«Notre coussin est limité. Nous sommes choyés d’avoir cette aide-là», dit la directrice de Partage Notre-Dame, Chantal Descoteaux.
«Notre coussin est limité. Nous sommes choyés d’avoir cette aide-là», dit la directrice de Partage Notre-Dame, Chantal Descoteaux.

Granby verse 2000 $ par semaine à Partage Notre-Dame

La Ville de Granby bonifie à 2000 $ par semaine l’aide financière qu’elle apporte à l’organisme Partage Notre-Dame durant la pandémie. «La Ville est consciente que la fermeture du comptoir vestimentaire les prive de beaucoup de revenus», fait valoir le maire Pascal Bonin.

Cette aide financière avait d’abord été établie à 2000 $ par mois, lors de la séance du conseil municipal d’avril. Mais elle a été révisée à la hausse en début de semaine, alors que la crise sanitaire continue à bouleverser les opérations de la soupe populaire.

«Ça a été un énorme soulagement quand je l’ai annoncé aux bénévoles et aux employés, a expliqué jeudi la directrice de l’organisme à but non lucratif, Chantal Descoteaux. Ils savent que nos revenus dépendent beaucoup de la friperie. Comme elle est fermée, on a moins de revenus. Mais on a aussi plus de dépenses. Les repas sont pour emporter. Il faut des contenants, des sacs et tout ça».

Selon Mme Descoteaux, plus la crise sanitaire s’étire, plus la situation devient plus difficile. L’apport financier du Programme de soutien aux organismes communautaires est loin d’être suffisant pour répondre aux besoins. «Notre coussin est limité. Nous sommes choyés d’avoir cette aide-là (de la Ville)», ajoute-t-elle.

Partage Notre-Dame offre des repas aux plus démunis au coût de 2,50 $ par jour, du lundi au vendredi. Entre 50 et 60 personnes en moyenne se présentent quotidiennement, de 11h30 à 12h15, aux locaux de l’organisme situé à l’angle des rues Saint-Antoine et Racine.

COVID-19 oblige, un protocole a été mis en place dès le début de la crise. Un marquage extérieur a été ajouté afin de s’assurer que les dîneurs en file respectent les mesures de distanciation sociale. Ils doivent aussi se laver les mains avec du savon avant de récupérer leur repas.

À la recherche de solutions

Plusieurs attendent toutefois avec impatience, selon Chantal Descoteaux, la réouverture des locaux de l’OBNL. Avant la pandémie, l’endroit était souvent fréquenté dès son ouverture en matinée, à 9h30, par des usagers qui s’y rendaient pour boire un café, jouer aux cartes et, par le fait même, briser leur isolement. Ils y restaient parfois jusqu’à 14h.

Mais Mme Descoteaux dit ne pas avoir trouvé de solutions pour envisager une réouverture. «J’essaie de voir comment on va le faire, mais je n’ai pas encore la solution. Je me fais demander régulièrement quand la friperie va rouvrir, quand la salle à dîner va rouvrir. Pour les dîners, on attend les directives de la Santé publique aux restaurateurs. Mais la friperie, c’est autre chose. Elle n’a pas une porte qui donne sur la rue. Avec la façon dont elle est conçue, ça ne sera pas simple, entre autres pour la circulation», dit-elle.

Pour l’heure, la petite équipe de Partage Notre-Dame tient néanmoins le coup et garde le moral, assure Mme Descoteaux. Outre cette dernière, deux intervenantes, une cuisinière et une poignée de bénévoles y oeuvrent.

Soutien

La Ville de Granby a également fait installer le mois dernier près des locaux de Partage Notre-Dame une toilette portative temporaire (avec un lavabo, du savon et du papier) à l’intention des personnes sans domicile fixe. Les lieux sont complètement désinfectés trois fois par jour par des employés municipaux.

Le maire Bonin souligne que la Ville a toujours soutenu Partage Notre-Dame. Et elle n’a pas l’intention de laisser tomber l’organisme qui travaille auprès des citoyens «les plus vulnérables».

L’administration municipale est aussi consciente, dit-il, que le coût du loyer est peut-être raisonnable pour un commerce, mais qu’il est trop élevé pour un OBNL. «La Ville a créé le problème quand ils ont dû quitter l’église Notre-Dame. Je ne blâme personne. C’est un fait. (...) On travaille pour les amener au centre communautaire Saint-Benoit», relève Pascal Bonin.

«Quand le déménagement va se concrétiser, ça va nous aider», opine Chantal Descoteaux.