«En ce moment, le conseil et moi, on s’affaire à gérer une crise, pas à gérer des égos, ni cette situation-là», affirme le maire Pascal Bonin au sujet du départ au Mexique du conseiller Éric Ducheneau.
«En ce moment, le conseil et moi, on s’affaire à gérer une crise, pas à gérer des égos, ni cette situation-là», affirme le maire Pascal Bonin au sujet du départ au Mexique du conseiller Éric Ducheneau.

Le maire de Granby désapprouve le comportement du conseiller Duchesneau

Le maire de Granby, Pascal Bonin, n’approuve pas la décision du conseiller municipal, Éric Duchesneau, qui a manifesté le désir de participer à la prochaine séance du conseil municipal lundi par vidéoconférence, malgré le fait qu’il soit au Mexique en pleine pandémie depuis la semaine dernière.

«Je trouve que cette décision-là, cette attitude-là, n’est pas celle de mon organisation ni celle de mon conseil. Je désapprouve totalement le geste qu’il a posé. Mais comme élu, il a des droits. La question a été posée à plusieurs reprises, mais un maire ne peut pas demander ou exiger la démission de quelqu’un», a-t-il affirmé, à l’occasion d’un point de presse vendredi.

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Le maire a annoncé que la prochaine séance ordinaire se déroulera par vidéoconférence pour l’ensemble des conseillers municipaux. Elle sera diffusée en direct sur le site web de la Ville ainsi que sur les ondes de MAtv, à compter de 19h. Seuls le maire, le directeur général et la directrice des services juridiques, aussi greffière, seront à l’hôtel de ville. Les citoyens pourront envoyer leurs questions par courriel à questions@granby.ca.

Selon Pascal Bonin, la loi permet au conseiller Duchesneau d’assister aux séances du conseil à distance. «Il va le faire si c’est son désir, mais ce n’est pas nécessairement le souhait du conseil. En ce moment, le conseil et moi, on s’affaire à gérer une crise, pas à gérer des égos, ni cette situation-là», a ajouté Pascal Bonin.

La Voix de l’Est a rapporté plus tôt cette semaine qu’Éric Duchesneau, conseiller municipal du district huit, s’est envolé la semaine dernière vers Acapulco, au Mexique, alors qu’un avertissement a été émis aux voyageurs pour qu’ils évitent les déplacements non essentiels à l’extérieur du Canada.

La perspective d’être confiné seul à la maison, alors qu’il souffre d’une dépression, l’a incité à poser ce geste précipité, avait expliqué M. Duchesneau par Messenger.

«Le premier ministre et les gouvernements ont été très clairs sur le fait qu’il ne faut pas voyager. Là-dessus, je ne peux pas cautionner son geste. Mais il faut être humain à travers ça. Et s’il y a quelqu’un de sensible à ça, c’est bien moi», avait alors commenté Pascal Bonin.

Vendredi, le maire avait toutefois durci le ton.

«La défense que j’ai apportée à M. Duchesneau s’est arrêtée à l’article de La Voix de l’Est. À partir de maintenant, M. Duchesneau répondra par lui-même aux questions. Mais moi, en tant que porte-parole du conseil, je n’appuie aucunement la façon dont M. Duchesneau s’est comporté et ses commentaires dans les derniers jours», a-t-il laissé tomber.

Pas un touriste

Joint à nouveau au Mexique vendredi, Éric Duchesneau a confirmé sa volonté de prendre part à la séance. Il est convaincu d’être en mesure d’effectuer son travail à distance. C’est d’ailleurs ce que font plein de gens, en cette période de pandémie, relève-t-il.

L’élu affirme par ailleurs n’avoir manqué aucune séance publique au cours des dernières années.

Éric Duchesneau précise en outre qu’il n’habite pas dans un «resort» de plage, mais chez des membres de sa «famille». Son attachement avec le Mexique remonte à plusieurs années. Il considère l’endroit comme sa deuxième maison. Il dit y avoir plusieurs amis et parler couramment l’espagnol. Son ex-conjointe, avec qui il a eu deux enfants, est Mexicaine.

«Je ne suis pas un touriste. (...) J’y vais trois ou quatre fois par année en ayant une note parfaite de zéro absence (au conseil)», relève-t-il.

Alors que des médias ont publié une photo de lui le montrant à l’hôtel Oasis Coyoacan, Éric Duchesneau assure que cette photo a été prise l’an dernier et non récemment. Il ne se trouve d’ailleurs pas à cet endroit actuellement, dit-il.

L’élu s’engage par ailleurs à demeurer en confinement chez lui durant 14 jours à son retour. Il a affirmé avoir déjà réservé un billet sur le premier vol de retour disponible, le 1er mai prochain, «si tout va bien».