«Je ne veux pas que le côté économique de la situation ne l’emporte sur la santé et la sécurité de nos employés et de nos clients», affirme le fondateur de SOS Dépannage, Norman Dunn.
«Je ne veux pas que le côté économique de la situation ne l’emporte sur la santé et la sécurité de nos employés et de nos clients», affirme le fondateur de SOS Dépannage, Norman Dunn.

Le magasin de SOS Dépannage reste fermé

Malgré le feu vert du gouvernement du Québec permettant aux commerces ayant un accès extérieur d’ouvrir leurs portes dès ce lundi, la direction de SOS Dépannage a choisi de garder celles de son magasin fermées.

Il a été déterminé, au cours d’une rencontre d’équipe virtuelle, de ne pas ouvrir le magasin général — avec le Café des trois pommiers, il permet d’amasser près des trois quarts des revenus annuels de SOS Dépannage — pour des raisons de sécurité et de logistique, a confirmé vendredi le fondateur de l’organisme, Norman Dunn.

« Pour être conforme, il faudrait implanter certaines mesures de sécurité et d’hygiène qui seraient trop contraignantes pour nous, c’est pourquoi on a décidé de ne pas ouvrir », indique celui qui s’attendait plutôt à ce que le gouvernement entame le déconfinement progressif à la fin de l’été, voire à l’automne.

Il y a quelques semaines, SOS Dépannage avait choisi de fermer son magasin où sont vendus les biens de deuxième main offerts par la population, de même que son restaurant. Quarante-deux employés de l’organisme avaient alors été mis à pied.

« Pour faire rouler tous nos services, il faudrait rappeler tout le monde, souligne M. Dunn. Il faudrait aussi s’assurer que tout le monde porte des masques et des gants en plus de garantir un service de livraison sécuritaire. Ce n’est pas tout le monde qui voudrait aller chez les gens pour leur livrer des choses. »

C’est sans compter que des employés devraient être affectés à l’accueil pour s’assurer qu’il n’y a pas trop de clients en même temps dans la boutique et que tout le monde respecte une distance minimale avec les autres une fois à l’intérieur.

« Au final, ça me coûterait plus cher d’ouvrir le magasin que l’argent que je pourrais y faire, calcule M. Dunn. Je ne veux pas que le côté économique de la situation ne l’emporte sur la santé et la sécurité de nos employés et de nos clients. »

Les dons toujours sur la glace

Qui plus est, la réouverture du magasin signifierait de recommencer à accepter les dons d’objets, suspendus depuis le début de la pandémie. « On a mis des pancartes à l’extérieur et on a bloqué l’accès pour que les gens ne viennent pas se débarrasser de leurs choses pendant la crise, explique M. Dunn. Si on ouvrait, il faudrait qu’on entrepose tous les dons pendant au moins trois jours avant de pouvoir les vendre. Ça prendrait beaucoup d’espace. »

« Et si on décidait d’ouvrir une seule journée pour permettre aux gens de venir nous porter leur stock, ça serait aussi difficile, car on devrait leur faire faire la file pendant que nos employés font le tri sur place de ce qu’on peut reprendre », illustre le directeur général, qui dit recevoir une dizaine d’appels chaque jour de la part de citoyens désireux de venir porter les articles dont ils n’ont plus besoin.

« On a vu à quel point il y a eu beaucoup de gens qui sont allés à l’écocentre pour aller y porter des choses quand il a fini par ouvrir, illustre M. Dunn. Nous, on a très peur de ça. »

Il n’est toutefois pas exclu que le magasin général de SOS Dépannage redevienne accessible au public d’ici les prochaines semaines. « On n’ouvrira pas tout de suite, mais on va suivre la situation pour voir comment se déroule le confinement, note M. Dunn. Quand on sera à l’aise et qu’on sentira qu’on pourra rouvrir en toute sécurité, on le fera. »

Pour l’instant, seule la banque alimentaire de l’organisme, son principal service, est demeurée ouverte, et ce, sous de strictes conditions pour limiter toute propagation éventuelle de la COVID-19. Il faut notamment prendre un rendez-vous et une seule personne par famille doit se présenter à l’heure pour récupérer les denrées.

Le financement des organismes à revoir

Selon M. Dunn, la pandémie met en péril les méthodes traditionnelles de financement des organismes communautaires. Ceux-ci devront donc rivaliser d’ingéniosité afin d’amasser les fonds nécessaires à leur fonctionnement.

« Il va falloir qu’il se passe quelque chose, dit-il. Nous, on peut durer encore un petit bout parce que les gens sont très généreux, mais ceux qui se financent avec des tournois de golf ou des soupers, tout est annulé. »