Madeleine Gauthier, finissante en cinquième secondaire au PEI à Granby
Madeleine Gauthier, finissante en cinquième secondaire au PEI à Granby

Finir son secondaire en pleine crise du COVID-19

La crise de la COVID-19 a chamboulé le parcours scolaire des élèves, mais elle a un goût particulièrement amer pour ceux qui complètent cette année leur cinquième secondaire.

« C’est une accumulation de déceptions », laisse tomber Madeleine Gauthier, qui termine le Programme d’éducation internationale (PEI) à l’école secondaire l’Envolée, à Granby.

Plusieurs élèves du PEI ont, par exemple, dû mettre une croix sur le voyage en Croatie qui devait couronner la fin de leurs études. « Je n’y allais pas, mais je suis déçue pour mes amis. Je sais qu’il y en a beaucoup qui ont choisi leur programme pour les voyages », fait-elle valoir.

Les élèves au PEI se préparaient aussi depuis le premier secondaire aux examens finaux du Baccalauréat International (IB), mais ceux-ci seraient annulés, comme les examens du ministère. « C’est une façon d’évaluer différente et on apprend cette méthode-là depuis secondaire un. On s’est beaucoup pratiqué pour finalement ne pas les faire et avoir un diplôme sans examen ? (...) On a travaillé fort durant cinq ans. C’est comme une pause au mauvais moment », illustre-t-elle.

La fin du cinquième secondaire est aussi traditionnellement marquée par le bal et l’album des finissants.

Madeleine fait partie du comité qui œuvre à la production de l’album à l’Envolée. Celui-ci a été complété au cours des derniers jours en télétravail. L’ouvrage sera privé de certaines photos, comme celles des sorties scolaires, car elles se trouvaient sur le disque dur d’ordinateurs demeurés à l’école. « On avait accumulé des photos pendant plusieurs années, mais on ne pourra pas les utiliser », déplore-t-elle.

Qu’arrivera-t-il au bal des finissants ? S’il y en a un, éventuellement, il n’aura assurément pas la même saveur, croit la jeune femme.

Leçons

Selon elle, la distanciation sociale imposée « n’est pas la fin du monde ». Ses amis et elle s’adaptent, malgré cette impression que leur année scolaire se « termine en queue de poisson ». Ils continuent à communiquer quotidiennement.

Réaliste, Madeleine croit toutefois qu’il y a des leçons à tirer de cette pandémie. « Il faudrait qu’on prenne en note nos bons et moins bons coups pour qu’on ne le refasse pas la prochaine fois. Là, on remarque que tout était basé sur quelque chose de vraiment fragile. J’espère qu’on va se remettre en question et ne pas repartir de la même manière », dit-elle.