Mère de trois enfants, Mélissa Couture a besoin de bouger pour se sentir en équilibre.
Mère de trois enfants, Mélissa Couture a besoin de bouger pour se sentir en équilibre.

Garder l'équilibre grâce au sport

Les rues et les pistes cyclables n'ont jamais été aussi achalandées. Depuis le début de la crise, prendre un bol d'air est devenu une nécessité pour plusieurs d'entre nous. De leur côté, les sportifs aguerris continuent à pratiquer leur sport avec, parfois, certains ajustements. Pour plusieurs, il s'agit d'une façon de garder l'équilibre.

Avec la plupart des sentiers fermés, Mélissa Couture a dû changer ses habitudes. Son besoin criant de faire du sport, de bouger et de prendre l’air est toujours présent, sinon plus, mais elle le comble autrement.

La Farnhamienne pratique la course en sentier, la randonnée, le yoga, le vélo, la planche à pagaie, pour ne nommer que ceux-là.

« Mon type de yoga me permet de me recentrer. J’en fais quotidiennement, ce n’est pas négociable. Je commence avec ça. »

Quant à la course, difficile de la pratiquer en sentier au printemps, surtout en période de pandémie. Normalement, ce sport lui demande de la concentration. La course sur route lui permet de penser à autre chose. « La course, c’est tellement exigeant que ce n’est pas la même chose, explique la mère de trois enfants. Tu es content, tu te sens bien, t’as les endorphines qui rentrent. Ça m’aide à me recentrer, à me dépenser, à me concentrer sur autre chose. »

Plutôt anxieuse, elle réussit à atteindre un équilibre mental grâce au sport. « Une journée, je n’ai rien fait du tout et j’étais irritable. Les enfants me tapaient sur les nerfs. J’ai pris un pas de recul pour voir ce qui n’allait pas et je me suis dit qu’il ne fallait plus que ça arrive parce que je voyais vraiment un impact au niveau de la relation avec les enfants et ma patience. Ça se répercute sur toute la famille. »

Travail méditatif

Pour ajouter à son besoin de plein air, elle a commencé à travailler au vignoble La Bauge, à Brigham, en matinée. La répétition du travail, qui consiste à tailler les vignes, lui procure un effet méditatif. Être connectée à la nature a un impact positif important sur sa santé mentale.

« Je suis très reconnaissante que ça se passe à ce temps-ci de l’année. En hiver, ça aurait été plus difficile et moins tentant de bouger autant. »

Nathalie Leduc doit s’adapter pour pratiquer son sport, le triathlon.

La natation à l’eau

Nathalie Leduc pratique aussi la majeure partie de ses sports à l’extérieur. Triathlonienne, elle est une adepte de la natation, du vélo et de la course à pied.

Comme il est impossible de s’entraîner dans l’eau, la saison de triathlon sera perturbée, sinon annulée.

Le sport prend autant de place dans sa vie qu’avant la pandémie, mais l’enseignante en éducation physique de Dunham a davantage de temps pour intégrer plus de musculation.

« Un matin, j’ai fait du vélo et après j’ai confié à mon mari que ça me prenait vraiment ça. Je me sentais mieux après l’entraînement. Et quand ce n’est pas un entraînement, j’ai besoin d’être dehors, par exemple pour racler les feuilles. »

Au moment de l’entrevue, ses entraînements de vélo se faisaient à l’intérieur pour éviter le risque de chute, alors que les routes n’étaient pas encore nettoyées.

Mme Leduc ne souffre pas d’anxiété, mais elle reconnait que les endorphines lui font du bien. « Une journée sans sport ou sans sortir prendre l’air, c’est comme si j’étouffe. Il me manque quelque chose. Mon corps a besoin de ça pour que ma tête soit bien. »

Lancy Lamy ne jure que par les inversions pour voir les choses sous un autre angle.

La tête à l’envers

La Bromontoise Lancy Lamy est passée maître des inversions. Entraîneuse chez Motion, à Granby, elle a besoin d’avoir la tête à l’envers dans ses journées. Même à la maison, puisqu’elle ne travaille pas en ce moment, elle se fait un devoir de pratiquer ses inversions.

« Ce n’est pas vraiment un sport, c’est plus une pratique personnelle. J’en ai vraiment besoin dans ma vie. Même quand je travaille, je prends des pauses pour me mettre la tête à l’envers. Ça me donne une pause et c’est comme si je voyais les choses sous un autre angle. Il y a plein de bienfaits reliés à l’inversion. Ça fait énormément de bien au corps. »

Elle n’est pas tellement stressée par ce qui se passe depuis quelques semaines au Québec. Elle profite de ce moment pour se recalibrer, pour faire les choses qu’elle aime. Une routine s’est installée avec les choses que la famille tenait à faire. « Bouger, m’entraîner et sortir dehors, ça fait partie des choses que je veux faire », raconte-t-elle au retour d’une sortie de vélo avec les enfants.

Lors de ses entraînements, elle se donne des défis et en donne à ses amis afin de briser les barrières psychologiques.

+ LE SPORT POUR LUTTER CONTRE L'ANXIÉTÉ

« Que ce soit en période de confinement ou pas, on sait que l’activité physique a un effet anxiolytique, de réduction de l’anxiété. Surtout l’activité aérobique, comme la marche, la course à pied ou le vélo», estime Amélie Soulard qui est psychologue et préparatrice mentale à l’Institut national des sports du Québec, en plus d’être chargée de cours à l’Université de Sherbrooke.

Ces trois sports auront un effet calmant et rassurant, en plus d’avoir la capacité de diminuer le stress et de donner un sentiment de contrôle sur sa vie.

Impression de contrôle

« Le confinement nous est imposé, alors on peut avoir la perception de ne pas avoir de contrôle sur notre vie. Le fait de sortir et d’aller faire une activité physique, ça nous donne une impression de contrôle. »

L’activité physique provoque des émotions ou des sentiments positifs en plus d’améliorer la perception de soi.

Le sport peut aussi avoir un effet social, même s’il n’est pas pratiqué avec d’autres personnes. La connexion avec les autres, même si elle est virtuelle, permet de briser l’isolement, selon Mme Soulard.

« Vous avez peut-être remarqué que, lors de la première semaine de confinement, on allait marcher et c’était un peu comme d’habitude : on ne disait pas bonjour à tout le monde. Alors que depuis la deuxième semaine, on dit bonjour aux gens qu’on croise. On leur sourit. On s’arrête pour parler à notre voisin sur son balcon. »

Pratiquer son sport en étant entouré de verdure et d’arbres apporte également plus de bénéfice qu’en étant entouré de bitume, ajoute la psychologue. 

Pour ce qui est des sports intérieurs, de plus en plus de séances s’organisent sur les réseaux sociaux, notamment pour du yoga ou de la zumba par exemple. 

Plaisir

« En situation de pandémie ou de confinement, ce qui est important c’est d’avoir du plaisir, de trouver le côté positif de la situation actuelle. C’est particulièrement important. On n’adhèrera pas à un programme d’exercice si on n’a pas de plaisir. »

En accompagnant notre activité de musique que l’on aime, le plaisir est encore plus grand. Une bonne façon de passer à travers la pandémie avec un esprit sain dans un corps sain.