Au Québec, l’étude Cocon visera à sonder quelque 150 couples pour chacun des trois volets : la grossesse, l’accouchement et la perte d’un bébé.
Au Québec, l’étude Cocon visera à sonder quelque 150 couples pour chacun des trois volets : la grossesse, l’accouchement et la perte d’un bébé.

La périnatalité en temps de pandémie

Comment se vit une grossesse, un accouchement ou un deuil périnatal en temps de pandémie ? Voilà la question aux multiples facettes sur laquelle se penchera la professeure de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) Francine de Montigny, dans le cas d’un projet de recherche international.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles, Mme de Montigny a indiqué au Droit que le projet auquel elle participera — l’étude Cocon — réunira des chercheurs de six ou sept pays, dont l’Italie, l’Espagne et les États-Unis, gravement touchés par la pandémie de COVID-19.

Le seul volet francophone de l’étude sera celui du Québec. Le recrutement de parents devrait commencer « d’ici trois semaines ». Les chercheurs souhaitent entre autres évaluer « la continuité au niveau du soutien social », en fonction des effets des mesures de confinement.

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L’objectif ultime ? Savoir « comment on peut se préparer pour une prochaine vague ou une prochaine pandémie », indique Mme de Montigny.

« On n’aurait pas dû être surpris, dit-elle. […] On aurait dû être déjà en mesure de prévoir comment ça allait se dérouler. » Malheureusement, peu d’études ont été menées sur la question, précise la professeure de l’UQO, qui siège au comité de direction de l’International Stillbirth Alliance.

Au Québec, l’étude Cocon visera à sonder quelque 150 couples pour chacun des trois volets : la grossesse, l’accouchement et la perte d’un bébé.

Dans le cas d’un deuil, les restrictions en place empêchent les proches d’aller soutenir les parents à l’hôpital et de voir le petit être dont le cœur a arrêté de battre. « Ça fait en sorte que c’est moins un phénomène familial », note Mme de Montigny, puisque les parents sont les seuls à pouvoir se recueillir auprès de l’enfant qu’ils attendaient.

Dans tous les volets de l’étude Cocon, les analyses viseront à déterminer « ce qui a aidé les personnes à traverser cette pandémie-là », dans le but de pouvoir mettre en place des mesures permettant de combler les lacunes.

L’apport de la technologie sera aussi évalué, dans la mesure où les proches des parents peuvent apporter un certain soutien à distance. « Ce ne sera pas nécessairement tout mauvais, ce qui va en ressortir », croit Francine de Montigny.

La professeure émet l’hypothèse que certains parents seront « capable de compartimenter et de faire une certaine part des choses, de se mettre dans un cocon ». À l’inverse, « d’autres peuvent être plus contaminés » par l’anxiété observée chez bien des gens au sein de la société depuis le début de la pandémie.