François St-Laurent et Marie-Ève Gladu, propriétaires de KandJu.
François St-Laurent et Marie-Ève Gladu, propriétaires de KandJu.

KandJu: les ventes en ligne de confiseries s’emballent

Confinement ou non, les Québécois n’ont rien perdu de leur dent sucrée. À preuve, l’entreprise KandJu connaît une hausse fulgurante de ses ventes de confiseries en ligne ces derniers jours. Celles-ci sont 50 fois plus nombreuses qu’à l’habitude.

Pour les propriétaires, Marie-Ève Gladu et François St-Laurent, il s’agit d’un véritable baume sur cette crise qui retarde notamment un important projet d’agrandissement de leurs installations de Saint-Césaire.

Le duo estime à 2 millions $ l’investissement qui sera nécessaire pour automatiser l’usine et l’agrandir de 6000 pieds carrés. La plupart des demandes de subventions auprès des instances gouvernementales sont confirmées, mais la situation actuelle incite les entrepreneurs à repousser volontairement le projet. «C’est tout simplement reporté, peut-être d’un an. D’ici là, on va agrandir par l’intérieur», indique Mme Gladu.

La pandémie a aussi de sérieuses répercussions sur les affaires courantes de KandJu, qui a dû fermer temporairement ses boutiques de Granby, Laval, Saint-Hyacinthe, Delson, Québec, Vieux-Québec, Saint-Césaire, Brossard et Trois-Rivières. De 90 employés, il lui a fallu réduire à une dizaine. Sans pour autant obtenir un congé de loyer, les baux étant maintenus dans toutes les succursales KandJu. «Ça, c’est le gros coup», déplore Marie-Ève Gladu.

Et même si le fabricant oeuvre dans le secteur alimentaire, la décision de cesser ses opérations le 22 mars dernier était pour lui une évidence. «On va au-delà des ordonnances du gouvernement. Éthiquement, pour protéger la collectivité et notre personnel, on était plus à l’aise de fermer», souligne la femme d’affaires.

Proactifs

Proactifs de nature, les deux associés ont choisi de «se virer sur un dix cennes» et de tirer partie de la situation. Les ventes en ligne sont devenues, en quelque sorte, leur planche de salut.

«Dès le lendemain de notre fermeture, il y a eu une grosse incidence sur les transactions sur le web. Même si on est très actifs sur les réseaux sociaux, on ne pensait jamais aller chercher un volume aussi grand et aussi rapide», ajoute Mme Gladu, en affirmant qu’avant la crise, ses ventes virtuelles se situaient «dans les six chiffres». «C’était modeste par rapport aux ventes en boutique.»

Sur son site Internet, l’entreprise offre entre autres aux amateurs l’expérience de «laboratoire créatif», qui permet de choisir, comme en boutique, un assortiment personnalisé de friandises. «C’est la folie furieuse. Les gens ont l’impression de goûter à la même expérience qu’en magasin.»

Marie-Ève Gladu croit que cette demande accrue pour les produits KandJu s’explique simplement. «En période difficile, les gens se privent d’abord des choses dispendieuses. Nous, ça reste abordable et ça apporte du réconfort. Et je pense qu’en ce moment, les gens en ont bien besoin!»

Malgré la situation difficile, KandJu ne laissera donc pas passer cette opportunité d’affaires. Même si, après la reprise, les ventes en ligne diminuent, la compagnie ne délaissera pas ce créneau pour autant. «Ça a lancé le marché.» Le plus grand défi actuel du couple? «On doit réagir vite et être tout le temps dans l’action. Honnêtement, on est très fatigués... On a l’impression de remettre un bébé au monde», confie Mme Gladu.

Mais contrairement à l’époque de la naissance de son entreprise, le couple a les reins assez solides pour ne pas trop craindre pour l’avenir. «On a la chance d’être bien entourée par les institutions financières.»