Le Dr Marcel Guilbault, président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec.
Le Dr Marcel Guilbault, président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec.

Les médecins de famille fidèles au poste

Même s’ils sont des dizaines à contribuer à la lutte à la COVID-19 sur le terrain, les médecins de famille de l’Outaouais demeurent fidèles au poste pour les personnes éprouvant des ennuis de santé. Il importe d’ailleurs de ne pas hésiter à consulter pour éviter l’aggravation de problèmes, insiste le Dr Marcel Guilbault, président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec (AMOOQ).

Le travail de médecin de famille en temps de pandémie, « ce n’est pas toujours évident », confie le Dr Guilbault. La grande majorité des consultations se font maintenant grâce à la technologie, souvent par téléphone, parfois par vidéo. « On voit quand même un peu de patients sur place, dit-il. Des fois, on commence en téléconsultation et on leur dit de se présenter en personne. »

Dans le contexte où le gouvernement insiste sur l’importance de ne sortir de chez soi qu’en cas de nécessité, les médecins de famille observent une baisse marquée du nombre de consultations. « Les gens écoutent peut-être un petit peu trop, avance le Dr Guilbault. En plus de ne pas sortir, ils n’appellent pas pour leurs rendez-vous de routine, ils n’appellent pas quand ça va mal. […] Les gens ne savent pas tous qu’on fait de la téléconsultation. »

Dans sa pratique au Groupe de médecine familiale (GMF) de Gatineau, le Dr Guilbault estime qu’à peine 5 à 10 % des consultations se font maintenant en personne.

Comme son collègue du GMF de Gatineau Marcel Guilbault, la Dre Isabelle Boudreault a répondu à l’appel du CISSSO pour voir des patients à la clinique désignée d’évaluation COVID-19, dans le secteur Gatineau.

« Pour tout ce qui a besoin d’être vu et touché, le patient doit venir au bureau, explique-t-il. Les patients âgés, c’est sûr qu’on essaye de ne pas les faire venir. Quelqu’un qui est connu pour une maladie cardiaque, qui prend sa pression lui-même, que tout va bien et qui a juste besoin de ses médicaments, on n’a pas besoin de le voir. Mais la personne qui a des malaises et qu’on n’est pas sûr c’est quoi, il faut la voir. »

Le président de l’AMOOQ souligne qu’à l’échelle provinciale, environ 30 % des plages horaires de consultation avec les médecins de famille restent vides depuis le début de la pandémie. Certaines personnes pensent aussi, à tort, que les cliniques sont fermées.

« Mais c’est important que les gens comprennent qu’il faut faire le suivi de leurs maladies courantes, insiste-t-il. […] Les gens qui ont des inquiétudes par rapport à leur maladie, il ne faut pas qu’ils hésitent, on ne se contamine pas au téléphone. »

Sur le terrain

Comme une cinquantaine de médecins de la région, le Dr Guilbault a répondu aux demandes du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais pour travailler à clinique désignée d’évaluation COVID-19, dans le secteur Gatineau. Le Dr Guilbault effectuait sa troisième présence, vendredi, à cette clinique qui a besoin de six médecins par jour.

« L’horaire est plein pour tout le mois d’avril et le mois de mai, dit-il. Les médecins arrêtent leurs activités de bureau et prennent une demi-journée pour aller à la clinique pour voir des patients qui sont soit positifs à la COVID-19 ou qui ont des symptômes qui s’y apparentent. » Les patients entrent par une porte et ressortent par une autre, « et ils ne sont pas en contact avec les autres ».

Alors qu’« au début, tout le monde était un peu craintif », les médecins ont vite compris qu’avec les mesures en place, « tout est fait de façon à nous protéger nous-mêmes et à protéger les patients », rapporte le Dr Guilbault. La participation des omnipraticiens est donc « excellente », souligne-t-il en précisant qu’à l’instar des autres professionnels de la santé, les médecins doivent faire preuve de vigilance pour ne pas, par exemple, porter leurs gants à leur visage.