Simon Lamarche est le responsable du service de garde d’urgence de l’école Saint-Vincent, à Saint-Césaire.
Simon Lamarche est le responsable du service de garde d’urgence de l’école Saint-Vincent, à Saint-Césaire.

La nécessaire réorganisation des services de garde d’urgence

« Se virer de bord sur un dix cents »: on peut dire que c’est ce qui s’est produit quand, en vingt-quatre heures seulement, le gouvernement provincial a d’abord fermé les écoles, le 13 mars, puis a décrété l’ouverture de services de garde d’urgence (SGU). Simon Lamarche, qui gère celui situé à l’école primaire Saint-Vincent de Saint-Césaire, n’en revient toujours pas de la vitesse à laquelle tout s’est mis en place.

« Ça fait seulement une semaine [et demi], mais j’ai l’impression qu’on fait ça depuis deux mois! », lance le responsable du service de garde de Saint-Césaire, un des huit SGU mis en place sur le territoire de la commission scolaire des Hautes-Rivières.

« Ça s’est fait tellement vite!, poursuit-il. Le vendredi 13, ils ont annoncé que les écoles fermeraient pour deux semaines. Déjà, le samedi après-midi, ma direction m’annonçait qu’on avait été choisis pour un service de garde d’urgence pour les enfants des travailleurs des services essentiels. En 24 heures, on est passés d’un congé forcé à une garderie d’urgence où on a dû organiser les locaux, les horaires et tout le reste pour pouvoir accueillir les enfants le lundi matin. »

Ils étaient sept enfants à bénéficier du service à son premier jour, le 16 mars. Puis, ils sont devenus neuf, et ils sont désormais plus d’une douzaine, âgés de 4 à 10 ans.

« On s’y attendait, parce qu’entre le moment où le gouvernement a annoncé qu’il fermait les écoles et celui où il a annoncé la mise en place des services de garde d’urgence,  plusieurs parents avaient trouvé une solution temporaire, explique M. Lamarche. Mais le but, ce n’est pas d’avoir le plus d’enfants possible avec nous, c’est d’offrir un service pour les travailleurs qui doivent absolument continuer de travailler pendant la crise. »

Avec l’annonce de cette semaine, où le Québec en entier est sur « pause » hormis les services essentiels, M. Lamarche s’attend à ce que certains de ses protégés retournent à la maison. « Déjà, on en a quatre dont un des parents est de retour à la maison, dit-il. On sait que quelques réguliers vont rester, mais ils seront moins nombreux. »

Les pratiques du service de garde ont dû être rapidement revues pour s’adapter au quotidien en temps de pandémie. Par exemple, les enfants doivent être assis à une certaine distance les uns des autres.

Procédures revues

Le fait de tenir ce service de garde d’urgence à même son lieu de travail habituel est facilitant pour M. Lamarche. « On a d’autres responsables ailleurs qui travaillent dans une autre école que la leur ou qui font des rotations, explique-t-il. J’ai l’avantage d’avoir commencé dans mon milieu, avec mes ressources et les intervenants que je connais. »

D’ailleurs, la majorité des éducatrices du SGU sont celles qui œuvrent à l’école Saint-Vincent. Le reste de l’équipe est constitué des travailleuses du service de garde de l’école Jean-XXIII à Ange-Gardien, ce qui permet à tous de travailler par demi-journées et de se permettre des congés pour éviter un éventuel épuisement.

« Il faut penser à l’après... Si l’année scolaire reprend, on devra recommencer le service de garde régulier, et je ne veux pas que mon équipe soit brûlée », explique le responsable.

Les pratiques du service de garde ont dû être rapidement revues pour s’adapter au quotidien en temps de pandémie. « On prépare notre matériel désinfecté chaque soir pour le lendemain. On se lave les mains aux demi-heures et on essaie d’intégrer l’hygiène dans nos activités, raconte M. Lamarche. Par exemple, la première journée on a fait un atelier de fabrication de savon à mains. »

« Il a fallu revoir toutes nos façons de faire, ajoute-t-il. Normalement, quand je fais un atelier de dessin, je mets un tas de feuilles et un gros plat de crayons au centre de la table. Là, on doit asseoir les enfants plus loin les uns des autres et chacun doit avoir ses feuilles et ses crayons. En pensant à tout ça, c’est là qu’on réalise à quel point on est toujours en contact les uns avec les autres. »

Adaptation

La plupart des enfants sont des élèves de l’école Saint-Vincent. Les autres proviennent surtout de l’école Jean-XXIII. « Ils sont moins dépaysés parce qu’ils reconnaissent Josée [Malenfant, la responsable du service de garde de cette école] et leurs éducatrices », relate M. Lamarche.

Celui-ci constate d’ailleurs que les enfants font preuve d’une capacité d’adaptation plus grande et plus rapide que les adultes. « Je pense que les enfants savent ce qui se passe. Les questions, je les ai surtout eues en janvier, quand on commençait à entendre parler de la crise du coronavirus en Chine. C’est surtout à ce moment-là que j’ai vu de la peur et de l’incompréhension », raconte l’éducateur.

« C’est fascinant de voir, en l’espace de si peu de temps, comment les enfants ont changé leur routine sans que ça ne les affecte. Ils sont contents d’être là, même s’ils savent que ce qu’on vit n’est pas normal », ajoute-t-il.