À cause de la distanciation, la santé publique n’autorisera que des demi-groupes d’une quinzaine d’étudiants par classe à la fois, ce qui doublera la charge de travail des professeurs, souligne le Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Granby.
À cause de la distanciation, la santé publique n’autorisera que des demi-groupes d’une quinzaine d’étudiants par classe à la fois, ce qui doublera la charge de travail des professeurs, souligne le Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Granby.

Le retour en classe préoccupe les enseignants du Cégep

La perspective d’une rentrée hybride, qui conserverait une portion d’enseignement à distance tout en privilégiant la présence en classe, inquiète les enseignants du Cégep de Granby qui craignent de manquer d’effectifs.

À cause de la distanciation, la santé publique n’autorisera pour l’instant que des demi-groupes d’une quinzaine d’étudiants par classe à la fois, ce qui doublera la charge de travail des professeurs, indique Camille Dubuc, président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Granby (SEECG).

«On va manquer de profs», dit M. Dubuc, une réalité pour laquelle «le financement n’a pas été ajusté».

«Actuellement, le Ministère étudie la question et n’a pas encore donné de réponse. Mais on aurait tout à gagner d’avoir le financement supplémentaire demandé. Nous formons, pandémie ou non, le Québec de demain.»

Malgré cette embûche, les enseignants du Cégep préfèrent que les cours soient le plus possible donnés «en présentiel», soit dans une classe avec les élèves pour des raisons de compréhension, de soutien et de motivation.

«La communication à distance a des limites, dit Nancy Rousseau, vice-présidente aux affaires pédagogiques au SEECG. Elle rend beaucoup plus difficile l’encadrement, ce qui n’est pas sans conséquence pour la population étudiante, en particulier pour celles et ceux qui vivent des difficultés particulières.»

La dernière session, qui a pris fin il y a quelques jours, s’est terminée entièrement à distance pour la plupart des élèves.

«Le contact et l’accompagnement sont des facteurs de motivation, dit M. Dubuc. L’étudiant qui suit son cours de chez lui est moins motivé à travailler.»

«On va manquer de profs», appréhende le président syndical Camille Dubuc.

Des cours à l’extérieur?

Le SEECG tient cependant à ce que la prochaine rentrée se fasse de façon sécuritaire pour les élèves et tout le personnel.

Dans cette optique, il suggère de tenir des cours dans de grandes salles situées à l’extérieur du Cégep de Granby comme un cinéma, un centre communautaire ou au centre Notre-Dame, où de la formation technique est déjà offerte.

Joint mercredi, le directeur général du Cégep de Granby, Yvan O’Connor, souligne que les budgets actuels ne permettent pas d’emprunter des locaux supplémentaires.

Bien que Québec souhaite que tous les élèves des cégeps et universités rentrent physiquement en classe en septembre, les scénarios les plus probables font état d’un pourcentage d’enseignement encore donné à distance. «C’est sûr qu’on ne sera pas à 100 % en présentiel en septembre», dit Camille Dubuc.

Un protocole de rentrée sécuritaire, doublée d’une activité de rencontre, est en préparation au Cégep de Granby. «On veut créer un contact avec les étudiants pour favoriser un enseignement plus humain, surtout pour ceux qui arrivent du secondaire et qui ont eu une fin d’année abrupte», assure le président du SEECG.