Le conseiller municipal Éric Duchesneau s’est envolé vers le Mexique la semaine dernière, même si les voyageurs sont priés d’éviter les déplacements non essentiels à l’heure actuelle.
Le conseiller municipal Éric Duchesneau s’est envolé vers le Mexique la semaine dernière, même si les voyageurs sont priés d’éviter les déplacements non essentiels à l’heure actuelle.

Le conseiller Éric Duchesneau s’est envolé à Acapulco

Alors qu’un avertissement a été émis aux voyageurs pour qu’ils évitent les déplacements non essentiels à l’extérieur du Canada, le conseiller municipal granbyen Éric Duchesneau s’est envolé vers Acapulco, au Mexique, il y a une semaine.

Joint par messagerie électronique, Éric Duchesneau a confirmé avoir attrapé le dernier vol disponible mercredi dernier pour cette destination soleil. La perspective d’être confiné seul à la maison, alors qu’il souffre d’une dépression, l’a incité à poser ce geste précipité, a reconnu celui qui aborde ainsi publiquement pour la première fois cet aspect de sa vie privée.

Il avait déjà prévu ce séjour du 7 au 24 avril, précise-t-il, avant que la crise sanitaire prenne cette ampleur planétaire.

«Étant donné le risque de fermeture des frontières, j’ai fait les démarches pour partir plus tôt et je suis parti sur un coup de tête dans le but de ne pas être confiné seul pour une longue période, vu que je suis en dépression depuis un bout de temps. Ainsi, je n’ai pas perdu mon billet et j’ai la chance d’avoir une autre perspective», fait valoir Éric Duchesneau.

Celui-ci affirme restreindre ses déplacements là-bas et s’isoler de façon volontaire, mais les consignes de confinement et de distanciation sociale ne sont pas en vigueur, où il se trouve.

Selon lui, Acapulco a «trois semaines de retard» sur le Québec.

«J’ai paniqué à l’idée de perdre ce voyage qui m’est nécessaire pour décrocher», ajoute l’élu du district huit.

Il affirme avoir déjà réservé un billet sur le premier vol de retour disponible, le 1er mai prochain, «si tout va bien». «Je serai confiné 14 jours à mon retour», dit-il.

Surprise

Le départ d’Éric Duchesneau a pris les membres du conseil municipal par surprise, affirme le maire de Granby, Pascal Bonin. Lundi dernier, il était présent à une séance extraordinaire du conseil municipal. Et il n’aurait soufflé mot de ses intentions à personne.

«Le premier ministre et les gouvernements ont été très clairs sur le fait qu’il ne faut pas voyager. Là-dessus, je ne peux pas cautionner son geste. Mais il faut être humain à travers ça. Et s’il y a quelqu’un de sensible à ça, c’est bien moi. Sa santé est importante pour moi. Je veux qu’il revienne et qu’il revienne en santé», dit Pascal Bonin qui affirme avoir communiqué avec Éric Duchesneau la semaine dernière.

Pascal Bonin a lui-même été absent de l’hôtel de ville durant quatre mois, car il a souffert d’une dépression majeure. Il est revenu en poste au début mars, juste avant que la lutte à la COVID-19 soit lancée.

Selon lui, le départ impromptu d’Éric Duchesneau n’est assurément «pas le bon exemple», dans les circonstances. «Mais on comprend que ce n’était pas une décision rationnelle», estime Pascal Bonin.

Celui-ci précise que certains membres du conseil municipal ont néanmoins apporté de l’aide à M. Duchesneau au cours des derniers mois. «Il n’a pas été laissé seul à lui-même durant des mois. (...) Et le conseil va lui tendre la main à son retour», précise le maire.

L’absence d’Éric Duchesneau pourrait toutefois avoir une incidence, «en situation de crise», sur la gestion des affaires municipales. Particulièrement, si les élus souhaitent tenir in extremis une séance extraordinaire du conseil municipal, dans la foulée d’une rencontre préparatoire, par exemple pour adopter une résolution, souligne Pascal Bonin.

La tenue d’une telle séance extraordinaire est possible si les élus sont tous présents. En l’absence d’au moins l’un d’eux, un préavis légal de 48 heures doit être signifié, «même si on sait qu’il ne pourra pas être là».

«Je ne ferai pas de cachette, ça complique les choses d’un point de vue décisionnel», laisse tomber le maire.