Environ 16 500 mises à pied chez Air Canada en raison de la pandémie

Environ 16 500 employés syndiqués et gestionnaires d'Air Canada seront mis à pied cette semaine alors que le transporteur aérien - à l'instar de ses concurrents - continue d'être secoué par les turbulences provoquées par la pandémie de la COVID-19.

Vendredi, ce seront 15 200 travailleurs syndiqués, comme des mécaniciens et des agents de bord, ainsi qu'environ le tiers des employés de soutien administratif et technique, soit environ 1300 personnes, qui auront quitté la société pour une période minimale de deux mois. Le siège social montréalais ne sera pas épargné.

«La crise évolue à un rythme que personne ne pouvait imaginer», a écrit lundi la première vice-présidente, employés, culture et communications de la société, Arielle Meloul-Wechsler, dans une note interne obtenue par La Presse canadienne.

Chez le personnel syndiqué, des mécaniciens et des agents de bord figurent parmi les travailleurs touchés. À Montréal, plusieurs centaines d'employés comme des bagagistes seront mis à pied. Du côté du siège social, il y aura des départs dans des départements comme ceux du marketing, des ventes et des ressources humaines.

Air Canada, qui a déjà annoncé plusieurs milliers de mises à pied depuis le début de la crise, affirmait compter plus de 37 000 employés à la fin de 2019, selon son plus récent rapport annuel.

Au deuxième trimestre l'an dernier, Air Canada a généré des revenus de quelque 4,7 milliards $. Cette année, le transporteur aérien n'a aucune idée de ce qui l'attend, a souligné Mme Meloul-Wechsler, en précisant que le programme de vol avait été réduit de «85 à 90 %» alors qu'il n'y a notamment plus de liaisons offertes à l'international.

À l'exception des Canadiens qui sont ramenés au pays depuis l'étranger et la poursuite «d'activités minimales», la compagnie est «pratiquement» fermée pour le «gros du trimestre», fait valoir la missive.

«De telles mesures sont nécessaires pour préserver nos liquidités et atténuer davantage les répercussions de cette période d'incertitude», fait valoir Mme Meloul-Wechsler.

Les mesures de distanciation sociale visant à freiner la propagation du nouveau coronavirus ont provoqué une fermeture des frontières à travers le monde, entraînant un effondrement de la demande à l'endroit des compagnies aériennes.

La pandémie a coûté des milliers d'emplois dans le secteur du transport aérien.

En plus du couperet qui est déjà tombé chez Air Canada, le voyagiste Transat A.T. a annoncé quelque 3600 mises à pied. WestJet a pour sa part vu 6900 départs, incluant des départs anticipés, des démissions et des congés volontaires et involontaires.

L'entreprise discute avec le gouvernement Trudeau entourant une «forme quelconque» d'aide à l'industrie aérienne canadienne, mais à ce moment-ci, il n'est pas possible de s'avancer sur l'ampleur du soutien qui pourrait être octroyé, précise la note interne. Ailleurs dans le monde, des pays comme la Suède, la Chine et les États-Unis ont promis des plans d'aide sous forme de prêts, de reports de paiement de taxes et d'autres mesures.

Parallèlement aux mises à pied, Air Canada a annoncé une série d'autres mesures, dont la mise en place d'un programme de réduction des coûts visant notamment à économiser au moins un demi-milliard de dollars.

Son président et chef de la direction Calin Rovinescu et le chef de la direction financière Michael Rousseau vont renoncer à leur rémunération, mais ils toucheront toutefois leurs primes pour l'exercice 2019. Les autres membres du comité de direction verront leur salaire être amputé de moitié, alors que la baisse sera de 25 % pour les gestionnaires et de 10 % pour le personnel administratif et technique n'ayant pas été mis à pied.

Dans un communiqué de presse publié en soirée, le PDG Calin Rovinescu qualifie la décision d'effectuer autant de mises à pied d'«extrêmement pénible, mais indispensable compte tenu de la réduction draconienne» des activités.

«Je suis conscient et désolé des répercussions que ces mesures auront sur nos employés et leur famille. Je voudrais remercier tous nos employés, ainsi que nos dirigeants syndicaux, de leur collaboration constructive», peut-on lire dans une citation qui lui est attribuée.

WestJet avait également annoncé lundi l'annulation de toutes les liaisons transatlantiques et américaines jusqu'au 4 mai, prolongeant sa suspension de 30 jours de deux semaines supplémentaires. Le transporteur albertain a déjà réduit de moitié sa capacité intérieure, tandis que des compagnies comme Porter Airlines et Air Transat ont suspendu tous leurs vols.

À la Bourse de Toronto, l'action d'Air Canada a clôturé à 16,08 $, en baisse de 4 %, ou 67 cents.