Nacime Kouddar
Nacime Kouddar

Nacime Kouddar remis en liberté avant son enquête

Nacime Kouddar a été libéré sous conditions avant même l’audition de son enquête sur remise en liberté mercredi.

Accusé de négligence criminelle causant des lésions alors qu’il conduisait un véhicule dans le stationnement du Walmart des Galeries 4-Saisons à Sherbrooke, Nacime Kouddar n’a pas eu besoin de présenter de preuve pour que le ministère public accepte de le remettre en liberté sous conditions.

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Les caméras jettent un nouvel éclairage

L’individu de 25 ans ne pourra notamment plus remettre les pieds en Estrie, ni conduire de véhicule pour la durée des procédures judiciaires. L’agent de sécurité victime dans cette affaire repose toujours aux soins intensifs au CHUS. 

« Il y a eu énormément de développement à la suite de l’analyse de la preuve. Nous avons l’intention de suggérer des conditions de remise en liberté », a mentionné d’entrée de jeu au tribunal la procureure aux poursuites criminelles, Me Gabrielle Cloutier.

L’avocate de la défense Me Kim Dingman a confirmé au tribunal que Nacime Kouddar avait été informé de ce développement avant de se présenter devant le tribunal.

« Nous manifestons beaucoup d’empathie envers la victime et sa famille. La justice doit cependant suivre son cours. Dans un dossier comme celui-là où l’accusé n’a pas d’antécédent judiciaire et présente d’importantes garanties comme nous le proposons depuis le dépôt des accusations, le principe de la remise en liberté doit s’appliquer dans un système de justice comme le nôtre basé sur la présomption d’innocence », explique Me Dingman.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a donc imposé à Nacime Kouddar, mercredi, de sévères conditions de remise en liberté.

Nacime Kouddar, qui a assisté à l’audience à partir d’une cellule du Centre de détention de Sherbrooke, a consenti à respecter les conditions de remise en liberté.

Le père de l’accusé s’est engagé comme tiers au respect des conditions de son fils pour un montant de 2000 $.

Nacime Kouddar devra respecter un couvre-feu de 22 h à 7 h et résider chez son père. Il ne pourra entrer en contact avec les témoins de la scène de crime ou la victime dans cette affaire.

Il lui a été interdit de se présenter en Estrie.

Nacime Kouddar ne pourra faire référence à Philippe Jean sur les réseaux sociaux

Il ne pourra pas non plus posséder d’arme.

« Tout semble clair. J’ai bien compris les conditions et je les accepte », a confirmé Nacime Kouddar de sa cellule.

Une description des images vidéos de la caméra de surveillance du Walmart et le témoignage d’un témoin de la scène ont apporté un éclairage plus complet de l’événement où l’agent de sécurité Philippe Jean a subi de graves blessures.

La procureure aux poursuites criminelles, Me Gabrielle Cloutier

Sur les images vidéo captées samedi dernier, on voit l’agent de sécurité partir en véhicule pour rattraper celui de Nacime Kouddar.

Il se dirige ensuite vers le véhicule de Nacime Kouddar où il assène des coups sur le capot et le pare-brise.

C’est par la suite qu’il se retrouve sur le capot et que des mouvements sont réalisés pour qu’il tombe au sol.

Cet élément vidéo, tout comme l’ensemble de la preuve, ne sera pas rendu public avant la tenue du procès.

« Tous les éléments de preuve ont été pris en considération pour accepter de remettre l’accusé en liberté. Nous avons fait une analyse réfléchie qui a mené à cette décision. La preuve explique ce qui s’est passé. En 24 heures, beaucoup de choses peuvent se passer. Les dossiers sont évolutifs et c’est ce qui s’est passé. L’enquête se poursuit encore dans ce dossier », mentionne Me Cloutier.

Philippe Jean a subi de graves blessures à la tête à la suite de cet événement.

Outre l’accusation de négligence criminelle, Nacime Kouddar est accusé de voies de fait armées d’un véhicule, de voies de fait graves et de délit de fuite. 

Le dossier de Nacime Kouddar reviendra devant le tribunal le 3 août prochain.

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Des directives claires pour freiner la propagation de la COVID-19 ont été installées à l’entrée du palais de justice de Sherbrooke.

Un accès limité au palais de justice

Des mesures exceptionnelles ont été mises en place au palais de justice de Sherbrooke, mercredi, pour que le public, par l’entremise des médias, puisse avoir accès aux procédures dans le dossier de Nacime Kouddar 

Si les avocates, Me Gabrielle Cloutier du ministère public et Me Kim Dingman en défense, ainsi que l’accusé de 25 ans étaient présents de façon virtuelle en visioconférence, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec et les journalistes ont eu accès à la salle d’audience du palais de justice de Sherbrooke.

« Les mesures extraordinaires visant à freiner la propagation de la COVID-19 sont respectées par le milieu judiciaire. Nous ne tenons que des audiences urgentes et celle-ci en est une. Pour respecter le droit du public à l’information, les audiences sont publiques. À la suite des demandes médiatiques, nous avons pris les mesures pour siéger en salle d’audience, mais en respectant les distances sociales respectables. C’est exceptionnel dans les circonstances », a signalé la juge Desgens.

La juge a remercié les instances judiciaires pour leur rapidité d’action pour la tenue de cette audience.

Toujours dans cette optique de respect des directives gouvernementales de distanciation physique, les journalistes présents ont réalisé les entrevues à plus de deux mètres de distance de la procureure aux poursuites criminelles après l’audience.

L’accès au palais de justice de Sherbrooke demeure limité. 

De nombreuses directives sanitaires, l’affichage les rappelant et le matériel nécessaire pour désinfecter les mains sont disponibles dès l’accès à l’édifice Raynald-Fréchette de la rue King Ouest.  René-Charles Quirion