La séance du conseil municipal de la Ville de Granby s’est déroulée par visioconférence lundi soir.
La séance du conseil municipal de la Ville de Granby s’est déroulée par visioconférence lundi soir.

Le départ du conseiller Duchesneau dénoncé en bloc par ses pairs

Les élus de Granby ont dénoncé en bloc lundi le départ inopiné du conseiller municipal Éric Duchesneau au Mexique, il y a deux semaines, malgré l’avertissement émis aux voyageurs pour qu’ils évitent les déplacements non essentiels à l’extérieur du Canada.

Ses collègues ont tour à tour exprimé leur «profond malaise» face à ce que certains ont qualifié de «manque flagrant de jugement» et de «manque de respect», lors de la séance du conseil qui s’est déroulée par visioconférence pour l’ensemble des conseillers municipaux. Seuls le maire, Pascal Bonin, le directeur général de la Ville, Michel Pinault, et la directrice juridique, également greffière, Catherine Bouchard, se trouvaient à l’hôtel de ville.

Éric Duchesneau, qui a invoqué une dépression pour justifier son départ, était également présent, à distance. La conseillère Catherine Baudin était absente.

Le sujet s’est d’ailleurs rapidement imposé à l’ordre du jour, puisque trois citoyens ont dénoncé le départ du représentant du district huit, dès la première période de questions de la séance.

Une citoyenne, Chantal Fontaine, a demandé sa démission à son retour, tandis qu’un autre, Richard Dubé, a suggéré à Éric Duchesneau de faire un don à un organisme de santé mentale d’un montant équivalent au coût de son voyage.

Le maire Bonin a réitéré qu’un maire ne «peut pas exiger» la démission d’un élu. La directrice des services juridiques a précisé qu’un élu peut se voir «confirmer la fin de son mandat lorsqu’il fait défaut d’assister aux séances du conseil» durant une période de 90 jours.

Pause demandée

Le conseiller Jocelyn Dupuis a tenu à se «dissocier» de ce qu’il considère comme un «manque de jugement» de la part du conseiller Duchesneau.

«Cette décision discrédite vraiment notre travail d’élu municipal. Pire encore, je ressens un profond malaise, particulièrement concernant la crédibilité de Granby. À travers le Québec, et même le Canada, notre ville a perdu énormément de prestance. Déjà que nous étions associés à des cas de COVID-19, nous voici maintenant reliés à un conseiller municipal délinquant qui a décidé d’agir de son propre chef sans se soucier des conséquences», a-t-il déploré.

M. Dupuis a du même souffle suggéré à Éric Duchesneau de démissionner de son propre chef. Sinon, il l’invite à prendre un temps d’arrêt, afin de se remettre sur pied.

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«Je conseille à M. Duchesneau de prendre 90 jours et de revenir avec une meilleure santé. Je ne suggère pas que M. Duchesneau assiste aux prochaines réunions», a dit Alain Lacasse.

Sa collègue Denyse Tremblay a abondé dans le même sens.

«Un élu a le devoir de montrer l’exemple. Ce que M. Duchesneau a fait, c’est inacceptable», a pour sa part commenté Julie Bourdon.

Robert Riel et Jean-Luc Nappert ont tous deux souligné que la population aura à se prononcer aux prochaines élections municipales. «La seule chose qu’on peut demander, c’est que la population s’en souvienne en novembre 2021», a dit M. Nappert.

«La maladie mentale reste une maladie qui doit être traitée, soignée. Il faut prendre du temps. J’aurais aimé qu’il soit traité ici», a renchéri Stéphane Giard tout en soulignant sa déception qu’Éric Duchesneau n’ait pas suivi les recommandations de ses collègues qui lui avaient demandé de ne pas siéger lundi.

«M. Duchesneau n’a plus sa place pour les 90 prochains jours. Durant les quatre mois où j’ai été maire suppléant, j’ai rencontré M. Duchesneau à de multiples reprises et je lui ai conseillé d’aller consulter», a pour sa part réagi Robert Riel.

Là pour les citoyens

Le maire Pascal Bonin affirme avoir eu énormément d’appels et de courriels de citoyens, dans la foulée du départ du conseiller municipal. Il dit vouloir être présent pour les résidants du district huit qui ne souhaitent pas joindre leur représentant, dans les circonstances.

«Je ne suis pas tout seul. Il y a neuf autres conseillers qui sont ici et qui sont demeurés solidaires», a-t-il dit.

«Honnêtement, je pense qu’on a passé beaucoup trop de temps sur ce sujet-là, a repris M. Bonin. Je comprends l’immense malaise et l’immense insécurité que ça a pu créer au niveau des citoyens de son district. Mais on est disponible et on est là».