Enseignant d’éducation physique retraité, Ghislain Simard encourage les enfants à bouger à l’aide de jeux simples et à la portée de tous. Les plus âgés sont aussi dans sa mire !
Enseignant d’éducation physique retraité, Ghislain Simard encourage les enfants à bouger à l’aide de jeux simples et à la portée de tous. Les plus âgés sont aussi dans sa mire !

M. Ghislain, le maître du jeu

Balles. Bouteilles. Cerceaux. Spatules. Et pourquoi pas, des bas (propres) insérés dans des sacs en plastique refermables en guise de poches. Foi de Ghislain Simard, c’est tout ce dont vous avez besoin pour faire bouger vos petits grouillants en temps de confinement, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur.

« Ma voisine s’arrachait les cheveux pour trouver des activités à faire avec ses enfants », raconte l’enseignant d’éducation physique retraité de 62 ans, joint cette semaine à sa résidence de Granby.

« Je me suis dit que j’allais l’aider. »

Elle ne pouvait pas mieux tomber. Car M. Ghislain, comme l’ont appelé ses élèves pendant 34 ans, est un vénérable gourou de l’activité physique doublé d’un précurseur de l’enseignement par le jeu. Ses initiatives sont notamment à l’origine du Grand défi Pierre Lavoie et des fameux cubes énergie, qu’on les apprécie ou non !

Tout a commencé à l’ère pré-Internet, pré-télécommande et même pré-micro-ondes.

Étudiant à l’Université du Québec à Trois-Rivières en 1982, M. Simard a été sélectionné pour donner un cours spécial portant sur le développement des habiletés par le jeu. C’est là que son intérêt pour les loisirs ludiques est né.

Puis, à son arrivée sur le marché du travail, il réalise que plusieurs professeurs enseignent encore « par blocs » en se limitant à alterner les sports traditionnels comme le basketball, le hockey et la gymnastique.

« Avant, on n’enseignait pas l’éducation physique par le jeu, explique-t-il. Puis, les programmes ont changé. Ça a évolué et j’ai été un des précurseurs. »

Populaire

Il participe à la confection de manuels sur comment bouger par le jeu et, au fil des années, développe une méthode d’enseignement pour les élèves ayant un retard intellectuel dont le matériel est encore utilisé dans des écoles de Granby.

Surtout, il cultive son intérêt pour l’activité physique... et des amitiés durables avec un nombre impressionnant d’élèves qui n’hésitent pas à correspondre toujours avec lui ou à l’intercepter dans la rue et les magasins.

« Ma femme ne veut plus magasiner avec moi ! lance-t-il en riant. Tout le monde me parle et en plus, je suis un jaseux. »

Il reste aujourd’hui très actif en continuant de pratiquer plusieurs activités sportives, en plus d’en organiser pour le club d’âge d’or local et une résidence pour retraités. Il a aussi un plan pour diffuser ses suggestions de jeux dans toutes les écoles du coin.

Car c’est jeune qu’il faut prendre de bonnes habitudes, dit M. Simard, estimant que les enfants bougent moins que ceux des générations précédentes.

« Avec l’Internet, les téléphones, les iPad, ils ne sont pas habitués à bouger du tout ! Quand j’étais jeune, on jouait dehors dès le retour de l’école et on ne rentrait qu’au souper. Pis ça ne nous tentait pas de rentrer. »

Entrain

C’est donc avec joie qu’il met son savoir au service du plus grand nombre. À commencer par ses petits-enfants, neveux et voisins. Une vidéo qu’il a récemment mise en ligne sur sa page Facebook montre comment il est facile de les faire bouger avec entrain et avec peu de choses (voir encadré).

Des cordes ou des rallonges en guise de cerceaux, des spatules si on n’a pas de raquette, des poches improvisées, des balles et des bâtons sont tout ce dont on a besoin pour faire des jeux simples, mais énergiques.

Les principes de base : il faut que ça bouge, que les enfants se sentent impliqués et qu’ils aient le goût de recommencer !

« Bouger, c’est un besoin physique, c’est super important, dit Ghislain Simard. Pour ne pas développer de problème de santé et pour le social. Tu te fais des amis en bougeant et quand tu fais partie d’une équipe, c’est pour la vie. »

Pour les personnes âgées, les exercices qu’il suggère sont à peu près les mêmes, mais avec moins d’intensité. Il encourage toutes les personnes intéressées à lui fournir des suggestions d’activités via sa page Facebook.

« Vos enfants ne resteront pas petits longtemps, alors il faut en profiter, dit-il. Les voir heureux d’avoir bougé, les yeux brillants, ça n’a pas de prix. »

DES JEUX POUR BOUGER PENDANT LA PANDÉMIE

Préparation

1) Pour chaque participant, faire une ligne de départ avec un bâton et, à deux mètres de distance, un cercle avec un cerceau, une corde ou une rallonge. Un peu plus loin, un jeu de Tic-tac-toe avec des bâtons.

2) Préparer cinq objets pour monter en pyramide, comme des poches, des cannettes ou des balles.

Au plus fort la poche (facile)

En se plaçant sur la ligne de départ, les enfants doivent courir pour aller chercher la poche, revenir et la lancer dans le cercle. Ils recommencent jusqu’à ce que toutes les poches soient dans le cercle. S’ils ratent, ils recommencent.

Variante : toujours en partant de la ligne de départ, les enfants transportent une à une, et le plus rapidement possible, les poches dans le cercle à l’aide d’une spatule ou d’une raquette, et les montent en pyramide. Si la pyramide tombe, ils doivent la refaire

Tic-tac-toe (moyen)

Même principe que le premier jeu, mais les enfants doivent lancer la poche dans le jeu de tic-tac-toe et le plus rapide/précis/ingénieux gagne. On peut aussi décider qu’on enlève la poche de son adversaire si elle tombe dans le même carreau.

Lancer de précision (difficile)

Les enfants doivent courir pour aller porter une quille, une bouteille de plastique ou une cannette, revenir à la ligne de départ et lancer une balle pour la faire tomber. S’ils réussissent, ils vont porter un deuxième objet et recommencent jusqu’à ce que les cinq soient tombés. Bon pour le cardio !

par Ghislain Simard