« On s’est trouvé des moyens pour garder contact avec les élèves et leurs parents », dit l’enseignant Dominique Gauthier (accompagné ici de ses enfants Emma, Livia et Samuel) qui suggère des exercices autant physiques que mentaux par internet.

Leçons et exercices sur internet: les initiatives se multiplient

Même si les écoles sont fermées, des enseignants rivalisent de créativité pour proposer des apprentissages à leurs élèves via internet.

C’est le cas de Dominique Gauthier, qui enseigne l’anglais, l’art dramatique, l’éducation physique et l’univers social à l’école primaire privée Les jeunes explorateurs, à Granby.

« On s’est trouvé des moyens pour garder contact avec les élèves et leurs parents », indique l’enseignant de 43 ans qui publiait déjà des capsules informatives.

Il a accéléré la cadence depuis le début de ce printemps de confinement. On peut notamment le voir, sur YouTube, proposer des activités physiques — et en anglais s’il vous plaît, histoire d’enseigner deux matières à la fois.

Mais la plupart de ses communications transitent à travers un réseau dédié au monde de l’éducation et auquel ses élèves de 1re, 2e et 3e année ont accès.

Et ça fonctionne ! Les demandes et preuves de participation « rentrent à la pelletée », dit-il. « Les élèves en veulent plus ! »

Il répond ainsi aux préoccupations de certains parents inquiets que leurs enfants activent moins leurs neurones et leur physique depuis une semaine.

Suggestions

Rien n’est obligatoire, bien entendu, et les exercices proposés — par exemple, regarder une émission de télévision en anglais et s’en inspirer pour faire un dessin ou un court texte — ne seront pas notés.

« L’objectif, c’est de suggérer des choses, dit M. Gauthier. C’est du soutien pédagogique. Ça leur permet aussi de garder un lien avec leurs amis. »

D’autres établissements privés ont emboîté le pas, comme le collège du Mont-Sacré-Coeur et l’école secondaire du Verbe divin, aussi à Granby.

« On a demandé à notre personnel de rester vivant, actifs avec leurs élèves », dit Jean Striganuk, directeur général du Verbe Divin. « C’est libre à chacun des enseignants. »

Il reconnaît que « certaines matières sont plus difficiles à enseigner à distance que d’autres », comme l’histoire et la géographie, dont les manuels sont restés à l’école.

« On vit une crise que personne n’avait imaginée et tout le monde essaie de faire de son mieux. »

Rivalité

Interrogé par La Voix de l’Est, le directeur du Mont-Sacré-Coeur, Claude Lacroix, hésite d’abord à s’exprimer au sujet de ces initiatives.

« On ne veut pas se vanter de ça », dit-il. Tous les professeurs ne sont pas à l’aise avec la technologie et certains élèves n’ont pas accès à l’internet haute vitesse. Il y en a, aussi, qui vivent de l’anxiété à l’école et « les inonder de travaux, ça peut en créer davantage ».

Mais comme ailleurs, il a suggéré à son personnel d’offrir certaines activités à distance. « Le cerveau est un muscle qu’il faut continuer d’exercer. »

Pourquoi les enseignants du privé en font davantage que ceux du public, bien qu’aucun n’en ait l’obligation ?

Les écoles privées ont souvent accès à une meilleure technologie et leur clientèle peut être plus aisée, ce qui facilite ce type de communication, soumet Sophie Veilleux, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, qui représente les enseignants de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

« Au public, plusieurs élèves n’ont pas l’internet à la maison », dit-elle. Elle précise aussi que sauf exception, les enseignants du réseau public n’ont pas été autorisés à retourner chercher leur matériel dans leurs classes, ce qui n’est pas nécessairement le cas au privé.

Mme Veilleux insiste sur le fait qu’« il ne faut pas ostraciser les enseignants qui ne le font pas ni glorifier ceux qui le font ». « Tout le monde fait avec les moyens techniques qu’il a. »