Les rassemblements privés à l’intérieur et à l’extérieur seront interdits en Montérégie dès vendredi.
Les rassemblements privés à l’intérieur et à l’extérieur seront interdits en Montérégie dès vendredi.

Hausse des cas de COVID-19 : «La Montérégie est parmi les pires»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
La recrudescence marquée du nombre de cas de COVID-19 en Montérégie a forcé le gouvernement Legault, de concert avec la direction de la santé publique, à faire grimper l’ensemble de la région au palier d’alerte maximale. Plusieurs municipalités du territoire de La Voix de l’Est passeront dès vendredi de l’orange au rouge.

Depuis un peu plus d’une semaine, les 82 municipalités faisant partie de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sont en zone rouge. Or, plusieurs nouveaux cas ont été recensés tout récemment en dehors des municipalités de la CMM en Montérégie. En termes de progression de la pandémie, «la Montérégie est parmi les pires, sinon la pire. C’est inquiétant», a fait valoir en point de presse la directrice de la santé publique (DSP) de la Montérégie, Dre Julie Loslier.

Contrairement à plusieurs autres régions du Québec, la Montérégie n’a pas atteint de plateau en ce qui concerne le cumul quotidien du nombre de cas positifs. «Le nombre de cas demeure très élevé, a indiqué la DSP, faisant état de 181 nouvelles personnes infectées mardi. C’est beaucoup plus que le nombre de nouveaux cas maximal lors de la première vague.»

Le nombre d’éclosions en Montérégie est aussi très haut, a souligné Dre Loslier. Il y a quelques jours, on en dénombrait 65 dans l’ensemble du territoire, alors qu’en date de mercredi, près du double ont été recensés, entre autres dans des écoles et dans des centres d’hébergement pour personnes âgées, a-t-elle spécifié. Le nombre d’hospitalisations s’est également accru.

La santé publique a donc décidé de «prévenir plutôt que guérir». «On y va par une approche de précaution en mettant la Montérégie au rouge», a dit Mme Loslier.

La directrice de la santé publique de la Montérégie, Dre Julie Loslier.

Découpage

Lorsqu’une partie des municipalités de la CMM est récemment passée dans le palier d’alerte rouge, quelques-unes sont demeurées au orange en Montérégie. Alors, pourquoi ne pas adopter une approche par MRC cette fois-ci?

«Quand on est sur de toutes petites unités d’analyses comme ça, le taux [de cas positifs] est très variable. Quelques cas peuvent faire basculer le niveau de risque», a indiqué Julie Loslier.

Selon cette dernière, un découpage différent des paliers d’alerte dans une même région est possible lorsque les «frontières naturelles» sont limitrophes. Ce n’est toutefois pas le cas en ce moment en Montérégie. «Du point de vue épidémiologique, ce serait une erreur de laisser une petite MRC en orange enclavée de rouge», a-t-elle imagé.

Sur le territoire de La Voix de l’Est, voici les localités qui se retrouveront en zone rouge à partir de vendredi. Il s’agit d’Acton Vale, Upton et Roxton Falls dans la MRC d’Acton, de Saint-Valérien-de-Milton et de Saint-Pie dans la MRC des Maskoutains.

Une partie de la MRC de Rouville ferme la boucle avec Saint-Césaire, Rougemont, Sainte-Angèle-de-Monnoir et Marieville. Les municipalités de Saint-Paul-d’Abbotsford et Ange-Gardien demeurent toutefois en zone orange, car elles font partie de l’Estrie au plan sociosanitaire.

En fait, sur le plan de la santé, on divise plutôt le territoire en Réseau local de services (RLS). Les municipalités des RLS de la Haute-Yamaska et La Pommeraie demeurent donc en zone orange.

La majorité des mesures liées au palier d’alerte rouge entrent en vigueur vendredi, à l’exception de celles liées aux écoles et aux sports.

Dans ces deux cas, les normes de santé publique devront être respectées dès lundi. «On veut laisser un peu plus de temps pour que ce soit cohérent avec une nouvelle semaine scolaire», a mentionné la directrice de santé publique.

Solidarité

La directrice de la santé publique tient à mettre la population en garde: il faudra faire preuve de patience pour passer à travers cette pandémie. «Il faut s’attendre jusqu’à l’arrivée du vaccin contre la COVID que l’on doive faire des compromis», a-t-elle dit.

Dre Loslier a également lancé un appel à la solidarité «Il y a des gens qui doutent de la gravité de la COVID. Des gens doutent de la véracité que l’on soit en deuxième vague. Ce n’est pas tout le monde en Montérégie qui a eu un proche qui a souffert des complications [du virus] ou même en être décédé. Moi, ça a été mon cas, a confié Dre Loslier. Tout ce qu’on fait est pour éviter que des gens arrivent à même ce genre de situation.»