«Personne n’a envie de tester s’il aura des complications s’il attrape la COVID-19 et les profs ne sont pas différents du reste de la société», dit Sophie Veilleux, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska.
«Personne n’a envie de tester s’il aura des complications s’il attrape la COVID-19 et les profs ne sont pas différents du reste de la société», dit Sophie Veilleux, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska.

Les enseignants tiennent à être protégés pour le retour en classe

L’annonce du plan de réouverture graduelle des écoles primaires, lundi, a causé plus d’inquiétudes qu’elle a amené de précisions aux yeux des syndicats d’enseignants interrogés par La Voix de l’Est.

Comment leurs membres seront-ils protégés d’une possible infection au coronavirus? À cela, Québec n’a pas fourni de réponse pour l’instant alors que le gouvernement Legault a annoncé que les écoles primaires et les garderies rouvriront leurs portes le 11 mai prochain dans les régions.

«Va-t-il falloir qu’on se batte pour avoir du matériel de protection?», lance la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Sophie Veilleux.

Celle qui représente les professeurs de la commission scolaire du Val-des-Cerfs estime que le gouvernement doit absolument fournir des masques aux enseignants.

«Ça serait un minimum, dit-elle. Personne n’a envie de tester s’il aura des complications s’il attrape la COVID-19 et les profs ne sont pas différents du reste de la société. Partout, les gens en ont et je veux des mesures appropriées pour les enseignants.»

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Québec a indiqué que les éducatrices des services de garde devront porter un masque qui leur sera fourni, mais pas les enseignants à l’école.

«On n’a pas de recommandation à l’effet d’imposer un équipement de protection aux enseignants et aux enseignantes dans nos écoles», a confirmé le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, lors d’un point de presse lundi.

Superficie

Du côté de la commission scolaire des Hautes-Rivières, on se questionne également sur la façon de protéger les employés et si le port du masque serait une bonne idée.

Au Syndicat de l’enseignement du Haut-Richelieu (SEHR), on souligne de plus qu’il sera aussi difficile, voire impossible, de faire respecter une distanciation de deux mètres dans toutes les classes, et ce même avec une quinzaine d’élèves seulement.

«La majorité des locaux ne peuvent accueillir 15 élèves et respecter une distance de deux mètres», dit Ysabel Racine, agente d’information au SEHR.

«C’est très insécurisant, et je ne vois pas pourquoi il y aurait deux poids, deux mesures pour les profs. Personne n’a le goût d’être malade.»

«Je ne vois pas pourquoi il y aurait deux poids, deux mesures pour les profs, dit Ysabel Racine du Syndicat de l’enseignement du Haut-Richelieu. Personne n’a le goût d’être malade.»

D’autant plus qu’un enfant «c’est pas parce qu’on lui dit de rester à deux mètres de distance des autres qu’il le fait», dit Sophie Veilleux.

«L’employeur doit s’assurer que les conditions de travail sont sans risque pour tout le monde. Dès qu’on saura que c’est sécuritaire, on va être heureux de retourner en classe.»

Stratégie

Les enseignants ont hâte de retourner travailler à temps plein, dit Ysabel Racine. «Ils aiment mieux être dans leur classe que d’enseigner à distance.»

Car cette stratégie à ses limites, surtout au primaire. Tous les élèves ne peuvent être joints ou ont accès à un ordinateur, rappelle-t-elle.

Dans le même ordre d’idée, autant Mme Racine que Mme Veilleux espèrent que les élèves plus «vulnérables» fassent partie de ceux qui reviendront en classe au plus vite.

Elles se demandent toutefois ce qui arrivera de ceux dont les parents feront le choix de les garder à la maison. «Qui fera le suivi avec ces élèves?», s’interroge la présidente du SEHY.

Le retour en classe se fera le 11 mai pour les élèves du primaire de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, précise la coordonnatrice aux communications Paméla Blouin.

Du côté des Hautes-Rivières, c’est aussi cette date qui est retenue, mais Céline Falardeau, directrice du Service des affaires juridiques et des communications, ne pouvait être formelle, lundi.

-Avec la collaboration de La Presse Canadienne