La Formule 1 a organisé trois Grand Prix virtuels depuis l’arrêt des activités qui a forcé l’annulation ou le report de neuf courses, jusqu’ici. Latifi est l’un des quelques pilotes de F1 à avoir participé à chacune de ces courses disputées via le jeu vidéo F1 2019.
La Formule 1 a organisé trois Grand Prix virtuels depuis l’arrêt des activités qui a forcé l’annulation ou le report de neuf courses, jusqu’ici. Latifi est l’un des quelques pilotes de F1 à avoir participé à chacune de ces courses disputées via le jeu vidéo F1 2019.

F1: Latifi découvre le plaisir des courses... virtuelles

MONTRÉAL — Nicholas Latifi s’était équipé d’un simulateur de courses chez ses parents à Toronto il y a deux ans, mais il admet que c’était surtout son frère cadet qui en profitait. Maintenant qu’il est en confinement en raison de la pandémie de coronavirus, Latifi passe la majorité de ses journées au volant de sa voiture virtuelle.

Latifi s’apprêtait à disputer le premier Grand Prix de Formule 1 de sa carrière pour l’écurie Williams à Melbourne le 15 mars, quand les activités ont été annulées dans la foulée de la pandémie de la COVID-19.

«À l’approche du début de chaque saison, vous ressentez une certaine frébilité. Le fait que ça devait être ma première course en Formule 1, ça ajoutait à cette sensation, a mentionné Lafiti, lors d’un entretien avec La Presse canadienne plus tôt cette semaine. C’était la bonne décision d’annuler la course en raison de ce qui se passe dans le monde et des efforts pour limiter la propagation du virus. C’est frustrant pour moi de devoir attendre encore un peu avant ma première course, mais mon tour viendra.

«Je suis parti de Melbourne et je suis rentré chez mes parents. J’essaie de rester occuper. Nous avons un gymnase ici et je me suis intéressé un peu plus aux courses virtuelles. [...] C’est une bonne façon de garder mon cerveau alerte. Le pilotage n’est pas identique à la réalité, mais le processus mental est semblable.»

La Formule 1 a organisé trois Grand Prix virtuels depuis l’arrêt des activités qui a forcé l’annulation ou le report de neuf courses, jusqu’ici. Latifi est l’un des quelques pilotes de F1 à avoir participé à chacune de ces courses disputées via le jeu vidéo F1 2019. Le reste du peloton a été complété par des pilotes de F2 ou d’autres séries, ainsi que de quelques célébrités ou créateurs de contenu Web.

Ces courses ont vite donné la piqûre à Latifi, qui a suggéré la création d’un championnat.

«Je crois que c’est Charles [Leclerc] qui a ensuite proposé d’en profiter pour amasser des fonds pour une organisation caritative, a raconté Latifi. Tout ça a été organisé rapidement, sans aide extérieure. Nous avons dû planifier beaucoup de choses — quelle organisation appuyer, comment rendre les courses interactives et ajouter les liens pour faire les dons.»

Nicholas Latifi en action l'an dernier

« C’était la bonne décision d’annuler la course en raison de ce qui se passe dans le monde et des efforts pour limiter la propagation du virus. C’est frustrant pour moi de devoir attendre encore un peu avant ma première course, mais mon tour viendra. »
Nicholas Latifi

Joies et écueils

Ces efforts ont mené à la création de «Race for the World» et environ 71 000 $US ont été amassés pour le Fonds de riposte à la COVID-19 de l’Organisation mondiale de la Santé. En plus de Latifi et Leclerc, de Ferrari, les autres pilotes de F1 à avoir participé à l’événement sont Alexander Albon, de Red Bull, Lando Norris, de McLaren, Antonio Giovinazzi, d’Alfa Romeo, et George Russell, le coéquipier du Canadien chez Williams.

Latifi, qui est âgé de 24 ans, a aussi créé sa propre chaîne sur la plateforme Twitch. Après seulement quelques semaines, le natif de Montréal compte déjà plus de 23 000 abonnés.

