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Le vaccin AstraZeneca n’est pas administré en Estrie

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
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Devant l’inquiétude que provoque l’AstraZeneca au sein de la population, le directeur de la campagne de vaccination en Estrie, Jean Délisle, a tenu à préciser que ce vaccin n’était pas administré dans les différents centres de vaccination répartis sur tout le territoire.

« En ce moment, l’AstraZeneca n’est pas administré en Estrie », a déclaré M. Délisle, mercredi, lors de la mêlée de presse hebdomadaire visant à faire le point sur la campagne de vaccination.

La présence du « vaccin mal-aimé » inquiète de plus en plus de citoyens qui se présentent dans les différents centres de vaccinations. Mercredi, des citoyens qui sortaient du Centre de foires de Sherbrooke se sont d’ailleurs fait demander s’ils avaient reçu l’AstraZeneca.

Depuis le début de la campagne, quelque 200 doses d’AstraZeneca (ou son dérivé CoviShields) ont été administrées en Estrie à des personnes âgées de moins de 55 ans. « Ce qui représente environ 4 % de l’ensemble des doses que nous avions », a précisé M. Délisle

Préoccupation

Reste que la confusion entourant le vaccin AstraZeneca soulève des préoccupations. Non seulement parmi les citoyens, mais aussi parmi les responsables de la vaccination en Estrie. Ceux-ci espèrent que les « différents messages » seront bientôt corrigés afin que l’objectif de vacciner tous les Estriens qui le désirent soit atteint d’ici le 24 juin.

Au cours de la mêlée de presse tenue mercredi, tant le Dr Alex Carignan que le directeur de la campagne Jean Délisle se sont dit « préoccupés » par les multiples revirements des autorités publiques à l’égard de ce vaccin mis au point par AstraZeneca et l’Université d’Oxford.

Après avoir été jugée « à risque » en Europe pour les personnes âgées 65 ans et plus, l’inoculation de l’AstraZeneca est maintenant temporairement suspendue au Québec et au Canada pour les gens âgés de moins de 55 ans, après avoir été recommandé par Santé Canada et la Direction de la santé publique du Québec. 

Cette confusion a pour effet de placer les citoyens devant un dilemme inquiétant : accepter ou refuser de se faire vacciner avec ce qu’il est convenu d’appeler « le mal-aimé des vaccins »?

« Je peux comprendre, effectivement, que pour les gens, il y a un mauvais message qui circule sur ce vaccin-là, convient le Dr Carignan, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Effectivement, il y a eu différents messages. Et le parcours du vaccin AstraZeneca est cahoteux depuis le début », a-t-il reconnu.

Membre actif du Comité sur l’immunisation du Québec qui a décrété la suspension temporaire du vaccin depuis mardi, le Dr Carignan continue néanmoins de croire à l’utilité et l’efficacité de l’AstraZeneca parmi l’arsenal de vaccins permettant de combattre la COVID-19.

« Tant qu’on continue à l’utiliser, on est convaincu de son efficacité et de son utilité comme arme. On a besoin de plusieurs armes actuellement pour combattre la pandémie. Mais c’est certain qu’au niveau relations publiques, c’est plus difficile. »

Tout comme le Dr Carignan, le directeur de la campagne de vaccination en Estrie, Jean Délisle, se dit lui aussi préoccupé par les revirements entourant l’AstraZeneca, mais que son rôle est d’abord et avant tout de s’assurer que les vaccins acheminés en Estrie sont distribués efficacement.

« On a tous des préoccupations, on a tous des inquiétudes. Je les ai comme citoyen. Je suis préoccupé de ce qu’on va pouvoir atteindre comme objectif, mais on met tout en œuvre pour les atteindre. Je suis très sensible à la préoccupation des citoyens. Il y a une partie de communication qui ne m’appartient pas nécessairement, qui appartient au Ministère. En fond d’écran, on fait tous les travaux, tous les dialogues pour arriver à atteindre nos objectifs et rattraper la situation dans les prochaines semaines. »

60 500 Estriens vaccinés

Depuis le début de la campagne, 60 582 Estriens ont reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19, a indiqué M. Délisle. La campagne a atteint un sommet mardi lorsque 3500 personnes ont reçu leur première dose au cours de cette journée.

« Ce qui veut dire que nos capacités, de vacciner entre 25 000 à 30 000 personnes sur sept jours, sont déjà au rendez-vous. Nos objectifs de se rendre à 40 000, voire 50 000, sont réalisables et en préparation. 

La campagne visant à administrer la deuxième dose se mettra en branle à la mi-avril. 

« Malgré les annonces entourant l’AstraZeneca, nous avons toujours l’objectif de vacciner toutes les personnes qui le souhaitent avant le 24 juin », a exprimé M. Délisle. 

Pour l’heure, a-t-il ajouté, l’objectif reste de vacciner les personnes âgées de 65 ans et plus. 

« Dès qu’on aura complété les 65 ans et plus et nos groupes les plus vulnérables déjà identifiés, on va être autorisé éventuellement à ouvrir (des plages horaires) sur d’autres groupes. La priorisation prévu par le Ministère doit suivre son cours. »