« Ce que je vous dis aujourd’hui pourrait être faux demain », avoue le Dr Horacio Arruda.
« Ce que je vous dis aujourd’hui pourrait être faux demain », avoue le Dr Horacio Arruda.

Garder les petits-enfants, oui ou non ?

Voir ou ne pas voir ses petits-enfants ? Telle est la question. Et la réponse n’est pas simple.

D’un côté, le premier ministre du Québec a dit cette semaine que tous les enseignants — même ceux de plus de 60 ans — pouvaient retourner enseigner aux enfants dès le 11 mai.

De l’autre, le gouvernement demande de limiter — voire d’éviter — les contacts physiques entre aînées et les plus jeunes. Il semble impossible pour plusieurs d’aller garder les petits-enfants chez eux, ne serait-ce que pour aider les parents à reprendre des activités liées au travail.

« Il y a de la confusion quant aux mesures provinciales, dit la présidente de la Fédération de l’Âge d’Or du Québec en Outaouais, Pauline LeBlanc. On m’appelle pour demander : “qu’est-ce qu’on fait ?” Moi, j’en comprends que si vous (un aîné) êtes en santé, allez-y garder les enfants. Sinon, n’y allez pas. »

Dans une vidéo publiée sur les médias sociaux, jeudi, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe et le directeur de Santé publique, Dr Horacio Arruda, ont précisé qu’une partie des aînés pouvait agir ainsi.


« Certains se sont rebellés et ont décidé de sortir malgré tout de leur résidence. Même si les directeurs leur refusaient la sortie »
Pauline LeBlanc

« Si vous avez moins de 70 ans, oui, vous pouvez garder des enfants à domicile, mais à certaines conditions, précise Dr Arruda. Vous devez être en bonne santé sans maladie chronique. Vous devez respecter les règles d’hygiène simple comme vous laver les mains fréquemment. »

Par ailleurs, les aînés ne peuvent garder des enfants qui ont fréquenté un CPE ou l’école. « Si les enfants ont été en contact avec d’autres au CPE, ce n’est pas possible de les faire garder », ajoute-t-il. Le couvre-visage est fortement conseillé à ceux et celles qui ont rencontrent ces critères, et qui peuvent aller garder des enfants.

À la FADOQ-Outaouais, Mme LeBlanc connaît plusieurs aînés « qui n’en peuvent plus » de rester à la maison. « Certains se sont rebellés et ont décidé de sortir malgré tout de leur résidence. Même si les directeurs leur refusaient la sortie. »

Elle voit d’un bon œil la possibilité pour les proches aidants de retourner dans les CHSLD dès le 11 mai.

Les directions d’établissement auront le dernier mot sur les personnes admissibles, alors que les proches aidants acceptés doivent être ceux qui y étaient déjà présents — régulièrement — avant la pandémie.

En d’autres mots, les CHSLD et résidences pour personnes aînées s’assureront que la « visite » ne se déguise pas en proche aidant.