Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le CIUSSS de l’Estrie devra augmenter de 50% sa capacité à recevoir des patients atteints de la COVID-19. 
Le CIUSSS de l’Estrie devra augmenter de 50% sa capacité à recevoir des patients atteints de la COVID-19. 

Les deux hôpitaux de Sherbrooke « sous très haute surveillance »

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
« La situation est sous très haute surveillance » dans les deux hôpitaux sherbrookois aux prises avec une augmentation importante du nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19.

« La préoccupation de la deuxième vague de la pandémie, ce n’est pas d’avoir des lieux physiques, d’avoir accès à certains médicaments ou à du matériel ou d’avoir suffisamment de respirateurs, c’est la situation de la disponibilité du personnel et des professionnels », affirme la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Avec 70 de ses 74 lits réservés à la COVID-19 occupés, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS se prépare à ouvrir 37 lits supplémentaires aussitôt que ce sera nécessaire.

« À ce moment-ci, les espaces physiques et le personnel sont déjà ciblés », affirme la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le service des soins intensifs est moins sollicité pour le moment avec 10 lits occupés sur une possibilité de 25 lits réservés à la clientèle COVID-19 (voir graphique).

« Pour les soins intensifs, nous nous préparons aussi à la possibilité d’ouvrir 50% plus de lits si les besoins augmentent », ajoute la Dre Bellavance.

Les projections de l’INESSS laissent d’ailleurs présager un dépassement des capacités hospitalières en Estrie – comme presque partout au Québec – au cours des prochaines semaines.

Rappelons-le : les gens atteints de la COVID-19 développent généralement des complications plusieurs jours après avoir contracté la maladie, complications qui s’aggravent suffisamment pour nécessiter une hospitalisation encore quelques jours plus tard… On parle donc de trois phases dans la maladie.

Le 8 janvier, il y a quatre jours à peine, le Québec a franchi pour la première fois la barre des 3000 nouveaux cas quotidiens. Même si la tendance est à la baisse depuis quatre jours, une nouvelle vague de patients COVID à hospitaliser est à prévoir.

Les éclosions compliquent tout

Le CIUSSS de l’Estrie fait face à différentes situations qui viennent tout compliquer. D’abord, plusieurs de ses CHSLD sont aux prises avec des éclosions. Du personnel atteint de COVID-19 doit donc s’absenter du travail. Du personnel supplémentaire est requis pour toutes les tâches nécessaires aux soins des aînés. Et des éclosions sont aussi en cours dans de nombreux départements hospitalisations.

C’est notamment le cas à l’Hôpital Fleurimont où huit éclosions sont en cours dans différents départements.

La pression est donc très forte sur le réseau considérant ces trois facteurs : une augmentation du nombre d’éclosions dans les hôpitaux et les CHSLD, combinée à la hausse des hospitalisations liées à la COVID-19 et à une pénurie de personnel qui existait longtemps avant la pandémie.

De plus, pour faire face à la hausse des demandes d’hospitalisations, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a ouvert deux sites non traditionnels de soins, dans deux anciens couvents, afin d’y loger tous les patients de façon sécuritaire. Mais il faut opérer ces sites avec le même bassin de personnel.

Avec les éclosions, plusieurs travailleurs s’absentent aussi du travail pendant dix jours après un diagnostic positif ou pendant 14 jours s’ils ont été en contact étroit avec une personne atteinte de la COVID-19.

« Le risque que notre personnel et nos médecins s’absentent de façon ponctuelle est plus élevé en ce moment », souligne la Dre Bellavance.