Près de la moitié des enseignants du Centre de formation du transport routier, dont ceux d’East Farnham, ont perdu leur emploi.
Près de la moitié des enseignants du Centre de formation du transport routier, dont ceux d’East Farnham, ont perdu leur emploi.

Formation en transport routier: 80 enseignants mis à pied

Il est faux de prétendre qu’aucun enseignant du réseau public n’a perdu son emploi à cause de la COVID-19. Vendredi, 80 des 170 enseignants du Centre de formation du transport routier (CFTR), basé à Mirabel et ayant des points de service un peu partout au Québec dont un à East Farnham, en Montérégie, ont appris qu’ils étaient mis à pied.

Leur employeur, la commission scolaire de la Rivière-du-Nord, invoque une baisse de clientèle pour justifier ces résiliations de contrat. En Montérégie, quatre des six professeurs sur place perdent ainsi leur emploi.

«Il n’y a aucune nouvelle cohorte active», explique la conseillère en communication Nadyne Brochu, précisant que cette situation est «difficile et malheureuse» et que la direction «espère retrouver le plus rapidement possible sa vitesse de croisière pour lui permettre de réintégrer ces enseignants à son équipe».

Crainte

Or, les enseignants interrogés par La Voix de l’Est indiquent que les étudiants sont effectivement au rendez-vous, mais que l’employeur a arrêté la formation de nouveaux groupes par crainte de contamination du coronavirus.

La plupart des programmes en formation professionnelle au Québec poursuivent leurs activités à distance, font-ils valoir. Au CFTR, l’enseignement est à la fois théorique et pratique et aurait très bien pu se donner quand même. «De l’équipement de protection comme des visières et des gants, on en a», dit un enseignant ayant tenu à garder l’anonymat.

Avec ses collègues mis à pied, il a pris part à une manifestation pacifique, lundi matin, devant les bureaux du CFTR à Mirabel, dans les Laurentides.

«Il y a des moyens de faire pour que ça soit sécuritaire, ajoute un autre enseignant, qui a aussi tenu à ce que son nom ne soit pas publié. Toutes les autres formations professionnelles fonctionnent. Et j’ai vu des écoles de transport routier privées qui roulaient ce week-end.»

Les enseignants remerciés auraient également pu être utilisés à d’autres fins, notamment dans le projet de refonte du programme, dit-il. «Il y a des solutions, mais pas de discussion.»

Besoins

Les congédiements sont d’autant plus difficiles à comprendre que le Québec manque de camionneurs, souligne cet enseignant. Peut-être pas présentement, puisque l’économie tourne au ralenti, mais les besoins vont continuer de se faire sentir plus tard.

«S’il y a une chose qui ne doit pas arrêter, c’est bien la formation des camionneurs», dit-il.

Les enseignants en ont aussi contre la façon «cavalière» dont ils ont été licenciés, soit par courriel un vendredi après-midi. Le Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord évalue présentement ses recours.