La Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) demande une aide gouvernementale afin d’éviter l’annulation de sa 25e saison. Sur la photo, les Marquis de Jonquière et l’Assurancia de Thetford Mines.
La Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) demande une aide gouvernementale afin d’éviter l’annulation de sa 25e saison. Sur la photo, les Marquis de Jonquière et l’Assurancia de Thetford Mines.

La Ligue nord-américaine de hockey voudrait une aide gouvernementale

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Forcée de mettre un terme prématurément à sa dernière saison en raison de la pandémie de COVID-19 et après s’être vu interdire d’accueillir plus de 250 personnes aux matchs de ses équipes, la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) demande une aide gouvernementale afin d’éviter l’annulation de sa 25e saison.

Le commissaire du circuit qui compte six équipes, Renaud Lefort, était un peu découragé jeudi après avoir discuté avec le bureau de la ministre déléguée aux Sports, Isabelle Charest. «On voudrait des réponses, mais personne ne peut nous en donner! Le ministère des Sports semble comprendre notre situation, mais ils sont tributaires de la direction de la santé publique», déplore-t-il en entrevue avec Le Soleil.

Le circuit est déjà fort touché par la pandémie, les commerces qui agissent comme commanditaires des équipes ayant enregistré de lourdes pertes. Selon M. Lefort, la période de renouvellement des contrats de commandite a été particulièrement difficile cette année, d’autant plus qu’elle survenait au plus fort de la crise.

Pas plus de 250

La LNAH avait aussi proposé à la direction de la santé publique de présenter ses matchs dans des arénas séparés en quatre sections ne comptant pas plus de 250 spectateurs chacune, une suggestion qui vient tout juste d’être rejetée. «Je sais que la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a accepté de jouer à huis clos. Tant mieux pour eux s’ils ont trouvé une façon de survivre sans spectateurs, mais pour nous, ce n’est pas possible. On serait capable de faire respecter une forme de distanciation et de mettre plus de 250 personnes dans l’aréna, mais ça nous a été refusé», explique-t-il.

Les six équipes de la LNAH, le Cool-FM de Saint-Georges, l’Assurancia de Thetford Mines, le 3L de Rivière-du-Loup, les Marquis de Jonquière, les Éperviers de Sorel-Tracy et les Pétroliers du Nord de Laval, auraient besoin d’au moins 1 000 spectateurs pour joindre les deux bouts. «Ça prend 1 000 pour arriver. Nos propriétaires étaient prêts à le faire avec 750 spectateurs et assurer certaines pertes, mais en bas de ça, ce n’est pas vraiment réalisable.»

Ainsi, même si elle vient de tenir son repêchage annuel le 8 août, la Ligue n’a pas encore décidé quand elle lancerait la prochaine saison ou même s’il y aurait une saison. «Un début en octobre comme les saisons passées est impensable. Nos scénarios sont actuellement pour une saison écourtée qui débuterait en novembre, en décembre ou en janvier.»

Aide réclamée

C’est pour ces raisons que Renaud Lefort réclame une aide gouvernementale afin de permettre à son circuit de tenir sa 25e saison en 2020-2021. «Le hockey est notre sport national et, après la Ligue nationale et la Ligue américaine, nous sommes la troisième ligue la plus forte au Québec. Certains de nos joueurs ont pris la chance de rester au Québec pour jouer dans notre ligue plutôt que d’aller jouer en Europe», plaide-t-il, mentionnant au passage le premier choix du dernier repêchage, l’attaquant de Québec Maxime Lacroix, un ancien espoir des Capitals de Washington qui a choisi de s’amener en Beauce après huit saisons sur le vieux continent.

Lefort aimerait aussi avoir accès aux mêmes ressources dans l’appareil gouvernemental que Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ. «Si le gouvernement décide d’aider la LHJMQ, il devrait aussi aider la LNAH. La LHJMQ donne un rêve à nos jeunes hockeyeurs, mais la LNAH est une ligue transitoire qui leur permet de se nourrir de leur passion s’ils ne réussissent pas à réaliser leur rêve d’atteindre la Ligue nationale», illustre-t-il.

Moins de bagarres

Lefort ajoute que si la LNAH était autrefois perçue comme une ligue de bagarreurs, ce n’est plus du tout le cas en 2020. «Aujourd’hui, la principale attraction, ce ne sont pas les bagarres, mais les bons joueurs que nous réussissons à ramener au Québec», insiste le commissaire, qui ne va cependant pas jusqu’à chiffrer le montant dont il aimerait bénéficier en aide gouvernementale.

«Nous sommes conscients que c’est plus dispendieux d’exploiter une équipe dans la LHJMQ que dans la LNAH, mais on voudrait au minimum pouvoir payer notre personnel et nos joueurs», poursuit-il, ajoutant que selon lui, son circuit aurait dû recevoir une telle aide bien avant. «J’estime que notre ligue aurait dû être subventionnée, encadrée par un certain programme gouvernemental depuis au moins quatre ou cinq saisons», reprend-il. 

Renaud Lefort ne croit cependant pas que l’avenir de sa ligue pourrait être en danger même si la prochaine saison devait être annulée. «Nous avons des propriétaires qui sont des passionnés et personne n’a baissé les bras depuis le début», conclut-il.