, un élément primordial

Les deux paramédics, exposés au virus, doivent prendre le temps de s’en protéger adéquatement. Même s’il y a urgence d’intervenir, ils doivent d’abord se vêtir de façon sécuritaire.

« Quand on arrive sur un arrêt cardiaque, normalement on fonce. On se dépêche. Là, on sait que quelqu’un ne respire plus, mais on doit mettre jaquette, double gants, masque N95, visière, et après on intervient », relate François Goyette.

Les citoyens ont généralement bien réagi à ces nouvelles façons de faire.

Même s’ils sont bien protégés lorsqu’ils sont en contact avec les patients, les paramédics doivent également porter une attention particulière au moment de se dévêtir, une étape qui comporte un risque important de contamination.

« Il faut se laver les mains après avoir enlevé chaque morceau de vêtement, précise Sylvain Beauregard. En étant deux, on se surveille. »

En revenant à la caserne ambulancière, 35 minutes doivent s’écouler avant que l’ambulance puisse aussi être désinfectée. L’opération, constituée d’une vaporisation abondante de peroxyde d’hydrogène à l’intérieur du véhicule, dure 45 minutes. « Ça allonge la durée des appels », concède M. Beauregard.

Cela n’a toutefois pas empêché les deux hommes, qui travaillent ensemble depuis 17 ans, d’effectuer environ quatre ou cinq interventions par quart de travail au plus fort de la crise. La majorité des appels concernait des transferts interhospitaliers de patients du Centre hospitalier de Granby vers ceux de Sherbrooke et Fleurimont.

Même si faire partie de l’équipe dédiée à la COVID-19 comporte certains risques, le duo ne regrette pas de s’être porté volontaire.

« Malgré le danger, j’ai adoré ça », confirme François Goyette, sachant que toutes les précautions nécessaires pour se protéger ont été prises.

« Je suis plus craintif en allant à l’épicerie qu’en travaillant, dévoile-t-il.

Si une deuxième vague frappe le Québec, le duo n’hésitera pas à proposer son aide de nouveau si cette dernière s’avère nécessaire.

— Avec la collaboration de Karine Blanchard