Les masques de protection ont été mis sous clé dans les établissements de santé, comme au CHSLD Villa-Bonheur de Granby.

Les masques mis sous clé au CHSLD Villa-Bonheur

Une membre du personnel de soins du CHSLD Villa-Bonheur de Granby critique la mise sous clé des masques de protection individuelle. Le mot d’ordre a été donné dans les établissements du CIUSSS de l’Estrie-CHUS de retirer certains outils de protection pour prévenir une pénurie.

L’employée dénonçant la situation, qui ne souhaitait pas être identifiée pour éviter des représailles, explique que le port du masque est une façon de se protéger et de protéger les résidents, qui font partie de la clientèle vulnérable du système de santé, de la COVID-19 et de toute éclosion possible d’influenza, de rhume ou de gastroentérite.

« Ils ont caché tous les masques, s’étonne-t-elle. Ils ne veulent plus qu’on en mette parce qu’ils disent qu’on va en manquer. Je trouve ça absurde. Le virus est plus contagieux que les autres, mais ils ne veulent pas qu’on se protège. »

La direction aurait aussi motivé cette action parce qu’il n’y a plus de visiteurs, donc moins de risque, et que le port du masque pourrait créer une vague de panique.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS répond que les équipements de protection individuelle (ÉPI) sont utilisés en grande quantité depuis le début de la crise. Une équipe formée d’infectiologues, de professionnels en prévention et contrôle des infections ainsi que d’experts en mesure d’urgence s’est penchée sur les bonnes façons de gérer les ÉPI, explique Félix Massé, conseiller aux communications du CIUSSS.

Il n’y a pas de pénurie de ces équipements en ce moment, mais l’objectif est de prévenir une pénurie.

« Ainsi, il a été demandé aux équipes de l’ensemble du territoire de mettre sous clé certains produits d’équipement de protection individuelle, indique M. Massé par courriel. Pour chaque installation, un responsable a été identifié afin de faire la gestion de ces produits, selon le secteur et la situation. »

L’employée aimerait que le port du masque soit reconsidéré entre les murs des CHSLD étant donné la proximité du personnel avec la clientèle à risque.

« Je trouve ça spécial. On est en contact direct avec les patients, on est souvent à deux pouces de leur visage. Ils ne comprennent pas qu’ils doivent tousser dans le creux de leur coude. Ils nous toussent dans le visage et on reçoit des postillons. »

Selon elle, la moindre des choses serait de permettre le port du masque lorsque des interventions sont nécessaires à moins de deux mètres d’un patient.

Vecteurs de contamination

Notre source s’inquiète également d’un risque de contamination venant de l’extérieur, même en l’absence de visiteurs.

Les employés retournent chez eux après leur quart de travail et côtoient conjoints et enfants. Les conjoints peuvent être vecteurs de transmission s’ils travaillent à l’extérieur de la maison, explique-t-elle.

« En plus, on a des employés de l’hôpital et d’agences qui viennent travailler. »

Dans les derniers jours, de nouveaux résidents ont de plus été admis, dont une personne arrivant de l’hôpital, sans isolement préventif.

Elle rapporte également que des employées fiévreuses sont entrées travailler durant le week-end, mais avec un masque. Elles ont été testées pour la COVID-19, mais travaillent durant l’attente de leur résultat.

« Nos patients sont tous vulnérables. »