Le directeur de la Santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger, continuera de militer pour un décloisonnement plus progressif du Bas-Saint-Laurent et de la péninsule.
Le directeur de la Santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger, continuera de militer pour un décloisonnement plus progressif du Bas-Saint-Laurent et de la péninsule.

Gaspésie: la Santé publique prône un décloisonnement plus graduel

CARLETON — Même si le gouvernement québécois a décidé de maintenir sa décision à l’effet d’enlever le point de contrôle de La Pocatière à compter de lundi, le directeur de la Santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger, continuera de militer pour un décloisonnement plus progressif du Bas-Saint-Laurent et de la péninsule.

Le docteur Bonnier-Viger ne prône pas le statu quo des conditions de circulation instaurées le 23 mars par l’État québécois, conditions qui limitaient les entrées en Gaspésie aux gens invoquant des motifs humanitaires, un retour au travail ou un retour vers leur résidence principale.

Il n’est toutefois pas favorable à une circulation non contrôlée, comme ce sera le cas le 18 mai.

«Il aurait fallu ouvrir la valve moins rapidement entre les huit régions fermées (à la fin de mars) et les régions qui présentent un profil épidémiologique plus inquiétant», précise le docteur Bonnier-Viger.

Le décloisonnement aurait pu se limiter à la circulation relativement libre entre ces huit régions, sans abus, et à un élargissement léger, graduel, des échanges entre Montréal, Laval, leur couronnes urbaines, et des régions comme la Gaspésie.

«On aurait pu d’abord limiter l’accès aux gens qui ont des résidences secondaires en Gaspésie. Puis, on aurait pu ouvrir le tourisme inter-régions (à l’intérieur des huit régions éloignées) et en troisième lieu à d’autres régions pour le camping, par exemple», explique-t-il.

L’ouverture des régions aux gens de Québec aurait pu servir d’étape test, « parce que ça pourrait être une région (à contagion) intermédiaire », ajoute-t-il.

Ce qui indispose particulièrement le docteur Bonnier-Viger, c’est qu’on «a demandé une modélisation de l’impact de l’ouverture et on l’attend. Ce n’est pas clair qu’on va l’avoir lundi».

La capacité de traitement des hôpitaux des régions en cas de flambée d’infections suivant le décloisonnement est la principale crainte des directeurs de santé publique des huit régions fermées le 23 mars.

Il y a eu trois éclosions notoires en Gaspésie entre la fin de mars et la mi-avril. Huit personnes âgées sont décédées. La situation s’est stabilisée depuis; au cours des 14 derniers jours, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine n’ont connu que cinq nouveaux cas d’infection, le total passant de 169 à 174 personnes, sans nouvelle hospitalisation.