Longue attente pour les résultats de tests: un couple âgé s’inquiète

Robert Fontaine et Denise Roberge sont rapidement revenus du Panama le 16 mars dernier. Robert regardait les nouvelles régulièrement et l’inquiétude le gagnait, surtout que Denise présentait des symptômes grippaux. Ils ont respectivement 81 et 76 ans.

Des démarches rocambolesques et trois aéroports plus tard, ils étaient de retour au Québec.

Un court entretien téléphonique avec une infirmière aura suffi pour qu’ils aient un rendez-vous à la clinique de dépistage de la COVID-19 à l’Hôpital Chauveau, tous les critères étaient remplis : retour de voyage et présence de symptômes, sans parler de leur âge avancé.

«On nous avait dit à ce moment-là que les résultats allaient arriver dans 24 ou 48 heures», explique Robert.

Le couple est passé à la clinique le 22 mars. Depuis, il est sans nouvelle.

L’angoisse

Dans les six derniers jours d’attente, Robert est lui aussi tombé malade. Il a une douleur en haut des poumons, sa conjointe tousse beaucoup et ne cesse d’avoir des sécrétions depuis maintenant deux semaines.

«Si on ne l’a pas, on va agir autrement. On va aller consulter un médecin, c’est peut-être autre chose. C’est un peu angoissant, chaque fois que le téléphone sonne on sursaute et on espère que ce soit eux», confie le résident de Québec.

Depuis le retour à la maison, le couple respecte les règles de confinement. Il ne sort même pas pour marcher dehors, il ne voudrait pas infecter quiconque si le résultat de la COVID-19 s’avère positif, résultat qui se fait de plus en plus attendre.

«Notre 14 jours d’isolement obligatoire de voyageurs se termine mardi, on devrait se dire qu’on est corrects si personne ne nous informe de nos tests? C’est mieux de ne pas sortir en prenant en considération qu’on est malade, mais c’est mêlant.»

Après trois tentatives d’appel, Robert et Denise ont finalement reçu un courriel du ministère de la Santé.

«Dû à un nombre élevé de demandes pour obtenir un résultat du test de dépistage de la COVID-19, prévoir un délai minimum de 10 jours pour le traitement de celle-ci. S.V.P., ne pas vous présenter au service des archives de votre secteur, cela n’accélérera pas le traitement de votre demande», pouvait-on lire dans le court courriel.

La bonne information

C’était la première fois que le couple entendait parler d’une période de 10 jours. «Si on nous l’avait dit dimanche, on ne s’énerverait pas. On nous a créé des attentes. Je suis persuadée que j’ai la COVID-19 depuis le 12 mars, mais je ne peux pas le savoir officiellement», craint Denise Roberge.

Le couple est bien conscient que la demande est élevée, que le ministère est débordé par la gestion de crise, mais il aimerait que les citoyens soient bien informés pour prévoir les conséquences.

«Le ministère peut ajouter des personnes pour répondre au téléphone, ou nous dire au moins la bonne information, bien nous informer du délai d’attente», croit Robert Fontaine.

En attendant les résultats des tests, le couple âgé ne peut s’empêcher d’être de plus en plus inquiet. «Oui, c’est angoissant, en même temps de perdre notre liberté parce qu’on ne sort pas de la maison, et avec nos quatre enfants très inquiets à Montréal. Des fois ça nous empêche de dormir, on ne peut pas aller à l’épicerie et pas de promenade. Mélangé surtout avec le fait qu’on n’a pas de nouvelles. Il semble que nous ne sommes pas les seuls. Je vois le nombre d’investigations et le chiffre est énorme», ajoute l’homme de 81 ans.

Un délai de 24 à 72 heures, dit-on

Du côté du CIUSSS de la Capitale-Nationale, on confirme que le délai pour l’obtention des résultats de tests est «présentement de 24 à 72 heures» dans la région. On note aussi que les délais peuvent varier selon les besoins d’analyses et la capacité des laboratoires.

Concernant le cas de Robert et Denise, la direction des communications du CIUSSS n’avait pas davantage d’explications.

«Les délais moyens sont ceux-là, je ne peux commenter le cas précis. Ce n’est certainement pas un indice, on peut comprendre que ça les agace, mais ils ne doivent pas tirer une interprétation du temps d’attente», explique Mathieu Boivin, du département des relations médias.

On confirme aussi que les tests sont traités dans l’ordre qu’ils sont reçus, l’âge ou la présence de symptômes ne fait pas de différence dans la priorité d’analyse.