«Je n’aurais jamais pensé faire ça, mais on me l’a suggéré après le premier Grand Prix virtuel, a mentionné Latifi. J’ai regardé quelques vidéos pour comprendre comment créer une chaîne, installer les caméras, etc. C’est une belle façon de se rapprocher des amateurs en interagissant avec eux par le biais du clavardage. Ça leur permet de vous voir dans un autre contexte que celui de votre travail pendant les week-ends de course.»

Latifi n’est pas le seul à avoir tenté l’aventure Twitch. Leclerc l’a aussi fait. Norris était déjà un habitué des plateformes de diffusion en ligne.

Alors qu’ils découvrent les plaisirs de courir et d’échanger avec leurs partisans à partir du confort de leur maison, les pilotes professionnels ont aussi vite réalisé qu’ils n’étaient pas à l’abri de gaffes très coûteuses. Le pilote de la série NASCAR Bubba Wallace a perdu un commanditaire après avoir abandonné une course par frustration, tandis que Kyle Larson a été congédié par son équipe pour avoir dit une insulte raciale.

«Après l’incident Kyle Larson, l’équipe nous a envoyé un message pour nous rappeler comment nous comporter pendant les diffusions. Personnellement, je sais ce qui est acceptable ou non, a dit Latifi. Je suis associé à une équipe, à des commanditaires et ils ont tous une image à maintenir. Je sais que je dois faire attention, mais ça ne m’empêche pas d’être moi-même et de m’amuser.»

Latifi a admis qu’il n’aura pas le temps de continuer à passer des heures sur Twitch quand la vie reprendra son cours normal. Mais il promet d’y retourner en de rares occasions.

+

Les dirigeants de la Formule 1 sont ouverts à l’idée de renégocier les tarifs de présentation des courses qui pourraient se dérouler à huis clos cette saison en raison de la pandémie de COVID-19.

LA F1 NÉGOCIE À LA BAISSE POUR UN GP À HUIS CLOS

MADRID — Les dirigeants de la Formule 1 sont ouverts à l’idée de renégocier les tarifs de présentation des courses qui pourraient se dérouler à huis clos cette saison en raison de la pandémie de COVID-19, a déclaré le directeur général du circuit de Barcelone, en Catalogne.

Joan Fontseré a mentionné à l’Associated Press que Liberty Media est «conscient» que si les courses doivent se dérouler devant des gradins vides, alors les contrats qui les lient aux promoteurs des événements devront être renégociés.

«Ils sont conscients que c’est une situation exceptionnelle, a dit Fontseré mardi. Nous sommes sur la même longueur d’onde. S’ils veulent présenter certaines courses à cause des droits de télédiffusion, à cause des équipes... ils savent que nos revenus [seront moindres], ils ont réalisé que ce sera ainsi cette année, donc nous sommes sur la même longueur d’onde.»

Il a indiqué que les organisateurs du Grand Prix d’Espagne ne songent même pas présentement à présenter une course avec des spectateurs à Barcelone. Il a ajouté que ce seront non seulement les ventes de billets qui seront affectées par la tenue d’une course à huis clos, sans compter les suites de prestige.

«Quand le gouvernement catalan investit en F1, ce n’est pas seulement pour les billets que nous vendons, mais aussi pour les retombées économiques du secteur, de la Catalogne, a expliqué Fontseré. Les retombées économiques seront beaucoup plus faibles cette année. Il n’y aura pas de retombées pour les chauffeurs de taxis, les hôtels... ça change donc complètement l’entente entre les deux parties.»

Le Grand Prix du Canada a adopté la même position, se limitant à dire dans un courriel expédié à La Presse canadienne mercredi après-midi que «ces conversations sont confidentielles. Bien entendu, nous discutons de plusieurs scénarios avec Liberty».

Le Grand Prix d’Espagne génère des retombées économiques de plus de 173 millions $US par année dans la région, et celles pour l’ensemble de l’année se chiffrent à près de 325 millions $, selon les informations transmises par le circuit de Barcelone. L’an dernier, on estime à environ 160 000 le nombre de spectateurs qui ont assisté aux activités au cours du week-end du Grand Prix d’Espagne.  Avec AP