Marie-Ève Robert, propriétaire de Belles R’Belles à Granby
Marie-Ève Robert, propriétaire de Belles R’Belles à Granby

Le retour attendu des rendez-vous chez le coiffeur

Désinfection des lieux et lavage de mains entre chaque client, capacité d’accueil réduite et port du masque. Telle est la nouvelle réalité des salons de coiffure. Malgré cela, les propriétaires sont impatients de renouer avec leurs clients, ne serait-ce que pour prendre de leurs nouvelles tout en leur refaisant une beauté capillaire.

Exit les salles d’attente : les clients devront se rendre directement à la chaise de leur coiffeur. Celle-ci sera à deux mètres de distance des autres et désinfectée entre chaque rendez-vous, une pratique universelle chez les coiffeurs sondés.

Chaque employé sera autorisé à prendre un client à la fois, ce qui entraîne une gestion d’horaire différente, selon Marie-Ève Robert, propriétaire de Belles R’Belles à Granby.

« Ça représente la moitié des clients que je peux faire dans une journée », estime-t-elle.

Les sept coiffeuses du salon avaient une centaine de retours d’appels à faire pour planifier les rendez-vous annulés. « Pour les nouveaux clients, ça ne va pas avant un mois pour avoir un rendez-vous. Il faut s’armer de patience », dit-elle.

Alain Mailloux, propriétaire de Coiffure Les Têtes Folles à Granby

Doutes

Mme Robert ne cache pas que certaines coiffeuses sont stressées avec les nouvelles mesures, qui risquent d’être difficiles à respecter en tout temps. « Mais en général, elles sont contentes de recommencer », dit celle qui a profité du confinement pour revoir le décor de son salon, rue Denison Est, à Granby.

Même si Alain Mailloux, propriétaire de Coiffure Les Têtes Folles, a pris toutes les précautions nécessaires, il sait que le deux mètres de distance sera impossible à respecter avec le client lorsqu’il le coiffera. Comme les autres, il mise sur le port du masque et de la visière pour minimiser le risque de contagion. Il s’est également muni d’un appareil pour désinfecter ciseaux et brosses. « Tout ce qui touche au client va être désinfecté », assure-t-il.

Le masque, s.v.p.

Ce dernier anticipe toutefois le port du masque. « Dejà, avec un séchoir on a chaud, concède-t-il. Avec le masque, ça ajoute une difficulté. »

Si les coiffeurs doivent porter le masque, ces derniers recommandent fortement la même chose aux clients.

Au Bar à coupe de Granby, la copropriétaire Linda Beaudoin voyait les mesures de protection d’un bon œil.

« De nature, on n’est pas réfractaire au changement. Si c’est ça notre nouvelle réalité, on va s’adapter », lance-t-elle.

PHYSIOTHÉRAPIE: LA TÉLÉRÉADAPTATION VA DEMEURER

Les cliniques de soins thérapeutiques pourront revoir leurs patients en personne dès lundi. Certains physiothérapeutes continueront toutefois de favoriser la téléréadaptation, comme ils le faisaient déjà depuis le début de la pandémie. « Ce sera un mix des deux », indique Marie-Josée Lalonde, physiothérapeute et propriétaire du Complexe Physio Mouvement Santé. 

« Pour certains clients qui viennent de loin et qu’on voit trois fois par semaine, l’une des fois va probablement être en téléréadaptation pour l’éducation et la révision des exercices afin de limiter le nombre de personnes à la clinique », poursuit-elle. 

Du côté de la Polyclinique, le propriétaire et physiothérapeute Francis Valcourt est du même avis. 

« Des suivis vont être faits au niveau des programmes d’exercice, de l’enseignement d’exercices. Ça se fait très bien en téléréadapation. »

Il affirme néanmoins qu’il commençait à sentir de la pression de la part de sa clientèle d’obtenir des soins « en personne ». 

« Il était temps, dit-il. Des cas qu’on voyait avant la COVID commençaient à se complexifier. »

« On va essayer d’utiliser notre jugement professionnel pour voir si on a vraiment besoin de faire déplacer la personne. Si on doit faire des techniques de thérapie manuelle, oui, on va la voir. Dans la science, par rapport à la physiothérapie, plein de choses ont démontré que c’est l’activation de la posture et le renforcement qui est efficace. La téléréadaptation est un outil qui va rester. Ça fait longtemps que je voulais le développer », explique pour sa part Mme Lalonde.