Il y a un point de contrôle de la route 155 Nord, près de l’intersection de la route menant à Lac-Édouard.
Il y a un point de contrôle de la route 155 Nord, près de l’intersection de la route menant à Lac-Édouard.

La Haute-Mauricie veut être protégée elle aussi

La Tuque — «C’est de la pure prévention.» Le maire de La Tuque demande aux autorités d’ajouter l’agglomération de La Tuque comme territoire protégé, au même titre que les huit régions qui ont été annoncées lors du week-end dernier. Il exige que l’accès soit restreint pour assurer la santé et la sécurité de la population. 

«Nous voulons maintenir la circulation des travailleurs qui viennent chez nous pour assurer les services essentiels et l’approvisionnement, mais nous voulons que vous mettiez un frein à tous les déplacements non essentiels. Cette mesure doit s’appliquer partout sur le territoire de La Tuque, incluant les hameaux de Parent et de Clova compte tenu du fait qu’ils sont alimentés par un seul dépanneur, la fréquence du train de passagers est limitée et que les routes forestières sont moins praticables en période de dégel», souligne dans sa demande le maire Pierre-David Tremblay.

Ce dernier n’est pas sans rappeler qu’à ce jour, La Tuque est épargnée par la propagation du virus. Aucun cas de la COVID-19 n’a été détecté dans le Haut Saint-Maurice. C’est pourquoi il implore le gouvernement d’agir dès maintenant. 

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, veut que l’agglomération de La Tuque soit ajoutée comme territoire protégé.

«Quand ils ont annoncé qu’il y aurait un certain contrôle dans certaines régions, il y a des gens de la population qui nous ont interpellés.»

D’ailleurs, la députée de Laviolette–Saint-Maurice confirme elle aussi avoir reçu des centaines de commentaires dans les derniers jours, incluant des membres du personnel de la santé de la Haute-Mauricie. 

«Je travaille de concert et étroitement avec eux autres», a brièvement indiqué au téléphone la députée Marie-Louise Tardif.

Dimanche, sur sa page Facebook officielle, la députée s’est adressée aux villégiateurs, plus particulièrement à ceux qui ont un chalet en Haute-Mauricie.

«Voici nos consignes: si vous êtes au chalet, restez-y! et si vous êtes à la maison, restez-y aussi ! Ne venez pas au chalet pour les prochaines semaines. […] C’est crucial d’éviter autant que possible les déplacements entre les régions, les villes et les quartiers. Ça va nous permettre de limiter la propagation du virus et de sauver des vies», peut-on lire. 

Le maire de La Tuque suggère aux autorités d’ajouter un point de contrôle près de Parent sur la route qui mène à Mont-Laurier, un point de contrôle sur la route 155 Sud, à l’intersection de la route 159, dans la municipalité de Saint-Roch-de-Mékinac et de maintenir le point de contrôle de la route 155 Nord, près de l’intersection de la route menant à Lac-Édouard.

«Mon conseiller municipal de Parent m’a dit que depuis une semaine, il y avait une affluence peu ordinaire. Ça part de Mont-Laurier et ça passe par Parent, ils vident le petit dépanneur qui est là. […] On s’est dit qu’il fallait que La Tuque soit incluse dans ces mesures d’accès restreint», explique le maire. 

Pierre-David Tremblay n’est pas sans rappeler que 85 % des propriétaires de chalets à La Tuque sont des gens qui habitent à l’extérieur de l’agglomération. Il insiste sur le couvert de neige et la période de dégel qui s’amorce et assure que ce n’est pas du tout propice pour aller en forêt.

«Actuellement, ce n’est pas le temps d’aller dans les chalets […] Tous les printemps, on doit dépanner des gens parce qu’ils arrivent sans être préparés», martèle le maire. 


« L’idée c’est que tout le monde reste chez eux »
Pierre-David Tremblay

Le maire Tremblay précise que ce n’est pas un plaidoyer pour un confinement de la Mauricie au complet, mais bien le territoire de La Tuque, parce qu’il vit des particularités où il y a plus de chalets, plus de touristes…

«La route (155) est belle le samedi et le dimanche, mais on ne veut pas voir de motos tout de suite, on ne veut pas voir de gens ici s’ils ne sont pas en services essentiels. On a beaucoup de gens qui viennent de l’extérieur pour travailler, que ce soit pour l’hôpital, en forêt, pour l’usine… Ce sont ces gens-là qu’on veut voir», fait remarquer le maire. 

Ce dernier affirme que tous les maires et l’agglomération et les élus du conseil municipal sont favorables à cette mesure.

«Les gens aussi sont favorables. […] Il est logique qu’on protège le Haut Saint-Maurice», insiste-t-il. 

Le maire de La Tuque évoque également la possibilité de faire appel à la loi sur la sécurité civile. Il fait référence à l’article 42, notamment, qui dit qu’une municipalité locale peut déclarer l’état d’urgence. 

«Par résolution je pourrais indirectement demander des mesures d’urgence complémentaires, dont contrôler l’accès à La Tuque. La loi me le permet, mais l’idée ce n’est pas d’utiliser la loi, c’est d’utiliser le gros bon sens. Je pense qu’on fait partie des régions du nord», note-t-il.

Questionnée lundi à ce sujet, la directrice régionale de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi, affirme que la demande du maire de La Tuque sera étudiée en collaboration avec la Santé publique nationale. 

«En ce moment, nous n’avons aucun cas à La Tuque. Pour protéger la population du territoire, ça pourrait être une stratégie», mentionne-t-elle. 

«C’est à analyser et des discussions devront se faire.»

La directrice régionale de la Santé publique explique que la décision de fermer un territoire doit prendre en compte quelques facteurs. Notamment, la population du secteur touché doit avoir accès à des services essentiels et les autorités doivent pouvoir boucler efficacement les différents points d’accès. 

Avec la collaboration de Gabriel Delisle