Mathieu Desmarais avec une visière qu’il a imprimée.
Mathieu Desmarais avec une visière qu’il a imprimée.

Équipement médical: les imprimantes 3D et le laser en renfort

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Imprimantes 3D et découpeurs au laser sont mis à contribution dans la fabrication d’équipement de protection contre la COVID-19.

L’Université d’Ottawa (Ud’O), la Fabrique Mobile de l’Outaouais et même de simples citoyens font partie de ceux qui veulent collaborer à la lutte au nouveau coronavirus.

L’Ud’O a récemment annoncé qu’«un petit groupe d’étudiants et d’étudiantes s’affairent actuellement à combler les besoins des professionnels de la santé en créant des protecteurs faciaux en plastique» grâce aux imprimantes 3D et aux découpeurs au laser de l’atelier Makerspace.

À l’heure actuelle, l’équipe réussit à produire une centaine de masques par jour. De nombreuses demandes ont déjà été reçues, notamment de la part de l’Hôpital Montfort. Dans un communiqué de l’Ud’O, on souligne que les dirigeants de Montfort «sont soulagés d’avoir possiblement trouvé une solution à la pénurie d’équipement de protection individuelle».

En parallèle, l’équipe de l’atelier Makerspace s’affaire à produire un prototype de «ventilateur à faible coût» pouvant être utilisé pour des patients hospitalisés en raison de complications de la COVID-19.

Une visière fabriquée par Mathieu Desmarais avec une imprimante 3D.

À la Fabrique Mobile de l’Outaouais, l’impression 3D pourrait être mise de côté au profit de la découpe au laser pour favoriser une plus grande capacité de production.

La machine se trouve toutefois dans les locaux de la Fabrique mobile, au Cégep de l’Outaouais. La fermeture des établissements d’enseignement retarde le lancement de la production, mais l’équipe espère avoir accès à son équipement d’ici peu, a fait savoir Francis Lance, gestionnaire et vice-président du conseil d’administration de la Fabrique mobile.

Avec l’impression 3D, la production d’une visière peut prendre de deux à trois heures. En optant pour la découpe au laser, une visière peut être créée en quelques minutes à peine, souligne M. Lance. L'équipe doit toutefois réussir à trouver la matière première nécessaire pour se lancer dans une telle production.

Des démarches sont en cours pour s’assurer que les visières trouveront preneur dans le réseau de la santé, de même que pour acquérir le matériel nécessaire. «On vise de lancer une production dans les prochains jours», a indiqué Francis Lance. Si tout va bien, la Fabrique mobile pourrait produire environ 300 visières par semaine, qui seraient offertes au prix coûtant «On fait ça pour aider», précise M. Lance.

À domicile

Mathieu Desmarais, de son côté, a une imprimante 3D chez lui depuis un peu plus d’un an. À l’aide de modèles déjà «approuvés en Europe» disponibles sur le web, il peut fabriquer quotidiennement une douzaine de visières comme celles utilisées par les professionnels de la santé devant soigner des patients atteints – ou potentiellement atteints – de la COVID-19.

Pour l’instant, sa production est destinée à des professionnels de la santé qu’il connaît. Il ouvre toutefois la porte à la vente au réseau de la santé. Le but n’est pas de faire du profit, précise M. Desmarais, mais plutôt de couvrir les dépenses pour le matériel et de recevoir quelques dollars pour «payer un petit peu» de son temps et l’usure de la machine. Il invite d’ailleurs tous les propriétaires d’imprimantes 3D à se lancer dans une telle production. Même si chaque imprimante peut produire une quantité limitée de visières chaque jour, le réseau de la santé pourra en recevoir un grand nombre si beaucoup de gens contribuent aux efforts, note M. Desmarais.