Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
S’il vous plaît, allez faire du bénévolat, a imploré jeudi le premier ministre François Legault.
S’il vous plaît, allez faire du bénévolat, a imploré jeudi le premier ministre François Legault.

Le bénévolat, ce service essentiel

CHRONIQUE / S’il vous plaît, allez faire du bénévolat, a imploré jeudi le premier ministre François Legault.

Moi qui n’ai jamais été très porté sur le travail bénévole, je me suis inscrit sur la plateforme jebenevole.ca.

Pour une fois, j’ai donné mon nom.

Pourquoi?

Parce que nous vivons une époque exceptionnelle. Et qu’en ces temps de pandémie, le bénévolat acquiert une tout autre dimension.

Ça devient presque un service essentiel. Un filet social supplémentaire pour les plus vulnérables que cette foutue pandémie isole encore plus qu’à l’habitude.

Le travail bénévole d’une popote roulante devient même, dans les circonstances, du «bénévolat d’urgence», pour reprendre l’expression de Nancy Mailloux, directrice du Centre d’action bénévole de Gatineau.

Je dis cela parce qu’il s’en est trouvé, après l’appel à tous du premier ministre, pour dire que son message était contradictoire. Hé, monsieur Legault, d’un côté, vous nous dites de rester à la maison. De l’autre, vous nous dites de sortir faire du bénévolat. Branchez-vous…

Il n’y a pas de contradiction. Dans la mesure où le bénévolat qu’on nous encourage à faire n’a rien à voir avec le bénévolat normal.

On parle ici de nourrir les gens grâce aux services des popotes roulantes. Ou de faire leurs courses pour eux, à l’épicerie et à la pharmacie.

On parle de combattre la solitude déjà immense des personnes âgées en leur destinant, de temps à autre, des «appels d’amitié».

«Bonjour madame, bonjour monsieur. Avez-vous tout ce qu’il vous faut? Besoin de quelque chose à l’épicerie ou à la pharmacie?»

Rien de compliqué. Il s’agit de mettre un peu d’humanité dans des vies solitaires et parfois désespérées.

«Il faut faire une différence entre le bénévolat normal, qui se fait en dehors de la pandémie, et le bénévolat ciblé qu’on fait aujourd’hui», dixit encore une fois Nancy Mailloux.

Pour ceux qui s’inquiètent des mesures d’hygiène et d’éloignement social, tout se fait dans les règles de l’art.

Les contacts d’humain à humain sont réduits au minimum lors des livraisons. Et les anciennes visites à domicile ont été remplacées par des appels téléphoniques.

Au cas où vous vous poseriez la question: oui, le filtrage des candidats est maintenu.

Tout comme les vérifications de sécurité. Même si, compte tenu de l’urgence, le processus a été accéléré.

«De la détresse, des gens isolés, il y en a en temps normal. Présentement, c’est encore plus criant», de rappeler Mme Mailloux.

Dans les circonstances, les popotes roulantes se qualifient comme un service essentiel, renchérit Chantal Lalonde, directrice du Centre d’action bénévole de Hull.

«Ce qu’on fait, dans le fond, c’est un peu du maintien à domicile» image-t-elle.

La beauté de l’affaire?

Je suis loin d’être le seul à avoir inscrit mon nom sur la liste.

Les gens de l’Outaouais ont répondu massivement à l’appel du premier ministre Legault.

Les lignes ne dérougissaient pas vendredi dans les deux centres d’action bénévole de Gatineau. Au moment d’écrire ces lignes, on comptabilisait déjà 150 offres de bénévolat.

Et ça continuait de rentrer, autant par le téléphone que par le site Internet.

«Les gens répondent vraiment à l’appel, c’est indéniable!», se réjouissait Nancy Mailloux.

Et cette générosité-là, elle fait du bien.