Le maire Steve Lussier n’est pas fermé à l’idée d’accueillir des Montréalais à Sherbrooke, mais il prévient du risque d’un déconfinement trop rapide.
Le maire Steve Lussier n’est pas fermé à l’idée d’accueillir des Montréalais à Sherbrooke, mais il prévient du risque d’un déconfinement trop rapide.

Les Montréalais bienvenus, mais...

SHERBROOKE — Si le premier ministre François Legault a lancé un appel à la tolérance envers les Montréalais qui sortiront de l’île pour fréquenter d’autres régions, le maire de Sherbrooke Steve Lussier souhaite que tous fassent preuve de prudence. Il nuance ses propos tenus dimanche dans lesquels il indiquait ne pas souhaiter voir les Montréalais se pointer à Sherbrooke pour le moment.

En point de presse lundi, François Legault a rappelé que si tout le monde garde deux mètres de distance, il n’y aura aucun danger, mais prévient que s’il y a trop de mouvements entre les régions, il n’hésitera pas à mettre des consignes en place. Il ne souhaite toutefois pas que les Québécois commencent à se diviser.

Steve Lussier rapporte pour sa part qu’il faut écouter la Santé publique. « Il faut être prudent. Le premier ministre l’a bien dit : si on relâche trop rapidement, il va imposer des mesures plus strictes. Oui il faut voir à notre économie, mais aussi à la santé de nos citoyens. Je ne suis pas fermé à accueillir les Montréalais, mais il faut y aller pas à pas, étape par étape. On vient de commencer le déconfinement. Être ouvert c’est une chose, mais il y a une semaine, on disait qu’il fallait chacun rester dans sa région. Dans un mois, ce sera complètement autre chose. On souhaite que les gens qui viendront nous visiter respectent les règles. Il faut jouer de prudence. »

À Destination Sherbrooke, on n’a pas l’intention d’offrir un traitement différent aux Montréalais. « Nous nous gouvernons avec les règles et les consignes de la Santé publique. Quand elle dit que c’est mieux de rester dans sa propre région, ça devrait être entendu de tout le monde. Nous, bien sûr que nous voulons des touristes, des visiteurs et des excursionnistes, mais pour le moment, il n’y a rien de touristique qui soit ouvert », résume Lynn Blouin, directrice à la commercialisation et aux communications à Destination Sherbrooke.

« Tout le milieu touristique cherche des signes de déconfinement et commence à trouver le temps long. En ce moment, la question ne se pose pas parce qu’il n’y a pas d’actions touristiques, mais dans les prochains mois, nous travaillerons à responsabiliser les visiteurs. Ils auront des règles à respecter, par solidarité sociale, et ce seront aussi les règles de l’industrie. »

Mme Blouin indique que Sherbrooke a bien l’intention de prendre sa place dans la sphère touristique quand il sera à nouveau permis de passer d’une région à l’autre. « Nous viserons d’abord un rayon de 40 km autour de Sherbrooke et si les règles s’assouplissent, vers juillet, nous viserons l’extérieur. À ce moment-ci, je dirais que le marché de Montréal devrait être moins ciblé qu’à l’habitude. Mais je ne vois pas de raison de refuser la présence des Montréalais s’ils respectent les règles. »

À Tourisme Cantons-de-l’Est, on choisit l’approche de la conciliation. Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l’Est, admet que toutes les villes ne partagent pas la même vision face à l’arrivée potentielle de touristes montréalais. « On peut comprendre les craintes de certaines municipalités. On veut travailler pour trouver une zone de confort avec les élus, les citoyens et les commerces pour se donner une vision et pour que nous puissions accueillir les touristes en toute sécurité le moment venu. Nous avons un plan de relance, mais nous ne l’avons pas déployé. Nous attendons les consignes de la Sécurité publique. Il est important de reconnaître les craintes des municipalités et de trouver des zones de confort. »