« Je préférais rester à la maison et garder les enfants en bonne santé. J’ai mis une croix sur ma vie professionnelle temporairement », a expliqué Mathieu Marciniak. « On faisait l’école à la maison et tout ce qui était possible en respectant les consignes du gouvernement. »
« Je préférais rester à la maison et garder les enfants en bonne santé. J’ai mis une croix sur ma vie professionnelle temporairement », a expliqué Mathieu Marciniak. « On faisait l’école à la maison et tout ce qui était possible en respectant les consignes du gouvernement. »

La famille avant tout

Mathieu Marciniak et sa famille avaient un tout autre scénario en tête lorsqu’ils ont quitté la France pour s’établir dans la région en décembre dernier. L’homme de 41 ans n’a pu dénicher un emploi dans les mois suivant son arrivée, puis la pandémie est venue compliquer davantage les choses. Face à une crise totalement inédite, il a décidé d’accorder la priorité à sa famille, demeurant à la maison pour s’occuper de ses fils de 9 et 11 ans.

« Je ne me considère pas comme une victime. Il y a des gens qui manquent d’argent et galèrent tous les mois. Moi, je ne suis pas à plaindre », a affirmé le nouvel arrivant, maintenant installé à Shefford, en entrevue avec La Voix de l’Est cette semaine.

« On n’avait pas le choix d’affronter la crise et on s’en sort plutôt bien. »

Après la fin d’un contrat dans le centre de la France, sa femme a accepté de traverser l’Atlantique pour venir travailler comme infirmière sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie. Elle a d’ailleurs récemment complété son stage d’entrée, réalisé dans des conditions qualifiées de favorables malgré la COVID-19.

M. Marciniak reconnaît que sa famille aurait pu recourir à un service de garde d’urgence.

« Je préférais rester à la maison et garder les enfants en bonne santé. J’ai mis une croix sur ma vie professionnelle temporairement », a-t-il expliqué.

« On faisait l’école à la maison et tout ce qui était possible en respectant les consignes de la santé publique. »

Ses deux garçons ont réintégré l’école primaire Eurêka, à Granby, au cours des dernières semaines.

Mathieu Marciniak

Coupe de pouce de SERY

Diplômé en métallurgie et en soudage, Mathieu Marciniak effectuait principalement de la « gestion de personnel » dans une centrale nucléaire depuis une dizaine d’années. Le détenteur de permis de travail ouvert ne s’attendait pas à rencontrer autant d’embuches en sol québécois.


« En France, il y a toujours beaucoup de mensonges. On avance, puis on repart en arrière. Ici, on a l’impression que le premier ministre (François Legault) est plus humain, qu’il dit les choses franchement. On a nettement plus confiance en lui. Après, ce n’est que notre avis... »
Mathieu Marciniak

« J’ai passé quelques entretiens, mais les dirigeants des entreprises concernées ne comprenaient pas forcément mon CV », a-t-il raconté.

« Pour d’autres postes où je pensais avoir les qualifications nécessaires, je n’ai même pas été convoqué. Ça amène de l’incompréhension, des remises en questions. »

M. Marciniak s’estime cependant chanceux d’avoir pu rencontrer Lisette Richard, coordonnatrice de l’aide à l’emploi pour l’organisme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), à la fin mars.

« Elle connaît bien le marché du travail local et m’a donc beaucoup aidé, notamment en simplifiant mon CV. J’aurais aimé faire sa connaissance beaucoup plus tôt », a ajouté le Sheffordois d’adoption, qui a bon espoir de se trouver du boulot lorsque les impacts de la pandémie se seront atténués.

Question de maximiser ses chances, il termine d’ailleurs une formation en ligne en réorganisation d’entreprises et de services, sans doute plus pertinente que jamais.

Heureux d’être au Québec

Chose certaine, Mathieu Marciniak préfère affronter la crise au Québec plutôt que dans son pays d’origine, notamment en raison du climat politique.

« En France, il y a toujours beaucoup de mensonges. On avance, puis on repart en arrière. Ici, on a l’impression que le premier ministre [François Legault] est plus humain, qu’il dit les choses franchement. On a nettement plus confiance en lui. Après, ce n’est que notre avis... »

Il souligne aussi que ses enfants ont été accueillis à bras ouverts dans le système scolaire local.

« Sans dire que c’est généralisé en France, il y a moins de moqueries et plus de respect au Québec. Mes fils se sont intégrés rapidement et sont très heureux d’aller à l’école. »