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L’annonce de cette nouvelle obligation de porter le masque à l’extérieur en toutes circonstances ou presque avait soulevé frustration, incompréhension et confusion au sein de la population.
L’annonce de cette nouvelle obligation de porter le masque à l’extérieur en toutes circonstances ou presque avait soulevé frustration, incompréhension et confusion au sein de la population.

Legault recule sur le masque à l’extérieur

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Le gouvernement Legault recule sur l’obligation du port du masque à l’extérieur dans certaines situations. Par exemple, les golfeurs, les joueurs de tennis et les membres d’un couple qui n’habitent pas ensemble, mais qui peuvent se visiter, n’auront plus l’obligation de se couvrir la bouche et le nez quand ils sont en plein air.

Le premier ministre du Québec l’a précisé dans une publication sur sa page Facebook, mercredi après-midi.

L’annonce de cette nouvelle obligation de porter le masque à l’extérieur en toutes circonstances ou presque avait soulevé frustration, incompréhension et confusion au sein de la population. Le fait que l’information avait en plus été diffusée dans un simple communiqué, la semaine passée, n’a fait qu’ajouter au scepticisme envers cette mesure renforcée.

«Au cours des derniers jours, plusieurs personnes sont revenues sur l’obligation du port du masque à l’extérieur. L’objectif de cette mesure, c’est d’empêcher la transmission du virus quand des personnes d’adresses différentes restent à moins de deux mètres. J’ai donc demandé de préciser le décret pour que cette obligation s’applique seulement aux situations où il peut être difficile de respecter en tout temps la distance de deux mètres avec des personnes qui n’habitent pas avec nous», explique François Legault, dans son message de sept paragraphes.

Marcher à distance

À retenir : le masque s’avère obligatoire à l’extérieur si vous êtes avec des gens qui ne sont pas de votre bulle familiale et qu’un écart de 2 m est difficile à conserver.

«Dans une situation où on est certain de toujours rester à plus de deux mètres, par exemple le tennis ou le golf, ou assis dans un parc, il n’est pas nécessaire de porter le masque. On se comprend aussi qu’un couple qui n’habite pas à la même adresse, mais qui entretient des relations intimes n’a pas à porter un masque. Pas plus qu’une personne seule qui s’est greffée à une bulle familiale. Même chose quand deux personnes marchent ensemble, mais à bonne distance», poursuit M. Legault.

Le premier ministre souligne que «les policiers vont exercer leur jugement avant de sanctionner des contrevenants. Je compte donc sur les Québécois pour être prudents tout en utilisant leur gros bon sens».

Mais «soyons donc plus prudents que jamais. Pourquoi prendre une chance de contaminer un ami ou un proche ou d’être contaminé soi-même? Si vous avez le moindre doute, portez votre masque», demande encore le premier ministre.

«Pas vu passer»

Dans son point de presse de mardi, M. Legault a affirmé ne pas avoir été attentif à cet avis de la Santé publique, la semaine dernière.

«Je ne l’avais pas vu passer», a-t-il d’abord reconnu. «Peut-être que ça m’avait été dit, mais je n’étais pas au courant», a-t-il ensuite précisé, en réponse à un journaliste.

Directeur national de la santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda justifiait cette décision par un souci de protection supplémentaire, dans ce même point de presse.

«L’objectif qu’on a n’est pas d’écœurer les gens, c’est de les protéger. On voit des cas chez des plus jeunes actuellement. Les gens peuvent se retrouver rapidement aussi hospitalisés aux soins intensifs. Et, dans ce contexte-là, on considère que le préjudice porté par un masque versus la protection que ça peut apporter vaut la peine d’être fait, et c’est notre recommandation», déclarait mardi le Dr Arruda.

Quant aux bases scientifiques d’une telle mesure élargie, Dr Arruda admettait un certain flou.

«On n’a pas d’étude contrôlée, on n’a pas fait de tests à l’extérieur. Ce qu’on sait, c’est que, même à l’extérieur, quand vous parlez, quand vous éternuez ou vous toussez, vous projetez des particules. Si vous êtes à l’intérieur d’une zone de deux mètres, il y a donc possibilité d’exposition, et c’est dans ce contexte-là.

«Il faut comprendre que, quand on fait une enquête auprès d’un cas, les gens peuvent avoir été à l’extérieur, à l’intérieur puis à bien des endroits. Donc, ça devient difficile. Mais donc c’est dans cette perspective-là de mesures de protection. Comme je vous le dis, les études contrôlées ne sont pas évidentes à faire dans ce domaine-là, mais par consensus d’experts, compte tenu de la très grande transmissibilité des variants, compte tenu du fait qu’à l’extérieur, à moins de deux mètres il y a quand même des particules, cette recommandation-là a été retenue par nos experts, par consensus», a-t-il défendu.