Les producteurs maraîchers espèrent que les travailleurs étrangers seront en mesure de traverser la frontière pour les aider aux champs.
Les producteurs maraîchers espèrent que les travailleurs étrangers seront en mesure de traverser la frontière pour les aider aux champs.

Les travailleurs étrangers espérés par les maraîchers

Le milieu de l’agriculture espère ne pas subir les impacts de la COVID-19 dans la région. Au Québec, plus de 15 000 travailleurs viennent de l’étranger pour aider les producteurs maraîchers, les pépiniéristes et les pomiculteurs, notamment. Leur venue pourrait être chamboulée par la fermeture de la frontière canadienne.

Samedi, l’arrivée des travailleurs du Mexique ne semblait pas compromise, selon David Côté, de chez Maraîcher André Côté à Saint-Paul-d’Abbotsford. Il remarque que l’Amérique latine n’est pas aussi touchée par la COVID-19 que les États-Unis.

« On ne sait pas comment ça va se développer. C’est sûr que ça nous inquiète plus pour les arrivages de juin et de juillet, mais pour l’instant ils ne sont pas touchés. Lorsque les travailleurs arrivent, ce sont des gens qui travaillent ensemble. S’ils sont mis en quarantaine et qu’on élimine leurs contacts avec les gens, ça ne me semble pas plus un problème que pour nous. »

Il attend 70 travailleurs mexicains d’ici le 20 avril. Les premiers doivent arriver le 20 mars. D’autres doivent atterrir le 10 et le 20 avril. « Si on n’a pas le personnel, c’est certain qu’on va avoir des difficultés à faire les récoltes. » Si c’est le cas, M. Côté se concentrera à cultiver des aliments plus essentiels et qu’il est possible de stocker, comme les patates, plutôt que les fraises qui demandent à ce que les gens passent au kiosque plus régulièrement.

« Ce serait une catastrophe »

Du côté du Potager Mont-Rouge, à Rougemont, l’arrivée de travailleurs étrangers est un enjeu important pour la saison. « On espérait les faire venir plus de bonne heure, mais c’est trop compliqué avec les vols, explique Philippe Beauregard. Il y en a qui arrivent la semaine prochaine pour tailler le verger et d’autres en avril et en mai pour la plantation des fruits et des légumes. Si ces employés-là ne peuvent pas être là, ce sera une catastrophe. On a une fenêtre pour faire la plantation. On peut décaler de quelques jours, mais on ne peut pas planter des tomates en juin alors que c’est censé se faire à la mi-mai. C’est aussi du travail que personne ici ne veut faire et on veut ravoir les mêmes personnes que l’année passée parce qu’elles ont l’expérience. C’est de la logistique qu’on ne veut pas vivre. »

De plus, s’il n’a pas d’aide pour tailler son verger, acquis il y a quelques années, il pourrait devoir le vendre parce qu’il n’arrivera pas à faire ses paiements.

M. Beauregard attend 36 travailleurs latino-américains qui auront tous un permis de travail de six mois.